mars/avril 2014

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Un institut canadien aidera les gouvernements étrangers à développer un secteur de l'extraction responsable

Par Andrew Livingstone

Au début du mois d'avril, un nouvel institut canadien commencera à offrir des programmes visant à aider les gouvernements locaux, régionaux et nationaux des pays en voie de développement à transformer le potentiel de leurs ressources minérales en industries viables qui offriront des avantages à long terme à leurs citoyens.

L'Institut canadien international pour les industries extractives et le développement, un partenariat entre l'université de la Colombie-Britannique, l'université Simon Fraser et l'École polytechnique de Montréal, a reçu 25 millions $ du gouvernement fédéral en novembre 2012 afin de concevoir et de réaliser des programmes aidant les gouvernements étrangers à améliorer leurs politiques de mise en valeur des ressources. Ce montant vient s'ajouter aux contributions en nature des trois universités, d'une valeur de 15 millions $.

Les membres de l'institut se sont attelés à la tâche depuis, communiquant avec les gouvernements étrangers et mettant sur pied des programmes répondant à leurs besoins. Des professeurs se rendront dans les pays hôtes pour mettre en œuvre la plus grande partie des programmes, lesquels seront axés sur la recherche, la mobilisation communautaire, l'information et la gouvernance des ressources naturelles. Le financement prendra fin en 2018, et l'objectif est de rendre l'institut autonome d'ici là au moyen de partenariats avec des gouvernements, des organisations non gouvernementales (ONG) et des sociétés minières.

Le gouvernement fédéral considère l'expérience et la réputation du Canada dans le secteur de l'extraction comme une occasion d'aider les gouvernements étrangers à améliorer « la répartition des profits et de la richesse au sein de la population afin que chacun puisse en profiter », expliquait Christian Paradis, ministre du développement international.

Le gouvernement a cerné comme problèmes des pays en voie de développement des faiblesses en matière de capacité d'imposition, d'inspection et de réglementation, de négociation de contrats, et de perception et distribution des recettes. « [Ce sont des obstacles qui empêchent] les pays en voie de développement de s'assurer qu'ils tirent le meilleur parti des résultats en matière de développement et d'économie des activités d'extraction qui ont lieu dans leur pays au profit de leurs citoyens », expliquait Nicolas Doire, un porte­parole du ministère canadien des affaires étrangères, du commerce et du développement.

« Les entreprises canadiennes souhaitent que les pays où elles mènent leurs activités soient bien gouvernés, car cela réduit leurs risques quand elles travaillent dans d'autres pays », indiquait Bern Klein, le directeur général de l'institut. Il explique que certains pays disposent d'un important potentiel de ressources, « mais leur expérience ou les systèmes existants ne leur permettent pas de bien profiter de la mise en valeur de ces ressources ». Il ajoute que quelques sociétés conseillent actuellement des gouvernements quant aux aspects des politiques et de la mise en valeur des ressources. « C'est en quelque sorte un conflit d'intérêts, et notre institut sert de groupe tiers pouvant aider à soutenir le gouvernement. »

M. Klein expliquait que l'un des plus grands obstacles à la mise en valeur des ressources dans les pays en voie de développement est le manque de connaissances locales sur l'exploitation minière. « Une grande partie des conflits ont lieu à l'échelle des collectivités », indiquait-il, ajoutant que c'est un domaine où l'institut espère pouvoir offrir son aide. Quand les gouvernements organisés des collectivités peuvent expliquer efficacement les problèmes et les possibilités d'un projet précis, ils peuvent prendre des décisions plus éclairées.

Les membres de l'institut conçoivent actuellement des programmes se concentrant sur l'Amérique latine, l'Afrique et l'Asie. La plupart des premiers programmes de l'institut étaient destinés aux pays d'Amérique latine, particulièrement le Pérou, la Colombie et l'Équateur. Bern Klein expliquait que l'institut cherche à établir des partenariats avec des universités de la région. Les discussions sur la programmation en Amérique latine ont jusqu'à maintenant traité de la gestion des ressources et de la gouvernance locale ; cependant, aucune décision n'a encore été prise.

L'exploitation minière artisanale est un point de mire important pour l'institut, précise M. Klein, car elle joue un rôle de premier plan dans le secteur minier des pays en voie de développement, surtout en Afrique. On compte 15 millions de mineurs artisanaux dans le monde, et ce chiffre ne cesse de croître. L'utilisation du mercure est toutefois répandue et pose de graves problèmes pour la santé et l'environnement. « Nous essayons de remplacer les méthodes qui ont recours au mercure par d'autres méthodes afin de les aider à récupérer l'or de façon plus sûre et moins nocive pour l'environnement, a expliqué M. Klein. Ils veulent savoir comment produire plus d'or et quelles technologies peuvent améliorer leur gagne-pain, et c'est ce que nous espérons leur apprendre. »


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Traduit par SDL

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