mars/avril 2014

Perspectives en matière de ressources humaines

Les pratiques du secteur minier canadien en matière de RH – un nouveau domaine d'exportation ?

Par Ryan Montpellier

Les trois quarts des sociétés minières dans le monde ayant leur siège social au Canada, l'attention portée à leurs pratiques internationales est inévitable, et l'on insiste de plus en plus sur l'importance de respecter les normes nationales à l'étranger. L'attention grandissante portée à la responsabilité sociale des entreprises (RSE) entraîne une plus grande collaboration et davantage de partenariats entre l'industrie minière et les organisations non gouvernementales (ONG) au niveau international, et illustre l'influence positive que peut avoir l'exploitation minière aux quatre coins du monde. Les sociétés et organisations minières canadiennes et étrangères peuvent prendre exemple sur le travail novateur et les meilleures pratiques en matière de ressources humaines (RH) appliquées au Canada afin de mieux gérer les risques liés aux activités dans des environnements complexes et délicats partout dans le monde.

Pour les employeurs cherchant à améliorer leurs pratiques en matière de RH à l'étranger, nos consultations les plus récentes en Colombie ont montré que la base de toute stratégie repose sur une collaboration entre l'industrie, les centres de formation, les organismes de développement international et les gouvernements. L'exploitation minière a été reconnue comme l'un des cinq moteurs de la croissance économique de la Colombie, et les gouvernements colombien et canadien sont bien conscients des difficultés que représentent le recrutement et le développement des effectifs de manière à avoir entre les mains les compétences techniques nécessaires pour soutenir les activités minières à caractère commercial. De plus, le secteur de l'exploitation aurifère de la Colombie était jusqu'à ce jour relativement restreint et constitué d'un grand nombre de sociétés minières artisanales ayant besoin d'une formation sur la sécurité, les compétences fondamentales et les pratiques environnementales. En ce qui concerne la mise en œuvre de programmes qui génèreront des solutions à long terme à ces problèmes de perfectionnement des compétences, les Colombiens considèrent l'expérience et les pratiques canadiennes visant à impliquer les peuples autochtones comme un point de départ en raison de leurs années de connaissances et d'expérience accumulées, ainsi que des programmes déjà mis sur pied.

Au Canada, on a constaté au cours des cinq dernières années un engagement croissant vis-à-vis de la formation, de la normalisation et de la certification qui a stimulé la création de programmes nationaux de reconnaissance des compétences, comme le programme « Mining Essentials: A Work Readiness Training Program for Aboriginal Peoples » (Compétences essentielles à l'industrie minière : une formation sur l'employabilité destinée aux Autochtones). Dans le cadre de ce programme, le RHiM, en partenariat avec l'Assemblée des Premières Nations, a acquis une grande expérience et expertise dans l'élaboration de stratégies et de partenariats entre l'industrie, les groupes autochtones et les éducateurs. Le programme de formation « Mining Essentials » peut servir de modèle aux pays comme la Colombie qui souhaitent s'engager auprès des communautés traditionnelles et des travailleurs miniers artisanaux et les aider à faire la transition vers l'exploitation minière industrielle.

Lors de la conception d'un nouveau programme, que ce soit au Canada ou à l'étranger, une évaluation approfondie des besoins faisant intervenir les centres de formation, les employeurs, les organismes de développement international, le gouvernement et les collectivités de la région constitue la base de la stratégie et identifie les nouvelles possibilités. On garantit ainsi que les programmes mis sur pied soient axés sur la culture et que leur contenu présente un intérêt pour l'industrie, mais également qu'ils fournissent les principales compétences, dispositions et aptitudes au travail nécessaires à des possibilités d'emploi importantes dans le secteur minier.

Bien que cela semble simple, il ne faut pas oublier que cette solution n'est pas universelle. Au Canada, nous avons vite pris conscience que notre programme « Mining Essentials » devait comporter d'autres options au niveau des activités pour les Métis et les Inuits afin de répondre aux complexités culturelles des différentes populations autochtones. Le programme a aussi dû être adapté aux exigences du site minier local et aux réglementations régionales. Il est indispensable d'aller au-delà de l'essentiel et de tenir compte de l'incidence sur le bien-être des familles, ainsi que de la façon dont le programme de formation pourrait aider une collectivité à devenir plus stable et à mieux soutenir ses familles dans les années à venir. Toute société doit décider de l'héritage que laissera son exploitation.

Les sociétés déterminées à poursuivre le perfectionnement de leurs employés se fondent également sur de solides normes canadiennes comme référence. Il existe actuellement quatre normes professionnelles nationales pour le secteur minier, à savoir mineur de fond, opérateur au traitement des minerais, mineur de surface et foreur au diamant. Les sociétés et les centres de formation peuvent utiliser ces normes comme base pour concevoir des programmes de formation associés à des professions particulières qui répondent aux besoins de l'industrie ou les surpassent. Au Canada, ces normes sont à la base de la certification des travailleurs. Ce concept donnerait aux employeurs à l'étranger un moyen de reconnaître et de vérifier les compétences et l'expérience d'un nouveau travailleur. En intégrant les compétences, la formation et l'expérience d'un travailleur à une certification, tous les employeurs pourront tirer parti de l'investissement du pays et de l'industrie, et plus tard contribuer à résoudre les problèmes de recrutement, de formation, de mobilité et de reconnaissance des compétences acquises à l'étranger.

À ce jour, des marchés émergents tels que le Chili, le Sénégal, la Tanzanie et la Colombie ont demandé conseil au RHiM. Au Chili et en Afrique, le RHiM a organisé une série d'ateliers et de séances d'information avec les gouvernements locaux, les centres de formation publics et les sociétés minières pour les aider à déterminer leurs besoins en matière de main-d'œuvre. Ces rassemblements visaient aussi à offrir à ces parties des conseils et des solutions de perfectionnement des compétences et des effectifs pour répondre aux exigences des nouveaux projets.

L'intégration de meilleures pratiques ainsi que de stratégies et programmes canadiens en matière de RH ne pourront que consolider la réputation de chef de file du Canada et renforcer sa compétitivité à l'échelle internationale.

Pour plus de renseignements sur les programmes du RHiM et nos travaux à l'étranger, veuillez contacter le Conseil.


Ryan Montpellier est le directeur général du RHiM. C'est un expert reconnu et un intervenant très recherché sur les questions de RH ayant un impact sur le secteur minier canadien à l'heure actuelle.

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Traduit par SDL

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