septembre 2014

Réduire la consommation d’eau dans le secteur des sables bitumineux

COSIA annonce un nouveau centre de traitement des eaux

Par Graham Chandler

Canada’s Oil Sands Innovation Alliance (COSIA) a annoncé le 19 juin son projet le plus important depuis sa fondation il y a deux ans. Le Water Technology Development Centre (WTDC) de 165 millions de dollars permettra de moderniser les techniques d’analyse visant à réduire l’utilisation de l’eau dans les applications du drainage par gravité au moyen de vapeur (DGMV) dans les sables bitumineux. Le DGMV implique le forage de puits par paires, un puits servant à injecter la vapeur et l’autre à recueillir le bitume chauffé. Cette technique, actuellement employée dans environ la moitié de la production canadienne dans les exploitations de sables bitumineux, nécessite le chauffage de grandes quantités d’eau, de sorte que les exploitants s’efforcent constamment d’améliorer le rendement et l’efficacité de leurs technologies de recyclage de l’eau et de réduire leurs empreintes en matière de gaz à effet de serre.

Devant être opérationnel en 2017, le WTDC est une initiative menée par Suncor et à laquelle participent Canadian Natural Resources Limited, Devon, Husky, Nexen et Shell Canada. La recherche au WTDC visera à trouver les moyens de rendre les chaudières plus efficaces, d’optimiser l’utilisation des produits chimiques dans le traitement de l’eau, de mieux traiter l’eau et d’obtenir une meilleure solidification des résidus de vapeur, a déclaré Kelli Stevens, porte-parole de Suncor. « L’objectif ultime est de pouvoir réduire l’utilisation de l’eau », a-t-elle expliqué. « C’est très important pour les sables bitumineux, particulièrement sur place, d’augmenter la quantité d’eau recyclée dans le processus ainsi que de réduire nos besoins en énergie. »

L’objectif du WTDC, a ajouté Mme Stevens, est d’accélérer l’innovation, en développant des technologies qui pourraient être commercialisées plus tôt que si les entreprises y travaillaient chacune de leur côté. Du concept à l’utilisation commerciale d’une technologie, il faut habituellement près de huit ans lorsqu’une entreprise y travaille seule, selon COSIA. La collaboration permettra aux exploitants de partager les coûts et les risques. Pour obtenir des résultats plus précis, le WTDC sera affilié aux installations de DGMV de Suncor à Firebag. Cela permettra aux exploitants de faire, pour la première fois, des analyses sur le terrain dans de véritables DGMV faisant partie d’une production commerciale.

Dans son ensemble, COSIA est constituée de 13 exploitants des sables bitumineux et compte BP Canada, Syncrude, Teck Resources et Total E&P parmi ses membres. L’alliance a été créée en 2012 pour consolider, par la recherche collaborative, les efforts des entreprises individuelles qui peinent à résoudre des problèmes communs qui touchent les activités sur place et les activités d’exploitation minière.

Depuis sa création, COSIA affirme que ses sociétés membres ont partagé 560 technologies et innovations distinctes, ayant consacré plus de 900 millions de dollars à la recherche. La recherche cible les résidus, l’eau, les terres et les gaz à effet de serre, désignés comme des domaines de priorité environnementale par COSIA.

« COSIA est bien placée pour financer et entreprendre des projets d’envergure complexes intégrés et multidisciplinaires sur plusieurs années, comme le WTDC », a déclaré Chris Powter, directeur administratif du Oil Sands Research and Information Network, de l’Université de l’Alberta. Ce réseau est une organisation autonome qui compile et analyse l’information disponible sur les sols et l’eau touchés par les activités minières dans les sables bitumineux.

Récemment, COSIA a également créé son portail sur l’évaluation des technologies environnementales. Ce portail invite les entreprises, les organisations et les particuliers à soumettre des technologies à des fins d’évaluation dans la portée actuelle d’un domaine de priorité environnementale. « C’est un pas important dans le but de fournir un mécanisme transparent pour aider les entrepreneurs à s’engager avec l’industrie et à faire évaluer leurs innovations », a ajouté Mme Powter.

Le manque de transparence au sein de l’alliance a été jusqu’à maintenant un sujet de frustration. « D’après ce que j’ai compris, COSIA entreprend beaucoup plus de projets que le laisse croire son site Web », a affirmé M. Powter. « Cet organisme pourrait mieux faire pour informer les gens de la pleine portée du travail qu’il finance. » Selon lui, COSIA accroîtra sa crédibilité lorsqu’elle permettra à la population d’accéder aux résultats de ses travaux. « La section du domaine de priorité environnementale sur les résidus a déjà commencé en affichant des copies des rapports qu’elle a commandés. J’espère que les autres sections de domaines de priorités environnementales suivront cet exemple. »

Personne n’était disponible à COSIA pour commenter avant la publication du présent article. Bien que l’organisation ne rende public aucun rapport annuel, elle a commencé à publier un bulletin d’information plus tôt cette année qui diffuse de l’information sur divers projets de recherche.

Mme Stevens de Suncor pense que le problème de transparence est actuellement examiné. « Les sociétés membres et COSIA travaillent pour pouvoir publier des aspirations et des objectifs bien définis », a-t-elle déclaré « Quand on travaille avec un grand nombre de joueurs différents qui pensent différemment, cela prend un certain temps. »

Traduit par CNW

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