mai 2014

Lettre du rédacteur en chef

Place au débat

Par Ryan Bergen

Ryan BergenSi j'en crois les documents promotionnels qui s'accumulent sur mon bureau, la tendance dans le secteur minier est apparemment aux solutions globales. Cette édition du CIM Magazine pose des questions restées sans réponse. Ceci est inévitable lorsque l'on essaie de déterminer la distance qui sépare la position réelle de l'industrie de celle où beaucoup souhaiterait la savoir. Comment l'industrie de l'uranium peut-elle nous aider à réaliser le potentiel exceptionnel de ce minerai pour répondre aux besoins énergétiques croissants de la planète ? Comment parvenir à diversifier le leadership dans les couches supérieures de la direction et des conseils d'administration des sociétés minières ? Comment les populations autochtones du Canada peuvent-elles s'impliquer davantage dans la mise en valeur des minéraux et redéfinir leur statut dans ce pays ?

Eavan Moore explore ce dernier thème dans notre article-couverture intitulé « Vivre des ressources de la terre » . M. Moore, contributeur de longue date au magazine, s'est adressé à de nombreux partisans des revendications des autochtones quant aux terres qui leur appartiennent et où sont développés des projets miniers et d'exploration afin d'étudier les modèles existants et potentiels en la matière, et de définir les obstacles qui doivent être surmontés pour rendre possibles ces approches au développement des ressources.

Un obstacle évident a pris forme alors que notre article de fond circulait auprès de l'équipe de rédaction. Mi-avril, le gouvernement fédéral a révélé qu'un certain nombre de bandes indiennes ayant fait l'objet d'un audit au titre de la Loi sur la transparence financière des Premières Nations avaient dépensé à mauvais escient les fonds fédéraux. Les audits concernant les fonds attribués aux bandes indiennes, menés de manière aléatoire, visent à inspirer une plus grande transparence et responsabilité au sein des gouvernements des Premières Nations, lesquels seront bientôt dans l'obligation de publier leurs états financiers annuels.

La politique étant ce qu'elle est, les motifs d'une politique ayant pour effet d'embarrasser les chefs de file des Premières Nations ne sont sans doute pas totalement purs, mais la transparence est une bonne chose. Le public gagne toujours à savoir où est passé son argent et s'il a été employé à mauvais escient, par les sénateurs ou par les conseils des bandes.

Dans l'idéal, cet examen plus minutieux se traduira par la reconnaissance de chefs de file dont les pratiques de gouvernance sont respectables, et leur donnera davantage de poids alors qu'ils s'efforcent d'améliorer leur situation. Les Premières Nations souhaitent prendre une part active à la création de richesses à partir des ressources naturelles sur lesquelles elles ont également des droits, et si cette ambition est partagée, toutes les parties devraient en bénéficier. La question est de savoir comment y parvenir.

Traduit par Karen Rolland

Ryan Bergen
Editor-in-chief
editor@cim.org
@Ryan_CIM_Mag

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