mars/avril 2014

Les actualités de l'ICM du Canada et d'ailleurs

L'esprit pionnier

Maureen JensenMaureen Jensen a commencé sa carrière de géologue prospecteur il y a 35 ans, est ensuite devenue présidente et directrice générale de Noble Peak Resources, et ce avant de s'engager dans le domaine de la réglementation pour travailler sur ce qui allait en fin de compte devenir le NI 43-101. Elle est actuellement directrice générale de la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario (CVMO), la plus importante autorité de réglementation au Canada. Mme Jensen a récemment reçu le prix Trailblazer de Women in Mining (le forum sur les femmes dans l'exploitation minière), et CIM Magazine a eu l'occasion de lui demander son avis quant à la direction que prend l'industrie.

CIM : Félicitations pour votre prix Trailblazer.

Jensen: : Ce la me touche vraiment. Je ne fais plus vraiment partie du secteur de l'exploitation minière, aussi c'est assez invraisemblable, mais il est certain que j'y participe encore beaucoup. Je suis absolument ravie de recevoir ce prix, en particulier parce que ma nomination émane de certaines personnes que j'ai encadrées dès le début.

CIM : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes professionnels ?

Jensen: Ne limitez pas votre carrière. Essayez différentes options, observez les personnes avec qui vous travaillez et que vous admirez, et découvrez comment elles en sont arrivées là. Recherchez vos mentors, des gens qui vous soutiendront vraiment, et qui essaieront de vous aider à prendre des décisions difficiles pendant votre cheminement. Je ne crois pas qu'il existe une seule carrière parfaite. Le mieux à faire est d'y porter attention et de saisir les nouvelles opportunités.

CIM : La CVMO a récemment proposé des réglementations qui forceront ses entreprises cotées en bourse à communiquer leurs processus de nomination des membres du conseil et de la haute direction. Comment en est-on arrivé là ?

JensenLe budget de l'Ontario publié en mai dernier indiquait que l'on souhaitait vraiment que davantage de femmes occupent des postes de direction. Il est ici question de la santé de l'économie ontarienne. Le Canada, si on le compare à tous les pays développés, est vraiment en retard en ce qui a trait au nombre de femmes dans les conseils d'administration, aussi le gouvernement nous a demandé d'agir en ce sens. Nous avons décidé de présenter une proposition de règle stipulant que les entreprises, par l'entremise de leur gouvernance (leurs rapports durant la saison des procurations), doivent communiquer le nombre de femmes occupant des postes dans leur conseil d'administration et la haute direction, ainsi que leurs politiques, le cas échéant, favorisant la diversité des genres.

CIM : Quels obstacles les femmes rencontrent-elles encore dans le monde de l'exploitation minière ?

Jensen: Parlons des faits concrets. D'abord, ce secteur compte moins de femmes que d'hommes. La situation est toutefois en train de changer. Si l'on observe les diplômés qui terminent leurs études présentement, que ce soit en ressources humaines, en géologie ou en ingénierie, la répartition est équilibrée (hommes et femmes). Dans le secteur minier comme dans toutes les autres industries, on pense souvent que les femmes ne sont pas aussi déterminées parce qu'elles ont une famille et d'autres préoccupations dans leur vie. Personnellement, je crois que cette opinion est ridicule et dépassée. L'important pour une entreprise, qu'il s'agisse d'une société minière ou d'une banque, c'est que les personnes qui y travaillent se consacrent pleinement au succès de l'entreprise, et ces personnes se présentent sous différentes formes.

A-t-on observé un changement ? Je vous dirais que le changement dont j'ai été témoin, c'est la quantité de personnes qui en parlent. C'est tout simplement incroyable. Dans l'industrie minière, nous sommes confrontés à une difficulté bien réelle, celle de trouver les bonnes personnes ayant l'expérience adéquate au fur et à mesure que nous progressons. La génération du baby-boom prendra bientôt sa retraite, et les entreprises doivent continuer à fonctionner. Du point de vue de la réglementation et pour la province, nous devons veiller à ce que le monde canadien des affaires soit en bonne santé. La seule façon de trouver suffisamment de personnes talentueuses et possédant les compétences requises est d'élargir la recherche aux deux sexes.

De nouvelles perspectives à Franco-Mine 2014

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Ed Fast, ministre du commerce international du Canada, signe un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) avec le ministre camerounais de l'économie, de la planification et de l'aménagement du territoire, Nganou Djoumessi. M. Fast a aussi annoncé le début de négociations APIE avec le Kenya | David W. Dorken

Plus de 120 représentants du gouvernement et de l'industrie ont discuté des possibilités d'exploitation minière et des enjeux communs en Afrique francophone lors de l'événement Franco-Mines 2014, organisé par l'ICM durant le congrès de la PDAC.

Franco-Mine 2014 a reçu des délégations du Mali, de la Guinée, du Burkina Faso, du Cameroun, du Sénégal, de la Mauritanie, du Gabon, du Niger, de l'Égypte et du Congo, et c'est au cours de cet événement qu'a eu lieu la signature de l'accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) entre le Canada et le Cameroun. Emmanuel Bonde, ministre de l'industrie, des mines et du développement technologique du Cameroun, a déclaré que le secteur minier sera le « moteur » du développement économique du pays. Malgré les possibilités qu'il offre, déclarait-il, environ 60 % du pays est sous-exploré. M. Bonde a souligné le récent partenariat de son gouvernement avec la Banque mondiale dans le but de mener une prospection géophysique aérienne de 20 % du pays comme exemple de la détermination du Cameroun à développer ce secteur.

L'importance de McEwen

Rob McEwen and Alicia FerdinandAlicia Ferdinand, présidente du conseil de la section de Toronto de l'ICM, à gauche, présente à Rob McEwen, président et chef de la direction de McEwen Mining, un certificat de reconnaissance à la suite d'un déjeuner-conférence qu'il a donné aux membres de la section en décembre. La section a remis un don à Mining Matters au nom de M. McEwen. Offert par la section de Toronto de l'ICM

La coopération est essentielle pour le nouveau réseau canadien de recherche sur les ETR

Le Canadian Rare Earth Elements Network (CREEN, le réseau canadien de recherche sur les éléments de terres rares) s'est fixé un objectif très louable, à savoir que le Canada produise 20 % des éléments de terres rares séparées d'ici 2018. Il s'agit là d'un objectif ambitieux sachant qu'à l'heure actuelle, aucune mine au Canada ne produit de terres rares. Pour y parvenir, ce réseau (une initiative dirigée par l'industrie inaugurée lors de la conférence des métallurgistes qui s'est tenue à Montréal en 2013) cherche à regrouper le talent et les ressources nécessaires pour surmonter les plus grands obstacles entravant le lancement de la production de terres rares au Canada.

Ian London, président du réseau canadien de recherche sur les ETR, explique que le but du réseau est d'inciter les petites sociétés concurrentes à collaborer afin de trouver des technologies préconcurrentielles qui réduiront les coûts en capital et d'exploitation pour tous les producteurs éventuels. « Aucune des grandes sociétés ne participe à l'exploitation de gisements de terres rares ou au traitement de ces terres », déclarait-il. « La plupart des petites sociétés ne collaborent pas bien naturellement. Il était toutefois évident, particulièrement avec l'affaiblissement de certains marchés financiers, que plusieurs partageaient les mêmes problèmes. » On sait que les éléments de terres rares sont difficiles à séparer et à traiter, car la minéralogie de chaque gisement est unique.

En collaboration avec les gouvernements, les utilisateurs finaux (comme General Electric) et le milieu universitaire, le réseau a accordé la priorité à une douzaine de projets dédiés notamment à la recherche sur les processus précis de séparation, de traitement et de réactifs chimiques. Le réseau cherche actuellement de nouveaux membres et fera une présentation lors du congrès de l'ICM à Vancouver en mai.

La section de Toronto de l'ICM organise une « visite pour étudiants »

Pour les non-initiés, le congrès de la PDAC peut sembler être un tourbillon d'hommes d'affaires en costumes-cravates effectuant la promotion de projets, de produits et de revenus possibles à chaque kiosque, chaque salle et chaque salon. Se retrouver dans un tel environnement peut être intimidant, surtout la première fois ou lorsque le but premier de notre visite n'est pas de parler affaires.

C'est pourquoi la section de Toronto de l'ICM, en collaboration avec la PDAC, a organisé des visites du salon commercial afin de présenter aux étudiants quelques entreprises se disant ouvertes à un tel public. La section a organisé cinq visites guidées, permettant ainsi aux étudiants de faire connaissance avec tout un éventail de sociétés et de services du secteur minier, ainsi qu'avec des ministères.

« On pourrait penser de prime abord que ces gens mordent », déclarait Rick Hutson, bénévole de la section de Toronto de l'ICM et vice-président du district Centre, « mais ils sont en fait très gentils. » Les groupes des 3 premières visites guidées étaient déjà presque complets, chaque visite comptant environ 20 étudiants. Les visites guidées comptaient 8 arrêts, accordant environ 10 minutes aux étudiants pour discuter avec les représentants des entreprises. « Ces visites aident les étudiants à s'y retrouver », expliquait M. Hutson.

Ben Lee, un étudiant en maîtrise de l'université de l'Alberta qui se spécialise en méthodes électromagnétiques de géophysique, participe pour la première fois au congrès de la PDAC et déclare y venir en partie pour commencer à établir un réseau : « J'ai discuté avec des personnes à qui je n'aurais certainement jamais parlé autrement ; il existe tellement d'entreprises différentes sur le marché. »

Northern Gateway diversifie ses activités

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The Canadore College Trades Trailer | Offert par Paul Chivers

La promesse de fruits de mer et de jazz a attiré environ 200 résidents de North Bay au cinquième événement annuel « Seafood Mixer », organisé par la section Northern Gateway (point d'entrée vers le Nord) de l'ICM. Paul Chivers, un bénévole de la section, indique que cette rencontre est l'un des deux grands événements de collecte de fonds organisés par la section et sert à appuyer plusieurs projets régionaux visant à informer le public, particulièrement les jeunes, quant à l'industrie minière. « La section régionale donne des cours au Centre écologique du Canada près de Mattawa, durant lesquels nous emmenons des enseignants visiter des mines de la région afin de dissiper les mythes et de leur montrer l'importance de notre industrie pour le bien-être de tous », déclarait M. Chivers. Il ajoutait que l'argent sert aussi à soutenir la caravane itinérante pour la campagne de recrutement du Canadore College, qui « voyage partout en Ontario pour présenter des métiers et des emplois aux jeunes dans différentes collectivités ».


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Traduit par SDL

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