mars/avril 2014

Lettre du rédacteur en chef

Tendances et chronologie

Par Ryan Bergen

Ryan BergenSelon David Harquail, en une douzaine d'années, on a assisté à l'apparition d'une série de tendances en matière d'investissement, lesquelles ont connu une certaine popularité, puis un déclin après deux ou trois ans seulement pour finalement être remplacées par la dernière idée à la mode. La production de flux de trésorerie disponibles est actuellement en vogue, déclarait le directeur général de Franco-Nevada à un public rassemblé lors du récent congrès de la Prospectors and Developers Association of Canada (PDAC, l'association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs) à Toronto.

D'après le taux de roulement des tendances en investissement observé par M. Harquail, environ 20 autres tendances seront adoptées puis abandonnées au cours de la durée d'exploitation prévue de 55 ans de la mine de potasse Legacy, dont nous traçons le profil dans notre rapport spécial sur la Saskatchewan (p. 62). Ce projet d'une valeur de 4,1 milliards $ ne représente que l'un des investissements à long terme dans cette substance utile par deux nouveaux acteurs (K+S Potash Canada et BHP Billiton) et par des producteurs bien établis qui extraient de la potasse du gisement d'évaporites de la Prairie depuis plus de 50 ans.

La mine d'uranium de Cigar Lake de la société Cameco vient aussi confirmer que les projets à long terme sont réalisables malgré le caractère imprévisible des investisseurs et la vision à court terme. Après des décennies de développement, la mine est entrée en phase de production à la mi-mars, et viendra ajouter 18 millions de livres à la production annuelle de la société lorsqu'elle fonctionnera à plein rendement.

Pour les investisseurs à court terme qui injectent des fonds dans les sociétés minières, la valeur des projets en cours et l'ampleur de leurs risques n'ont souvent pas d'importance, explique M. Harquail. Pour réussir, il conseille aux entreprises de cesser de mettre leurs projets en danger pour obtenir des profits à court terme, et plutôt de tenter de trouver des investisseurs ayant des objectifs à long terme qui désirent « s'enrichir lentement », comme des fonds souverains et des caisses de retraite.

Les forces du marché ont étranglé les secteurs des engrais et de l'uranium, entraînant des licenciements et le ralentissement des projets. Les entrepreneurs du domaine de la potasse et de l'uranium disposent toutefois des bases essentielles de leur côté, et s'ils restent disciplinés, ils devraient beaucoup attirer le genre d'investisseurs à long terme qui se trouvent sur le marché, selon M. Harquail. Il faudra seulement trouver la patience d'attendre pour le savoir.

Ryan Bergen
Editor-in-chief
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@Ryan_CIM_Mag

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Traduit par SDL

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