février 2015

Lettre du rédacteur en chef

En hibernation

Par Peter Braul

Ryan Bergen D'après les estimations d'un rapport récent établi par SNL Metals and Mining, les budgets consacrés à l'exploration en 2014 étaient d'environ 4,5 milliards $ inférieurs à ceux de 2013. Cette étude portait sur les décisions relatives aux dépenses engagées par 2 000 sociétés d'exploration des métaux non ferreux et elle enregistrait un déclin important depuis le niveau impressionnant atteint en 2012, lorsque plus de 22,8 milliards $ avaient été distribués à des sociétés minières et d'exploration pour qu'elles trouvent de nouveaux gisements.

Le rapport révèle également que les fonds dédiés à l'exploration l'année dernière (12,9 milliards $) dominent largement les sommes généralement allouées dans les années 1990 et au début des années 2000. En d'autres termes, nous avons connu des temps meilleurs, mais aussi plus durs.

Malgré les fonds impressionnants qui ont été injectés dans les marchés miniers ces dernières années, ce nouvel investissement n'a pas été très productif, explique Doug Pollitt dans son article intitulé « Où est passé l'argent du marché aurifère ? » . Il écarte l'argument selon lequel la hausse des coûts a neutralisé l'avantage d'un capital supplémentaire, et indique que la plupart de cet argent a servi à alimenter de mauvaises décisions.

À l'heure actuelle, qu'il s'agisse de l'exploitation ou de l'exploration, l'argent qui a incité à prendre ces décisions est plus difficile à dénicher. En l'absence de fonds, le problème du déclin de la productivité est devenu plus marqué. Il semblerait qu'il devient de plus en plus urgent d'évoquer les changements progressifs dans toute l'industrie, qu'il s'agisse de concevoir une approche davantage écoénergétique au transport ou à la comminution, de mettre des microbes à la tâche pour libérer des minéraux ou de concevoir un meilleur moyen de localiser des cibles de forage. Les métallurgistes se sont exprimés sur ce sujet lors de leur dernière conférence annuelle. Ian Ewing retrace ce débat dans son article intitulé « Changements progressifs et excellence opérationnelle » .

L'orthodoxie de l'industrie prêche que les meilleures innovations sont le résultat des risques pris par d'autres, mais comme l'explique le métallurgiste chevronné Terry McNulty dans un entretien avec Correy Baldwin, aucune preuve ne vient corroborer cette idée. D'après les éléments qu'il a découverts au travers de ses observations sur la performance au démarrage d'une usine de concentration, le risque de la mise en œuvre des nouvelles technologies réside dans sa gestion.

Que le démarrage d'une usine repose sur une technologie éprouvée ou innovante, la rigueur appliquée à sa mise en œuvre contribue énormément à déterminer son succès.

Notre époque ne se prête pas forcément à la réinvention, mais les découvertes de M. McNulty montrent qu'il ne s'agit pas non plus de l'époque la plus sombre, à partir du moment où la discipline et le bon jugement contribuent à la conception de projets ambitieux. Toute l'équipe du CIM Magazine aspire à vous expliquer en détail l'évolution de ces développements.

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Ryan Bergen
Rédacteur en chef
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Traduit par Karen Rolland

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