février 2015

Les travaux de nettoyage effectués à Mont Polley sont axés sur les crues printanières

La réparation de la digue du bassin de décantation est la priorité numéro un de la société qui exploite la mine

Par Eavan Moore

Selon le ministère provincial de l’Environnement, les opérations de nettoyage effectuées à la suite de la rupture de la digue du bassin de décantation de la mine du mont Polley, en Colombie-Britannique, en août dernier, ont permis de contrôler provisoirement toute nouvelle érosion et d’autres fuites de résidus, mais il sera nécessaire de poursuivre les travaux en prévision de l’approche des crues printanières. Le plus important, c’est que la société qui exploite la mine, Mount Polley Mining Corporation (MPMC), a entamé les travaux de réparation de la digue en décembre.

Quelque 17 millions de m3 d’eau et huit millions de m3 de débris se sont déversés dans les cours d’eau locaux au moment de la rupture. Fin septembre, MPMC a construit une digue provisoire en pierres en amont de la brèche de 150 m de large qui s’est ouverte dans la digue d’origine. Le niveau du lac Polley voisin, qui avait grimpé de 1,7 m à la suite de l’accumulation de débris à l’embouchure du ruisseau Hazeltine, a été ramené à un niveau plus sécuritaire grâce à des travaux de pompage pour évacuer l’eau dans le ruisseau. Des systèmes de pompage évacuent également l’eau du bassin de décantation et des environs vers l’une des fosses à ciel ouvert de la mine.

Les travaux de réparation de la digue ont commencé après la fin de l’inspection menée sur place par les enquêteurs provinciaux. La section réparée sera couverte d’un rideau étanche composé d’un mélange de ciment, de bentonite et de granulat – à la différence de la digue d’origine qui contenait une zone centrale de tills glaciaires à faible perméabilité pour contrôler les infiltrations. Steve Robertson, vice-président, Affaires générales, d’Imperial Metals, société mère de MPMC, a déclaré que le choix du nouveau concept dépendait de la période – des travaux utilisant la précédente méthode de construction à partir de l’axe central seraient difficiles à terminer en hiver. La digue construite en pierres après le déversement ne sera pas retirée, mais certains matériaux seront prélevés de son sommet pour achever les travaux de réparation. « D’ici la fin février, la plupart des matériaux devraient être installés dans la zone à réparer et nous devrions être prêts à injecter de la bentonite et du ciment pour le rideau étanche », a affirmé M. Robertson.

Objectifs de la phase 1

La réparation de la digue s’inscrit dans le plan de remise en état de phase 1 de MPMC, se déroulant jusqu’en juin et défini selon trois objectifs : il ne devrait plus y avoir d’autres déversements non autorisés dans le ruisseau Hazeltine; la zone d’impact devrait être stabilisée afin de gérer les évènements saisonniers; l’eau entrant dans le lac Quesnel et à la limite extérieure de la zone d’impact devrait respecter les directives provinciales sur la qualité de l’eau.

« Nous sommes relativement satisfaits de la façon dont les choses avancent », a déclaré Hubert Bunce, directeur des opérations minières à la division de la protection environnementale du ministère de l’Environnement de la province. Il a ajouté que la société « progressait bien dans l’atténuation des pertes actuelles de rejets et de matériaux érodés provenant de la zone du lac Polley et du ruisseau Hazeltine. »

MPMC a fourni des filtres aux utilisateurs d’eau touchés par l’écoulement de sédiments dans le lac Quesnel, retiré les débris de bois, et semé des végétaux dans le bassin d’accumulation de résidus et la terre exposée près du ruisseau Hazeltine afin de prévenir l’érosion. MPMC a également construit une clôture à poissons et une barrière à sédiments à l’embouchure du ruisseau Hazeltine, installé des bassins de décantation à l’écart du ruisseau Hazeltine, et s’est jointe aux efforts des parties prenantes pour surveiller la qualité de l’eau, les poissons et la conservation archéologique ainsi que sur d’autres domaines de préoccupation.

Bien que M. Robertson ait affirmé que la reconstruction de la digue est la « priorité numéro un » pour MPMC, la société espère aussi terminer une longue liste de tâches avant les crues printanières qui se produisent généralement en avril et pourraient ajouter de deux à trois millions de m3 d’eau de la fonte. Le ministère a demandé à MPMC de préparer un plan d’atténuation de la poussière soufflée par le vent provenant des résidus, de déterminer comment contrôler l’écoulement dû à la gravité, le poisson et les débits de crue provenant du lac Polley, d’effectuer des levés bathymétriques dans le lac Polley afin d’évaluer les effets du déversement sur l’environnement benthique, et de mettre en œuvre de nouveaux projets pour lutter contre l’érosion.

Objectifs à long terme

La phase 2, qui commencera en juillet, sera axée sur la remise en état. « Le but ultime consiste à remettre le ruisseau Hazeltine, le lac Polley et le lac Quesnel dans un état aussi naturel que possible », a déclaré M. Bunce, ajoutant que cela pourrait prendre des mois ou des années.

Cependant, avant qu’un plan de remise en état à long terme puisse être présenté, il faut faire une évaluation des risques pour la santé et pour l’environnement, laquelle dépend à son tour des données de surveillance. SRK Consulting a effectué des tests sur les résidus exposés dans le ruisseau Hazeltine en septembre et a conclu qu’il était peu probable qu’ils produisent un drainage rocheux acide. Il est nécessaire toutefois de procéder à d’autres tests pour confirmer si le rejet du cuivre et du sélénium aura une incidence importante sur l’environnement.

Dans ses résultats du troisième trimestre du dernier exercice, Imperial Metals estimait avoir dépensé 20,3 millions de dollars tout de suite après le déversement et prévoit consacrer un montant supplémentaire de 47,1 millions de dollars à la remise en état des lieux. En septembre, un montage financier de 115 millions de dollars provenant des actionnaires a contribué à couvrir les coûts, tout comme les produits anticipés de la nouvelle mine Red Chris d’Imperial située dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique. Selon M. Robertson, cette mine devrait entrer en production commerciale d’ici le deuxième trimestre de 2015.

En janvier, MPMC a présenté une demande au ministère visant à reprendre temporairement ses activités minières à Mont Polley. « Nous ne pensons pas que la l’obtention des permis fasse obstacle à nos plans à ce stade », a commenté M. Robertson. Il a déclaré qu’un plan de reprise des activités à long terme devrait être élaboré après le 31 janvier, date à laquelle sont attendues les conclusions d’un groupe d’ingénieurs réuni par la province pour enquêter sur les causes de la rupture de la digue.

Traduit par CNW

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