février 2014

Tenter sa chance avec les nouvelles technologies

La réduction des coûts sera primordiale pour les petites sociétés minières lors du congrès de la PDAC 2014

Par Eavan Moore

Les petites sociétés d'exploration qui participent au congrès de l'Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (PDAC) auront survécu à une année épuisante en termes d'obtention de capitaux. L'argent étant de plus en plus difficile à obtenir, ces petites sociétés minières sont confrontées à des pressions croissantes pour réduire leurs coûts tout en poursuivant leurs activités. « Dans ce contexte, l'adage 'Innover ou mourir' est particulièrement adapté », déclarait Vida Ramin, la directrice du programme de la PDAC pour les terres et les réglementations.

Cette année, le forum de l'innovation de la PDAC comprendra des démonstrations de technologies avancées et couvrira des domaines d'intérêt émergents tels que l'énergie renouvelable et les systèmes d'information géographique en quatre dimensions (SIG 4D). Geometrics Inc. présentera son nouvel outil électromagnétique Geode EM3D par exemple, et Spectral Evolution partagera sa dernière version de spectrométrie de terrain qui pourrait aider à contrôler la carotte de sondage et à vérifier les résultats de la détection à distance.

Quelques sociétés d'exploration ont déjà répondu à cet appel à l'innovation. Le fournisseur de service GroundTruth Exploration de la province du Yukon utilise une étude de résistivité en courant continu à haute résolution qui donne un sens approximatif de la structure d'une cible se trouvant à 100 mètres de profondeur ou moins. Pour pouvoir mener cette étude, la société a créé un dispositif qu'elle appelle « geoprobe » (ou sonde géologique), à savoir une unité de forage direct sur chenilles de 900 kilos qui fait pénétrer de force un tube de prélèvement dans le sol. La sonde géologique couvre la surface du sol près de trois fois plus vite que ne le permet la fouille en tranchée, tout en éliminant le coût lié à la réhabilitation du terrain. Deux élingues suspendues à un hélicoptère peuvent transporter l'équipement, ce qui représente un avantage indéniable dans la province du Yukon. GroundTruth essaie également d'utiliser la même plateforme pour le forage par roto-percussion à l'air avec des trépans que l'on peut facilement transporter avec deux élingues suspendues à un hélicoptère et déplacer sur des chenilles en caoutchouc au sol, ce qui permet d'éviter les coûts inhérents au forage au diamant (500 $ par mètre). Le président Isaac Fage expliquait que le coût d'exploitation prévu de ces trépans montés sur chenilles devrait représenter une fraction du coût du forage au diamant.

Pour une société qui dispose déjà de plus de données qu'elle ne peut gérer, une meilleure analyse permettrait d'accélérer la découverte. Comme l'expliquait Marcel Robillard, président et directeur général de Puma Exploration, sa société a récemment découvert du cuivre à haute teneur dans une zone cible identifiée à l'aide d'un logiciel appelé CARDS, ou computer aided resources detection system (système de détection des ressources assisté par ordinateur). Puma a signé un contrat d'environ 40 000 $ avec Diagnos, le développeur du logiciel CARDS, afin qu'il recherche ses données d'exploration pour des régions présentant des propriétés similaires à celles de régions dont les taux de minéralisation sont connus. M. Robillard expliquait que son équipe a fait cette découverte une semaine après avoir prospecté l'une des régions cibles suggérées.

Cependant, ce n'est pas pour économiser de l'argent que Puma a eu recours à CARDS. M. Robillard est d'accord qu'une petite société minière cherchant à réduire ses coûts doit se pencher sur les nouvelles technologies, mais il faisait remarquer qu'il faut tout d'abord mener un travail méthodique sur le terrain. « Si vous essayez d'économiser mais que l'on vous prend 40 000 $ pour mener l'étude et qu'il ne vous reste plus d'argent pour exécuter les travaux sur la cible, il n'y a aucune logique à dépenser cet argent. »

Le géologue-conseil Robin Adair faisait remarquer que les petites sociétés minières s'engagent plus souvent dans des partenariats avec des contractants pour les projets de recherche et développement. « Il est fort probable de pouvoir parvenir à un type d'arrangement présentant un intérêt commun lorsque l'on présente pour un projet une technologie qui doit être éprouvée ou testée sur le terrain », indiquait-il. « Les deux parties s'engagent dans une fraction des frais et partagent les bénéfices potentiels. »

Lors du congrès de la PDAC, Jane Hammarstrom de l'USGS (U.S. Geological Survey) présentera les résultats de la première évaluation des ressources minérales à l'échelle mondiale, laquelle a identifié des gisements de cuivre, d'éléments du groupe platine et de potasse.

Paul Dockweiler, géologue en chef et directeur de projet chez Cardno ARC, pense que certains géologues plus jeunes ont tendance à sous-évaluer les informations fournies par les gouvernements et les fournisseurs de contenu libre. Il a utilisé plusieurs outils gratuits, notamment Google Earth et la photographie numérique, pour obtenir des renseignements quant aux structures de formation. « J'ai consulté Google Earth pour localiser les principales lignes de faille qui avaient été cartographiées et m'en suis servi pour localiser certaines structures telles que des plans de litage », expliquait-il. « Je peux manipuler les photos numériques sur mon ordinateur, changer la luminosité, les couleurs ou le contraste, et faire ressortir des choses sur la roche qui sont pratiquement impossibles à voir sur le terrain. »

Si les sociétés peuvent se permettre d'investir, M. Dockweiler suggère d'embaucher un conseiller ayant accès à des outils de modélisation tridimensionnels que, selon lui, trop peu de petites sociétés minières utilisent. En ajoutant des données existantes, on pourra modéliser les emplacements et les angles où le forage sera le plus efficace, ce qui permettra de réduire le nombre de trous de forage.

Mais il prévient cependant de ne pas envisager la technologie comme une solution salvatrice : « L'innovation peut naître d'une industrie ou d'un marché stagnants, mais les personnes qui proposent ces innovations ont l'intention de se faire rémunérer. Le plus important pour une petite société minière est de pouvoir envoyer des employés sur le terrain pour cartographier et échantillonner 'à l'ancienne'. »

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Traduit par Karen Rolland

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