août/septembre

Un réseau vital en ligne

Abitibi Royalties se sert de l’Internet pour établir le contact avec des petites sociétés minières en difficulté

Par Michael Yang

  Ian Ball, président d’Abitibi Royalties | Avec l'aimable autorisation d'Abitibi Royalties

Une toute nouvelle société de redevances minières laisse place à la créativité dans la recherche de nouvelles possibilités de financement.

Début juin, Abitibi Royalties a lancé une plateforme électronique baptisée The Royalties Search qui permet aux sociétés minières à la recherche d’un financement d’envoyer facilement des données géologiques sur leurs projets afin qu’ils soient pris en compte. L’équipe d’Abitibi s’engage à évaluer les dossiers et à décider dans les 48 heures si oui ou non, la société financera le projet, généralement en prenant à sa charge le coût intégral des taxes et des frais relatifs aux concessions en contrepartie d’une redevance nette calculée à la sortie de la fonderie.

D’après Ian Ball, président de la société, cette plateforme électronique est la première en son genre dans le secteur des redevances minières et elle permet à Abitibi, pour un coût très raisonnable, d’établir une relation avec des projets de qualité laissés pour compte par le marché des petites sociétés d’exploration.

Comme l’expliquait M. Ball, les frais liés aux concessions minières et autres coûts indirects récurrents peuvent aller de 10 000 $ à 50 000 $ tous les deux ans, ce qui constitue souvent une grande difficulté pour les petites sociétés d’exploration à court d’argent. « Trouver des projets de qualité dont les concessions arrivent à expiration et qui disposent de peu de capitaux pour les renouveler peut se révéler très long et laborieux », expliquait-il. « C’est là tout l’intérêt de ce site Internet ; ce sont maintenant les projets de qualité qui viennent à nous. »

D’après Ivars Azis, président de la petite société minière privée Tamarack Gold Resources, ce processus rapide et convivial de dépôt de candidature aide la plateforme à atteindre un marché inexploité que les investisseurs ont depuis toujours évité. « Il m’a fallu une demi-heure pour soumettre la candidature », indiquait-il. « C’est une bouffée d’air pur dans une industrie qui est dépassée. »

Jeux intelligents

Abitibi est l’un des plus petits acteurs du secteur des redevances minières, domaine dans lequel des sociétés géantes telles que Franco Nevada et Royal Gold ont généralement l’apanage des possibilités d’investissement les plus intéressantes. Mais avec 35 millions $ de fonds disponibles, M. Ball était d’avis que, pour que ce portefeuille soit gagnant, il suffit de tenter sa chance auprès de 20 à 30 projets présentant une certaine valeur tout en atténuant autant que possible les risques afférents.

Pour réduire les risques inhérents aux investissements dans des propriétés se trouvant aux premières étapes d’exploration, M. Ball ne s’intéresse qu’à celles qui se trouvent à proximité de mines existantes et établies et dont une exploration antérieure apporte des preuves fondées d’une minéralisation. « Nous ne sommes pas nécessairement à la recherche de propriétés qui deviendront des mines productrices. Nous prenons également en compte d’autres aspects tels que la possibilité pour une mine à proximité d’acheter une propriété adjacente pour une nouvelle installation ou d’agrandir son site actuel. »

La zone productive possible Smokehead de Golden Valley Mines, située à un kilomètre au sud-ouest de la mine Canadian Malartic au nord-ouest du Québec, illustre bien cette initiative.

En contrepartie des frais d’entretien annuels qu’elle paiera, lesquels s’élèvent à 5 000 $ par an, Abitibi recevra une redevance nette permanente calculée à la sortie de la fonderie de 2 %. La société a également acquis des droits à 15 % des produits des ventes totaux, ce qui lui permet de récupérer l’intégralité de son investissement si la propriété est un jour vendue.

« Nous nous sommes intéressés à la zone productive possible Smokehead et nous sommes rendus compte que la mine voisine est censée, dans un futur proche, développer son parc à résidus miniers qui se trouve à moins d’un kilomètre », expliquait M. Ball. « Il est difficile aujourd’hui de se prononcer quant au rachat possible de la propriété de Golden Valley, mais il est bien plus simple d’agrandir un parc à résidus miniers que d’en construire un nouveau, aussi c’est une perspective pour laquelle nous sommes prêts à tenter notre chance. »

Une idée en or

L’inspiration pour le site Internet provient en partie du très réputé « Goldcorp Challenge » ; en 2002, la société aurifère de Vancouver a diffusé sur Internet l’intégralité des données géologiques relatives à son projet Red Lake et a invité le public à les consulter pour proposer leurs conseils sur les méthodes de forage. « Il s’agissait vraiment de la première tentative innovante de l’industrie de faire preuve de créativité dans ses activités, et le résultat en valait la chandelle », déclarait M. Ball. Cette initiative a directement mené à des découvertes importantes générant plus de 6 milliards $ à ce jour après que près de 1 000 prospecteurs virtuels aient participé.

M. Ball s’est également rendu compte de l’importance du site Internet après avoir ciblé un projet aurifère prometteur, bien que déclaré en faillite, dans le Nevada. Cependant, au moment où Abitibi a proposé de payer les frais, la propriété avait déjà été abandonnée et quelqu’un d’autre se l’était approprié. « Ce n’était plus la peine de continuer à courir après ce genre de situations », expliquait-il.

Pour M. Azis de Tamarack, qui détient des créances sur deux propriétés relevant du parrainage d’Abitibi, la plateforme profite à toutes les parties impliquées. « Il est toujours agréable de constater que quelqu’un reconnaît le fort potentiel des petites sociétés d’exploration et est prêt à les soutenir », déclarait- il. « Il est maintenant grand temps de tirer parti de ces projets négligés et sous-estimés, et la façon dont Ian agit encourage les deux parties à y prendre part. »

Depuis mi-juillet, Abitibi Royalties a conclu quatre transactions sur environ 50 candidatures, et trois projets supplémentaires se trouvent à divers stades d’ententes exécutoires. Comme l’expliquait M. Ball, la société se concentrera sur les projets aurifères en Amérique du Nord.

Traduit par CNW

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