février 2014

À la recherche de fonds

Pourquoi les grandes sociétés minières doivent intensifier leurs activités d’exploration

Par Ian Ewing

L’exploitation minière n’est pas viable sans exploration.

Mais une fois intégré ce principe fondamental, les opinions divergent en ce qui concerne pratiquement tout ce qui est capital dans cet effort : l’endroit, le moment et la raison pour laquelle il devra être mené, les moyens de l’améliorer et, bien entendu, les instances qui devront le financer. Entre-temps, les coûts d’exploration montent en flèche ; selon des estimations récentes, les dépenses en 2012 se sont avérées dix fois plus élevées qu’il y a dix ans. Pourtant, les découvertes commencent à se faire rares à une époque où les sociétés de tout le secteur imposent des restrictions budgétaires drastiques. Ainsi, la pression monte pour intensifier les découvertes.

Pendant des décennies, Dan Wood a exercé la profession de géologue prospecteur auprès des sociétés BHP Billiton puis Newcrest, qui a entre autres découvert le gisement aurifère de la vallée de Cadia, en Australie. Désormais officiellement retraité, M. Wood est heureux de discuter de la situation de son ancien secteur d’activité, dont il suit de près l’évolution. M. Wood est fondamentalement convaincu que la création de richesses dans l’exploitation minière passe obligatoirement par de nouvelles découvertes. La pratique même de l’exploitation minière (à savoir l’extraction et le traitement du minerai) consiste en des activités de « destruction des richesses », et le fait que les grandes sociétés minières se concentrent sur la partie production est la raison même du déclin continu des taux de découvertes. « Dans une société minière, un directeur général compétent devrait réaliser que la découverte de nouveaux corps minéralisés est la seule façon de créer de la richesse », déclare-t-il, « et qu’il doit axer ses efforts sur cette partie de ses activités, déléguant les responsabilités inhérentes à la destruction des richesses aux autres membres de la direction. »

C’est une position audacieuse à adopter, mais elle ne rend pas entièrement compte des faits, explique Egizio Bianchini, vice-président du conseil et codirigeant du groupe Métaux & minéraux de BMO Marchés des capitaux. « Il n’existe que deux façons de créer des richesses en exploitation minière », explique-t-il. « Il faut obtenir les marchandises à un prix correct, et assurer la production de votre mine avec des marchandises à un prix correct ; ou trouver [les matières premières] par le biais de l’exploration. » Certes, ajoute-t-il, l’exploration peut constituer une partie très importante, voire dominante, du processus de création de richesses, mais c’est seulement en gardant un oeil sur la production que les minéraux présents dans le sol prendront de la valeur. « Sans développement efficace et continu et sans exploitation satisfaisante de la mine, il n’y aura pas de richesses. Ces deux activités sont inséparables. La découverte sans exploitation, c’est un peu comme un gâteau que l’on regarde mais que l’on ne pourra jamais manger. »

La plupart des grandes sociétés minières, qui réduisent leurs investissements dans l’exploration et se concentrent sur des activités générant des revenus, ont renoncé ces dernières années à l’aspect découverte de l’équation. BHP Billiton, par exemple, a réduit ses dépenses dans l’exploration de 46 % au cours du premier semestre 2013. Le problème auquel sont confrontés les directeurs généraux, explique M. Bianchini, est qu’ils se démènent constamment pour trouver des investisseurs dont les intérêts concordent avec ceux du secteur sur le long terme. « La plupart du temps dans le cycle, ces investisseurs ne sont pas propriétaires de vos stocks. »

Aujourd’hui, le débat entre les types d’exploration tels que ceux évoqués par M. Wood et ceux de personnes axées sur la production telles que M. Bianchini devrait constituer l’argument dominant en exploitation minière. L’approche qu’adoptera le directeur général ou le conseil d’administration quant à cette question déterminera la stratégie globale d’une société. Des milliards de dollars sont en jeu, et le fil conducteur de l’industrie dépend des aspects sur lesquels les grandes sociétés minières décident de concentrer leurs efforts. Aujourd’hui cependant, elles sont tellement axées sur la réduction des coûts à tous les niveaux de leur société qu’elles laissent de côté une question de plus en plus pressante, à savoir comment découvrir de futures mines.

Un secteur divisé

Le retrait progressif des grandes sociétés minières de l’exploration des terres inexploitées s’explique peut-être par la capacité remarquable des petites sociétés minières, depuis une vingtaine d’années, à faire des découvertes importantes tout en évitant les coûts indirects inhérents aux grandes sociétés minières. Beaucoup de sociétés dans ce secteur sont d’avis que la séparation de ces deux activités minières (l’exploration et la production) a été salutaire et a permis à chaque groupe de tirer parti de ses forces.

Jacques Perron, qui a récemment été embauché à Thompson Creek Metals, est un exemple typique des directeurs généraux de sociétés minières. Selon lui, la séparation de l’exploration et de la production, si elle n’est pas fondamentalement un bien pour l’industrie, représente du moins un développement compréhensible. « Chez les petites sociétés minières, les organisations sont plus restreintes. Elles n’ont pas à assumer de gros frais, ni de grandes infrastructures ou de siège social important », explique-t-il. « Elles sont bien plus axées sur ce qu’elles font. »

En outre, il est plus facile pour les petites sociétés minières d’attirer des employés talentueux. « Certaines personnes préfèrent travailler pour des petites sociétés minières dans lesquelles elles détiennent des actions ; en effet, si elles découvrent un gisement, elles verront une hausse importante du prix de leurs actions. Pour un géologue prospecteur talentueux, il est bien plus intéressant de travailler pour une petite société minière. »

Cependant, cette séparation s’accompagne d’un côté sombre. « Les petites sociétés minières sont douées, même très douées pour les découvertes, mais les marchés des capitaux les alimentent au compte-gouttes », fait remarquer M. Bianchini. Étant donné l’épuisement du flux financier durant la crise économique que nous traversons, les petites sociétés minières ont pour la plupart eu de grandes difficultés à mobiliser les capitaux nécessaires pour entreprendre des activités d’exploration.

Pis encore, l’augmentation des coûts inhérents à la découverte, découlant principalement des coûts de forage et de la main-d’oeuvre (qui ont parfois jusqu’à doublé au cours des dix dernières années), rend l’exploration encore plus complexe. La pénurie de nouveaux gisements de subsurface implique que les futures découvertes seront plus risquées, plus difficiles et plus onéreuses. M. Wood et d’autres sont d’avis que les grandes sociétés minières devraient injecter une plus grande part de leurs profits dans l’exploration.

Ces grandes sociétés minières ont évidemment été confrontées à de grosses pertes et, dans la suite logique des événements, ont connu de grands changements en haut de l’échelle. Les coûts opérationnels sur de nombreux sites ont augmenté alors que les prix des métaux ont régressé par rapport à leur niveau record. L’exploration est la dernière chose dont elles se soucient.

La situation pour de nombreuses petites sociétés minières est cependant encore plus désastreuse. La PDAC (Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs) estime que plus de 380 petites sociétés minières sont cotées à la bourse de croissance TSX (TSX-V) avec un fonds de roulement de moins de 50 000 $. En septembre l’année dernière, plus de sociétés ont été radiées de la bourse de croissance TSX-V qu’au cours de l’intégralité de l’année 2012. « Beaucoup sont en mode de survie », explique Ross Gallinger, directeur général de la PDAC.

Même si le rendement du capital investi est relativement rapide, un autre problème plus difficile à résoudre persiste : les rendements du capital investi dans l’exploration déclinent depuis des décennies. Pour renverser cette tendance inquiétante, une simple relance économique ne suffira pas.

Le monde est petit

On s’accorde généralement à dire que la plupart des gisements importants de subsurface de bonne qualité se trouvant dans des zones accessibles et politiquement stables dans le monde ont déjà été découverts. Tout le monde s’entend sur un point : l’exploration future devra chercher plus profond.

« La Terre ne va pas s’étendre : les zones de surface sont limitées », explique Cooper Quinn. En tant que géologue expérimenté auprès de la société McLeod Williams Capital Corp., on peut s’étonner de l’enthousiasme juvénile avec lequel il expose l’histoire et l’évolution du secteur de l’exploration. « Beaucoup de découvertes ces derniers temps ont impliqué de se rendre dans des zones sous-explorées. » Une fois découverts tous les gisements de surface, le seul endroit où aller est sous terre. « C’est là que l’exploration devient bien plus complexe et plus coûteuse ; aussi, tout naturellement, les taux de découvertes déclinent. »

M. Bianchini de BMO explique que l’on doit encore probablement pouvoir trouver certains corps minéralisés de subsurface. « Dieu ne s’est pas soucié de la politique quand il a placé tous ces minerais dans le sol. Il reste encore beaucoup de gisements à découvrir dans le monde », indique-t-il.

Cependant, partir à la recherche de gisements de surface dans des régions telles que l’Afghanistan, la République démocratique du Congo ou dans les hauteurs des Andes consiste essentiellement à remplacer le risque technique par un risque politique. M. Quinn reconnaît que le développement des zones sous-explorées du monde pourrait arriver plus tôt que le développement de techniques permettant d’explorer à des profondeurs plus importantes, mais il insiste sur le fait qu’il s’agira d’une solution de fortune. « On pourra sans doute mener une série de découvertes », admet-il. « Mais tôt ou tard, nous aurons épuisé toute la surface. Il faudra commencer à creuser plus profond. »

Le fin fond de l’histoire

L’industrie du gaz et du pétrole a déjà rencontré ce problème. Pour ce secteur, la solution a consisté à mener des activités de recherche et de développement à une échelle impressionnante, aboutissant à l’avènement de techniques et de technologies entièrement nouvelles pour explorer plus en profondeur. L’expérience de cette industrie, selon M. Wood, se reflète également dans la façon dont elle est structurée et fonctionne. Elle s’est révélée extrêmement onéreuse (des milliards et des milliards de dollars à l’échelle du secteur), mais les découvertes ont recommencé à augmenter, et de nouveaux terrains ont été identifiés, notamment des gisements de pétrole et de gaz en eaux profondes dans le golfe du Mexique.

M. Quinn explique qu’un effort semblable doit être déployé en exploitation minière de manière à ce que l’industrie commence à se pencher davantage sur la situation en se donnant toutes les chances de réussir. Pour valider cette approche, il évoque le projet de mine de cuivre Resolution en Arizona, dont les ressources présumées sont de 1,2 milliard de tonnes à des profondeurs dépassant les 1 300 mètres. « C’est excessivement profond. Ces méga-gisements et des gisements d’envergure mondiale sont donc encore inexplorés. »

L’exploration plus profonde de la croûte terrestre sera bien plus complexe pour l’exploitation minière qu’elle ne l’a été pour le secteur de l’énergie. Comme l’explique M. Quinn, les gisements de pétrole et de gaz sont bien plus évidents sur des études géophysiques que les gisements de minerai. Toute étude géophysique montrera les anomalies en fonction des différences sous terre, mais « tous ne sont pas anormaux et minéralisés. » Le problème est de déterminer lesquels d’entre eux ont vraiment de la valeur.

« Si l’on considère la géophysique actuellement », indique M. Quinn d’un air frustré, « on constate qu’il y a peu de nouvelles technologies. Nombre des techniques géophysiques que l’on utilise, par exemple les cartes établies à l’aide de magnétomètres de terrain que l’on trouve sur tout site Internet dédié à l’exploitation minière, n’ont rien de nouveau. On pratique le magnétisme depuis la Seconde Guerre mondiale. Le seul changement est que nous sommes aujourd’hui plus performants en termes de mesures. C’est également le cas pour la majeure partie de la géophysique. Ce domaine n’a rien de nouveau, mais les mesures sont meilleures qu’il y a quelques années. »

Au nom de la science et du profit

Pour réduire le coût de l’exploration, et notamment de l’exploration souterraine profonde, il faudra envisager des changements progressifs en termes de technologie et de méthodologie. Certaines activités de recherche tentent de perfectionner les technologies existantes, comme le fait le Deep Exploration Technologies Cooperative Research Centre (DET CRC, le centre de recherche coopérative sur les technologies d’exploration profonde) en Australie. Ce projet tente de trouver des solutions de substitution au carottage, une composante fondamentale et particulièrement coûteuse de l’exploration. « Nous pourrions réaliser de grandes économies si nous parvenons à éliminer cette étape », explique M. Quinn. « Si nous arrivons à forer des trous plus longs et plus profonds, l’exploration en sera facilitée. »

Au coeur du projet DET CRC se trouve le développement du forage par tube spiralé pour l’exploration minière. Utilisée depuis un certain temps dans l’industrie du pétrole, cette technique permet de réaliser des économies en temps et en maind’oeuvre en plaçant dans la terre un long tube métallique continu, enroulé sur une grosse bobine à la surface. Il n’est pas nécessaire de relier manuellement les dizaines, voire centaines de segments constituant le câble de forage. Le projet s’est fixé l’objectif, d’ici 2017, de développer un appareil de forage à tube spiralé pesant moins de 10 tonnes et pouvant forer jusqu’à 500 mètres au coût de 50 $ par mètre, ce qui représente moins de la moitié du coût du forage au diamant classique. Il faudra cependant procéder à de grandes améliorations pour adapter cette technologie à l’exploitation minière en roche dure. Étant donné que le forage par tube spiralé ne permet pas d’extraire de noyau, il faudra mettre au point simultanément des technologies de détection de fond de trou fiables et précises.

Bill MacFarlane est géochimiste au niveau mondial à Acme- Labs, un laboratoire éminent spécialisé dans la géochimie et le dosage dont le siège se trouve à Vancouver. Il explique la complexité de l’analyse sur place de fond de trou ou même en surface. « Il suffit de voir les difficultés rencontrées en laboratoire ; pour les échantillons d’exploration, par exemple, nous traitons des gangues extrêmement variables, avec une concentration allant de l’extrêmement faible à l’extrêmement élevé. Du point de vue analytique, les matières géologiques font partie des échantillons les plus difficiles à traiter. Ainsi, la situation devient très délicate si l’on s’attelle à cette tâche sur un appareil de forage dans des circonstances qui sont loin d’être idéales. »

Les avantages d’une analyse sur place peuvent cependant s’avérer énormes. La collecte et l’analyse en temps réel des don nées, associées à une technique de forage peu coûteuse et rapide, pourrait se traduire par un moyen quasiment instantané de guider l’exploration. On pourrait effectuer le carottage le jour même dans les zones particulièrement prometteuses, et mener une analyse sur place afin de vérifier les indications de fond de trou.

Les autres recherches sont plus obscures. La biogéochimie analyse les oligo-éléments que l’on trouve dans les plantes à la surface dans l’espoir de détecter les sources minérales (par exemple de grands corps minéralisés) enfouies en profondeur. Détecter des éléments traces si infimes (à l’échelle des parties par billion) est une chose ; comprendre les mécanismes par lesquels les signaux géochimiques traversent des centaines de mètres de terrain de recouvrement en est une autre. Cette science est jeune mais prometteuse.

La société mère d’Acme, Bureau Veritas, est un contributeur important au projet DET CRC, et Acme lui-même mène automatiquement d’importantes activités de recherche et de développement en géochimie. Mais le financement de la R&D en exploration devra également provenir des principaux bénéficiaires, à savoir les grandes sociétés minières qui exploiteront les gisements découverts grâce à ces techniques.

À leur honneur, l’élite des acteurs industriels est membre du consortium DET CRC. Le projet est financé à hauteur de 117 millions $, somme qui prend en compte les contributions gouvernementales de contrepartie. Malheureusement, les initiatives de cette envergure sont rares et elles devront se multiplier si l’on souhaite surmonter les difficultés associées à l’exploration de terrains profonds de recouvrement.

Qui détient le projet de loi ?

Au cours des deux dernières décennies, les grandes sociétés minières se sont de moins en moins intéressées aux activités d’exploration par leurs propres moyens. Leur souhait de s’impliquer à l’avenir du point de vue financier ou logistique est loin d’être clair. Mais si elles ne s’impliquent pas, qui d’autre s’attèlera à cette tâche ?

« Il s’agit là de l’éternelle question à 64 000 $ », déclare M. Quinn. « Ou devrais-je dire de la question à 100 milliards $. Il est évident que les petites sociétés qui réalisent une bonne partie de l’exploration ne disposent pas des fonds suffisants pour financer de grands programmes de R&D. Mais Barrick at- elle réellement envie d’investir de grosses sommes d’argent dans la R&D en ce moment ? La société met un frein à ses propres programmes d’exploration, aussi il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle finance des programmes universitaires pour que quelqu’un essaie de mettre au point une nouvelle technique géophysique. »

Outre le financement occasionnel de recherches fondamentales au niveau universitaire, le gouvernement du Canada, tout comme celui d’Australie, associe souvent la valeur monétaire des contributions de l’industrie à la recherche. M. MacFarlane explique que ce genre d’investissement est vital. Il est bien placé pour en parler : c’est lui qui coordonne la recherche interne et externe chez Acme.

D’après John Gravel, vice-président technique d’Acme et patron de M. MacFarlane, bien que certains projets tels que DET CRC soient très bien financés par les grandes sociétés minières, peu d’activités de recherche fondamentale sont menées avec l’argent de ces dernières. Les grandes sociétés minières doivent justifier leurs dépenses auprès de leurs actionnaires, aussi elles devront se traduire par un avantage quantifiable aux activités de la société. « Elles ne financeront pas par altruisme », explique M. Gravel. « Leur investissement devra avoir une application directe dans un type d’exploration sur lequel elles travaillent. »

L’avenir du minerai

Il faudra cependant qu’à un moment donné, le groupe profitant le plus des découvertes de gisements de minerais couvre une partie des dépenses engendrées pour les trouver. Personne d’autres n’a d’intérêt direct dans la recherche. « Les grandes sociétés minières, le gouvernement et les universités vont devoir unir leurs forces pour développer de nouvelles techniques », pense M. Perron. Il reconnaît cependant que Thompson Creek ne prendra pas cette initiative dans un futur proche. La société possède deux exploitations de molybdène dont les durées de vie sont de 13 et 16 ans respectivement. La production à Mont Milligan, la nouvelle mine de cuivre et d’or de Thompson Creek, débutera au cours du premier trimestre 2014 ; sa durée de vie escomptée est de 22 ans. Mis à part des activités mineures d’exploration autour de leurs sites existants en vue d’accroître leurs réserves, M. Perron affirme dans un refrain, hélas, bien connu, que l’exploration n’est pas une priorité pour la société.

Pourtant, sans la technologie nécessaire pour s’assurer de trouver des gisements profonds, les petites sociétés minières, alimentées au compte-gouttes, ne seront sans doute jamais plus en mesure de faire d’autres découvertes avec autant de facilité que dans le passé. Elles ne disposent tout simplement pas des fonds suffisants pour mener à bien les développements technologiques qui seront nécessaires pour découvrir de futurs gisements. Qu’il s’agisse de financer la R&D, de financer les petites sociétés minières directement ou de mener l’exploration par leurs propres moyens, les grandes sociétés minières devront renforcer leur engagement à l’avenir.

Plus que tout, il faudra que quelqu’un ait foi en la nouveauté, ajoute M. Quinn. « Il faudra trouver une société ou un groupe qui soit sérieusement déterminé(e) à exploiter ces activités et à suffisamment perfectionner sa technologie pour que l’on puisse réellement l’utiliser. »

La seule question en suspens est de savoir qui fera le premier pas. Les coûts engendrés seront sans doute durs à avaler pour les actionnaires impatients et pour le directeur général chargé de leur annoncer la nouvelle lors de l’assemblée générale annuelle, mais l’industrie n’a pas vraiment le choix. Et cela vaut sans doute la peine de prendre une longueur d’avance. Les grandes sociétés minières qui disposent des droits de propriété intellectuelle ou de l’expérience nécessaire pour développer la prochaine génération de techniques et de technologies d’exploration pourraient bien se voir propulsées au premier plan de l’industrie. Les sociétés qui n’ont pas cet avantage risquent en revanche de rester loin derrière, et de se demander où sont passés les actionnaires (et l’argent).

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Traduit par Karen Rolland

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