juin/juillet 2015

Le début d'une nouvelle ère

Compilé par Ryan Bergen | Structure graphique par Jocelyn Renaud

Aucune organisation ne peut survivre à un siècle d'existence si elle n'a pas l'art de se renouveler. L'ICM a traversé une crise existentielle au début des années 2000 en raison d'un déclin du nombre de membres et de la participation. Fondé en 1898, ce n'était pas la première fois que l'institut se retrouvait confronté à une situation complexe. « Nous avons dû nous adapter », expliquait Jean Vavrek, directeur exécutif de l'ICM. Un tournant important a été marqué par l'arrêt du CIM Bulletin, une publication mêlant bulletins d'information et articles techniques, lequel a été suivi du lancement du CIM Magazine qui s'articule autour d'actualités et d'articles de fond dans le domaine de l'exploitation minière.

Avec le recul, je reconnais que « les journées étaient longues, mais c'était une expérience enrichissante », déclarait Heather Ednie, première éditrice en chef du magazine. Elle est aujourd'hui directrice générale du Global Mining Standards and Guidelines Group (GMSG, le groupe sur les normes et les directives mondiales en matière d'exploitation minière), et l'association Women in Mining UK la compte parmi les 100 plus grandes inspiratrices au monde des femmes dans l'exploitation minière. Elle qualifiait le lancement du CIM Magazine du « plus grand projet artistique auquel j'aie jamais contribué ».

Retour en arrière sur certaines des activités et des problèmes depuis 2006

Cominco 1906Teck Resources a célébré le centenaire de son exploitation Cominco à Trail, en Colombie-Britannique. En 1906, les mines St Eugene, Centre Star et War Eagle, la Rossland Power Company et la Canadian Smelting Works se sont réunies pour créer la Consolidated Mining and Smelting Company of Canada, qui comprenait la première affinerie électrolytique de plomb, construite en 1902.

La mine phare 777 de cuivre et de zinc de HudBay Minerals avait pour objectif d'atteindre une capacité nominale de 1,35 million de tonnes dans l'année. Ce projet, d'une valeur de 435 millions $, comprenait le développement du concentrateur Flin Flon.

L'expansion de l'exploitation Fording River d'Elk Valley Coal Corporation a permis d'augmenter la capacité de production de 9,3 à 10,5 millions de tonnes.

« Pour réussir, il faut disposer d'un équipement de classe mondiale
dont il faut se servir de manière productive,
et la main-d'œuvre doit collaborer de manière à améliorer
la façon dont fonctionne la société. »


– Terry Bowles, directeur général de la Compagnie minière IOC,
alors que la société entame sa cinquième décennie d'activité
Terry Bowles

Fermée pendant une dizaine d'année, la mine d'or Casa Berardi d'Aurizon Mine a recommencé sa production en 2006 après qu'un forage d'exploration effectué antérieurement ait révélé des réserves suffisantes pour pouvoir justifier le fonçage d'un puits afin de remplacer l'accès par la descenderie existante. L'étude de faisabilité pour le projet de développement se basait sur un prix de l'or à 500 $ US l'once.

La société Mines Agnico Eagle a déployé de grands efforts pour atteindre l'objectif qu'elle s'était fixé en termes de production, à savoir 750 000 onces d'ici 2009. Le projet LaRonde II de 210 millions $, qui a commencé en mai 2006, faisait partie des trois grands projets de développement sur la liste de la société à Québec. Les projets Lapa et Goldex, dont la production devait démarrer en 2008, étaient déjà bien avancés.

Intensification des projets dans le secteur pétrolier

Syncrude a retiré du site la dernière de ses pelles à benne traînante pour l'extraction des sables bitumineux. La société a également développé la capacité à sa mine Aurora en ajoutant un autre système de production, dont deux pelles à câbles P&H 4100, 15 camions de transport Cat 797, du matériel connexe, un concasseur et un système d'hydrotransport.

D'après la société Canadian Natural Resources Limited, quelque 6 000 personnes devaient travailler sur son projet Horizon. La société a constaté une accalmie dans l'industrie de la construction et a ainsi puisé 400 millions $ du budget de dépenses en capital prévu pour 2007 pour l'ajouter à celui de l'année 2006 afin de profiter de cette occasion.

Suncor a achevé sa mine Steepbank. D'après Anne Marie Toutant, vice-présidente de la société, les activités minières devaient permettre de déplacer environ 340 millions de tonnes de matériaux. L'exploitation s'est dotée d'une autre pelle à câbles et compte maintenant 12 P&H 4100 extrayant l'or noir ; elle a par ailleurs ajouté neuf autres camions de transport Cat 797B à sa flotte existante de 60 camions. « On ne s'ennuie jamais », indiquait Mme Toutant. « Le travail est très enrichissant et me plaît énormément. »

La question en jeu

Le nouveau régime

Paul Stothart, ancien vice-président des affaires économiques de l'Association minière du Canada (AMC), se demandait dans sa rubrique régulière quelle stratégie le nouveau gouvernement minoritaire conservateur allait adopter face aux questions environnementales, et plus particulièrement au changement climatique. Comme il le faisait remarquer, le premier ministre avait déclaré que la nouvelle politique du gouvernement commencerait « de zéro », et son ministre de l'environnement avait déclaré que le gouvernement se conformerait au protocole de Kyoto. « De nombreux groupes industriels à Ottawa essaient actuellement de déterminer l'implication de ces déclarations contradictoires pour l'avenir du processus pour les grands émetteurs finaux et les autres initiatives. »

La crise des RH, bien évidemment

CIM Magazine cover August 2006 « Les sociétés minières et pétrolières se portent bien », indiquait Ryan Montpellier du Conseil des ressources humaines de l'industrie minière (RHiM). « Les actionnaires récoltent des profits exceptionnels, et le taux d'emploi dans ces secteurs ne cesse de croître et de devenir plus compétitif. » Se placer en position de défense face à d'autres employeurs potentiels qui cherchent à débaucher leur personnel n'était pas une solution viable, expliquait-il. « Le seul véritable avantage compétitif durable dans ce contexte est de présenter votre société aux personnes que vous souhaitez atteindre comme un lieu où il fait bon travailler. »

Les prix des métaux : Dix années de montagnes russes

Commodity prices French

Leçons de vie par Jonathan Gagné, récipiendaire de la bourse de la FCMM de 2006

Jonathan Gagné 20062006

En 2006, lorsque le CIM Magazine s'est entretenu pour la première fois avec Jonathan Gagné, ce dernier était étudiant de troisième année en génie minier à l'École polytechnique de Montréal et le tout dernier récipiendaire de la bourse Irene et Arthur W. Foley de la fondation canadienne des mines et de la métallurgie (FCMM, qui est aujourd'hui devenue la fondation de l'ICM, ou FICM). Il y a quelques semaines, M. Gagné a commencé un nouvel emploi au poste d'ingénieur minier principal du département des services techniques de Glencore Zinc, après quatre années passées chez Mines Agnico Eagle et SGS Canada.

Alors qu'il était encore étudiant, il avait conseillé à toutes les personnes suivant ses traces de tirer profit des programmes de coopération et de s'atteler à établir des contacts. Nous avons donc recontacté Jonathan pour lui demander ce que lui avaient appris les années qui se sont écoulées.



Jonathan Gagné present dayAujourd'hui

L'ICM : Après quatre années dans ce secteur, quels conseils supplémentaires donneriez-vous aux ingénieurs en préparation ?

M. Gagné : Je recommande avant tout aux nouveaux et nouvelles diplômé(e)s d'enfiler leurs bottes et d'aller travailler sur le terrain. Il n'y a pas de meilleure formation. Ce n'est pas dans l'amphithéâtre que l'on comprend ce qu'est une mine. Commencez en bas de l'échelle, prenez le temps de véritablement assimiler les concepts, obtenez la confiance des personnes qui vous entourent et élevez-vous tout doucement vers des postes à plus haute responsabilité. Je vous conseille également de commencer dès que possible à vous familiariser avec d'autres disciplines telles que la géologie, le traitement et l'entretien. Vous y puiserez des connaissances précieuses qui vous aideront à comprendre l'exploitation minière dans son intégralité.

L'ICM : Avez-vous fait des erreurs au début de votre carrière, et si c'est le cas, pourriez-vous nous en faire part afin que nous partagions votre expérience précieuse avec les personnes qui commencent leur carrière ?

M. Gagné : Ma première erreur a été de vouloir « brûler les étapes ». J'ai voulu gravir les échelons trop vite et je me suis imposé une trop forte pression. Je ne me rendais pas totalement compte de la quantité de connaissances qu'il fallait que j'absorbe, ni de l'importance de l'expérience. Cela peut paraître un peu bateau, mais je recommande absolument à tou(te)s les diplômé(e)s d'apprendre à évoluer en prenant leur temps et de ne pas se précipiter.


Traduit par Karen Rolland


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