février 2014

Sécurité

La sécurité : il est grand temps de se moderniser

Par David Carter

Les sociétés minières utilisent de nouvelles technologies de l'information pour changer de manière radicale les principes de base régissant l'exploration, l'excavation, la production, l'affinage et la distribution des marchandises. Malgré la capacité qu'ont ces technologies de modélisation, d'analyse et de collecte de données à rendre les opérations plus efficaces, elles n'ont à ce jour pas encore été utilisées dans le seul but de rendre les activités minières plus sûres.

Un récent sondage mené auprès des dirigeants de sociétés minières a montré que la sécurité de leur personnel occupait la première place et était bien plus importante que les coûts des projets d'investissement, l'efficacité de la production et la fiabilité de l'équipement. Les sociétés minières reconnaissent que la sécurité est une question primordiale, et pourtant, pour diverses raisons, on continue d'aborder ce point de la même manière. Il y a encore peu de temps, des technologies innovantes telles que les systèmes de suivi des travailleurs en temps réel ou de détection vidéo relevaient du monde de la science-fiction. Elles ont toutefois émergé ces dernières années et, associées à des outils analytiques, fournissent des solutions pragmatiques qui permettent aujourd'hui de réduire les incidents réels.

Sachant que 77 % des accidents miniers et 70 % de tous les accidents mortels impliquent l'équipement des zones de production, il est important de savoir précisément où se trouvent les personnes et les actifs. De nouvelles technologies de localisation utilisent un équipement de suivi et des étiquettes à capteur intégré pour déterminer l'emplacement d'un travailleur dans un périmètre de plusieurs mètres en surface ou sous terre. Ces informations serviront à suivre les niveaux d'autorisation, la proximité de zones dangereuses ou les distances non sécurisées de plusieurs véhicules, ainsi qu'à enregistrer les accidents évités de justesse dès qu'ils se produisent. À l'aide de ces informations, les exploitants peuvent évaluer les comportements à des fins d'analyse, qui contribueront à des programmes de sensibilisation à la sûreté propres aux sites.

Les techniques traditionnelles de surveillance vidéo posent de nombreux problèmes. Très souvent, le personnel surveillant les systèmes de télévision en circuit fermé et gérant le contenu vidéo est très coûteux, et cela n'a pas de sens de tout surveiller en permanence. Les données vidéo sont rarement utilisées de manière analytique, malgré leur utilité en tant que principale source d'exploration des tendances et des vulnérabilités. Les nouvelles technologies informatiques peuvent exécuter plusieurs tâches, notamment détecter des objets inconnus, franchir des fils-pièges virtuels pour déclencher les alarmes et cataloguer les visages. Imaginez ces assistants numériques dans vos exploitations ; ils pourraient regarder bien plus d'enregistrement en direct et être suffisamment intelligents pour prévenir les exploitants de l'endroit où se profile un danger.

Grâce à l'analytique, qui implique l'utilisation d'instruments, de modèles et de techniques pour rassembler, analyser et comprendre de grandes quantités d'informations, les exploitations peuvent se servir de données historiques pour comprendre les conditions et les indicateurs relatifs au moment où se produisent des incidents liés à la sécurité. Une fois ces aspects bien assimilés, on pourra développer des modèles et des simulateurs et les appliquer à de nouvelles données pour identifier la probabilité future de ce genre d'événements et la façon de les éviter.

L'exploration de données de traitement et l'analyse des réseaux sociaux sont des techniques officielles permettant aux organisations d'évaluer l'interaction humaine. Le réseau social est évalué afin d'interpréter les relations entre les membres du personnel sur place, par exemple pour comprendre la façon dont le travail est transmis, si les équipes collaborent efficacement, pour détecter les cas de duplication de l'activité, et pour voir si le personnel externe (par exemple les contractants) s'adapte bien aux travaux. Ces techniques peuvent servir à identifier des variations possibles au niveau des procédures adoptées par des contractants spécifiques qui pourraient mener à des problèmes de sécurité à l'avenir. Une fois l'origine des problèmes compris, on pourrait assurer une formation cohérente et efficace entre groupes contractants.

L'un des plus grands risques sur un site minier est le manque de connaissances et de qualifications, étant donné qu'il est difficile de se préparer ou de faire l'expérience de situations de sûreté spécifiques. L'idéal serait que les employés soient confrontés le moins souvent possible à des problèmes de sécurité, mais la répétition et l'expérience sont les seuls moyens de renforcer leurs connaissances. Reste à savoir comment faire pour que les travailleurs fassent l'expérience de ce genre de situations sans les mettre en danger.

Les « jeux sérieux » (Serious Games) sont une technologie d'apprentissage qui permet de simuler tout un éventail de situations risquées de manière réaliste. Ces jeux sont très interactifs et proposent des centaines de situations dont le travailleur peut faire l'expérience et auxquelles il peut réagir. Cette technologie offre une forme d'apprentissage qui permet au travailleur de mettre la théorie en pratique dans un environnement simulé sûr, lui donnant ainsi la possibilité d'apprendre à un niveau plus approfondi.

Les technologies ont un fort potentiel, mais nous devons aussi bien réaliser que pour aspirer à un monde sans incidents liés à la sécurité, il faudra voir des améliorations au niveau des personnes, des processus, du développement des compétences, de la culture et de l'acquisition de connaissances. La technologie ne sera qu'un catalyseur. Dans un contexte où les organisations cherchent à adopter de nouvelles technologies de la sécurité, chacun de leurs nouveaux programmes ou initiatives devra judicieusement comprendre des plans officiels visant à modifier le comportement du travailleur, provoquer les bonnes actions et reconcevoir les processus de manière à promouvoir une plus grande sécurité, y compris un apprentissage plus réceptif.

Nous avons tous les outils en main pour rendre plus sûre l'exploitation minière. Utilisons-les.


David_Carter
David D. Carter est dirigeant de la section Industrie minière au niveau mondial chez IBM. Il a présenté le livre blanc d'IBM intitulé «Smarter Safety for Mining» (« Des solutions de sécurité plus ingénieuses pour l'exploitation minière ») lors du deuxième Global Mining IT & Communication summit (le sommet annuel mondial consacré aux TI et à la communication en exploitation minière), qui s'est tenu à Toronto en novembre 2013.

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Traduit par Karen Rolland

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