février 2014

Mot du président

Planifier l’avenir

Par Robert Schafer

Nous vivons une époque intéressante. Pour la plupart des matières premières, les prix (qui constituent les mesures conventionnelles de la santé de l’industrie des minéraux) ont fluctué dans des marges acceptables et relativement étroites. Pourtant, l’industrie se comporte comme si ces prix s’étaient effondrés et la demande s’était arrêtée.

Les grandes sociétés minières consolident leurs principaux actifs, évitent les investissements majeurs et se débarrassent des actifs ne relevant pas de leurs programmes à long terme. Les producteurs de taille intermédiaire comptent sur leurs principales exploitations pour renflouer les caisses et évaluent avec précaution des occasions potentielles de croissance. Les petites sociétés minières, quant à elles, ont arrêté l’exploration des zones vertes étant donné que les investisseurs accordent difficilement des fonds.

Cette tendance a pris de l’ampleur depuis la crise économique de 2008-2009. C’est une situation à double tranchant pour notre secteur : tandis que les exploitants miniers consolident leurs actifs et leurs travaux d’exploitation et remettent sans cesse à plus tard l’exploration, considérée risquée, l’industrie se prépare à subir un choc dans un avenir proche.

Dans un communiqué présenté lors de l’assemblée générale annuelle de l’AEMQ à Québec en novembre dernier, Richard Schodde, directeur général de MinEx Consulting, a déclaré qu’en moyenne, les mines canadiennes disposaient de réserves (et non de ressources) qui permettront aux exploitations de survivre six ou sept ans seulement. En outre, peu d’investissements sont faits dans l’exploration pour remplacer les réserves et découvrir de nouvelles mines. Enfin, il faut maintenant compter entre 10 et 15 ans sur tout le territoire canadien pour promouvoir une découverte, obtenir les autorisations, puis commencer la construction.

Un simple calcul permet de réaliser qu’une crise nationale de l’approvisionnement en minéraux menace d’éclater d’ici une dizaine d’année. Les solutions à court terme au vu de la hausse des prix pourraient consister à réduire les teneurs de coupure, à convertir les ressources actuellement peu rentables en réserves pour prolonger la durée de vie de la mine et à progressivement augmenter les capacités afin de répondre à la demande.

Pour assurer sa pérennité, le secteur des petites sociétés minières canadiennes doit de nouveau se tourner vers l’exploration, et ce, à l’aide d’une infrastructure soutenue conjointement par les secteurs public et privé afin d’accéder à des régions frontalières, notamment dans le Nord. Ces investissements renforceront la richesse du pays tout en améliorant de nombreux aspects de la qualité de vie des autochtones et des citoyens du Nord.

Robert Schafer, Président de l’ICM

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Traduit par Karen Rolland

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