mars/avril 2014

L'exploration de l'uranium s'amplifie en Saskatchewan

La croissance de la demande à long terme et les premiers résultats positifs incitent les petites sociétés minières à investir dans le bassin d'Athabasca

Par Peter Diekmeyer

Le bassin d'Athabasca en Saskatchewan fait partie des gisements d'uranium les plus intéressants au monde et a fait l'objet d'activités accrues d'exploration en 2013, tendance qui devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. La demande en uranium sur le court terme reste trop faible pour motiver la construction de nouvelles mines, mais les perspectives à plus long terme sont bien plus positives, expliquait Aaron Salz, analyste chez Dundee Capital Markets. D'après l'Association nucléaire mondiale (ANM), le nombre de réacteurs nucléaires exploitables , en cours de construction, prévus et proposés est passé de 923 en 2009 à 987 depuis le mois de février cette année. Ainsi, l'ANM prévoit une hausse de la demande en uranium de l'ordre de 2,5 à 4 % par an.

Cette perspective, associée à la découverte impressionnante de Fission Uranium Corp. dans la région de Patterson Lake South (PLS) au sud-ouest du bassin d'Athabasca, a fait renaître l'intérêt pour l'exploration de l'uranium. « La valeur de l'accumulation (GT, pourcentage de la teneur par épaisseur en mètres) de 992,8 que nous avons découverte lors de notre dernier forage d'essai n'est autre que phénoménale », déclarait le président et directeur de l'exploitation Ross McElroy en direct d'Allemagne, où il assurait la promotion de ses projets avec d'autres membres du conseil exécutif de Fission.

Les échantillons comprenaient plusieurs larges intervalles minéralisés à très haute teneur. « Ces larges minéralisations proches de la surface présentant une zone importante de radioactivité hors échelle sont très encourageantes », déclarait M. McElroy dans un communiqué de presse de la société suivant l'annonce des résultats. Les échantillons de carotte de sondage ont été clivés en demi-sections sur le site. La première série de clivages a été envoyée pour analyse aux laboratoires géo-analytiques du SRC, à Saskatoon. La deuxième a été conservée sur le site pour référence.

M. McElroy a plus de 30 ans d'expérience dans ce secteur, et a notamment travaillé chez Areva, BHP Billiton et Cameco. Le prix Bill Dennis pour une découverte canadienne ou une réussite en prospection (Prospecteur de l'année), qui lui a été attribué en janvier 2014 par la Prospectors and Developers Association of Canada (PDAC, l'association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs), reflétait ses efforts pour diriger l'équipe de PLS.

En novembre 2012, l'équipe d'exploration de la société a commencé ses travaux sur la propriété de 31 039 hectares, laquelle est accessible par la route avec un accès principal par la route 955, praticable en toute saison. Après avoir foré les quatre premiers trous cette année-là, l'exploration a mené au forage de 74 trous en 2013 et devrait atteindre les 140 trous en 2014.

M. McElroy est convaincu que le gisement sera relativement simple à exploiter. « Bien qu'il s'agisse d'un gisement sous-marin , il est relativement proche de la surface, et l'on a déjà l'expérience de ces conditions en exploitation minière . » Cette année, la plupart des efforts de forage consisteront à déterminer la façon dont les corps minéralisés sont reliés entre eux. L'idée est d'obtenir une plus grande visibilité quant à la quantité de minerai d'uranium qui se trouve dans le gisement, et la meilleure façon de l'extraire intégralement.

La découverte de Patterson a marqué le début d'une ruée au jalonnement dans la région et a relancé les investissements dans l'exploration de l'uranium dans la province. Désireux d'en apprendre davantage sur la région, un groupe de quatre petites sociétés minières revendiquant plus de 240 000 hectares autour de Patterson Lake a fondé un partenariat pour financer des prospections aériennes et des échantillonnages du terrain afin de localiser les indices d'uranium et les cibles potentielles de forage.

NexGen, qui est propriétaire de la zone productive possible Arrow dans le cadre d'un portefeuille d'actifs dans le bassin d'Athabasca, a également annoncé des résultats positifs suite au forage à la fin du mois de février, et a notamment évoqué « la minéralisation importante » à Arrow, au nord-est de la découverte PLS de la société Fission.

La société Denison Mines, qui a acheté toutes les propriétés de Fission sauf le projet PLS, affiche aussi ses grandes ambitions. « Le plan d'exploration de 2014 pour le bassin d'Athabasca est l'un des plus grands programmes entrepris par Denison ces dernières années », déclarait Ron Hochstein, PDG de la société. Le projet de Wheeler River, à quelques kilomètres au nord-est de l'usine de concentration de Key Lake de la Cameco Corporation, sera la principale cible du programme de 15 millions $ de la société qui demande le forage de 60 000 mètres au total sur 13 propriétés distinctes dans le bassin. Fin février, la société a annoncé qu'elle avait déjà localisé des « intersections à haute teneur » sur le site de Wheeler River.

Quant à Fission, d'après son président Dev Randhawa, le principal objectif de la société est de développer autant que possible la propriété PLS. Cependant, l'objectif final est de vendre l'actif à un grand développeur qui pourra exploiter sa valeur totale. « Nous préférons nous concentrer sur ce que nous faisons le mieux, à savoir trouver les ressources », déclarait M. Randhawa. « Ensuite, ce sera aux autres de jouer. »

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Traduit par Karen Rolland

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