mars/avril 2014

Mot du président

La mise en oeuvre de l’innovation

Par Robert Schafer

Rob-SchaferUtiliser une nouvelle application pour téléphone intelligent pour gérer son horaire constitue une mise en oeuvre de l’innovation, tout comme forer une nouvelle série de trous de mine en se servant des granules de nitrate d’ammonium-fioul (anfo) d’un nouveau fournisseur afin d’obtenir une fragmentation supérieure mais moins coûteuse. Il s’agit de deux changements au risque relativement faible qui n’auront aucun effet nuisible à long terme sur l’exploitation et les coûts et qui ne signifieront pas la fin d’une opération ni d’une carrière advenant leur échec. Mais qu’arrive-t-il quand on prend la décision d’installer à grands frais un parc automatisé avec la promesse d’une réduction considérable des coûts de l’excavation et du traitement des matériaux en vrac ? Ou qu’on adopte une nouvelle technologie de transformation du minerai qui n’a jamais été utilisée commercialement, mais qui est appuyée par des essais qui concluent que l’amélioration du rendement et la réduction de la consommation de réactifs, d’énergie et d’eau seront énormes ? Une analyse des risques de la mise en oeuvre dans chacun de ces cas laisse croire qu’un rendement inférieur aux attentes pourrait signifier la perte de centaines de millions de dollars et un retard de 18 mois dans l’échéancier de la mine.

Le chef de l’exploitation et le directeur de la mine doivent-ils prendre leur courage à deux mains et choisir ces options de préférence aux pratiques d’exploitation classiques et éprouvées ? Ils sont les seuls à pouvoir répondre à cette question, mais nous ne devrions pas nous croiser les bras, les regarder faire en leur souhaitant bonne chance et attendre de voir quelle décision innovatrice fera avancer l’industrie et laquelle retombera sur le nez des ambitieux.

D’autres questions appellent des réponses qui profiteraient à tous : Comment et quand des innovations révolutionnaires ont-elles été mises en application dans un environnement minier ? Qu’est-ce qui motive les décideurs à prendre le risque de mettre en oeuvre des innovations ? Où l’innovation se produit-elle petit à petit ou de façon absolue? Comment les pratiques et technologies novatrices sont-elles mises en oeuvre et utilisées dans une nouvelle mine et dans une vieille mine, où un système d’exploitation usé a besoin d’être rajeuni ?

D’où nous viennent les innovations dans l’industrie minière, de nos jours ? La recherche et le développement en entreprise fait-elle des progrès ? La recherche universitaire, souvent commanditée par l’industrie et le gouvernement, a-t-elle du succès ? Qu’en est-il de la recherche et du développement menés par les fournisseurs d’équipement? Quels sont les obstacles ?

En tant qu’industrie, nous devons nous habituer à notre rôle inconfortable de preneurs de risques. Notre avenir en dépend.

Robert Schafer
Président de l’ICM

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Traduit par Karen Rolland

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