déc '14/jan '15

Énergie renouvelable

L'innovation financière en matière d'énergies renouvelables

Par Arnoldus Mateo van den Hurk

Pendant l'envolée des prix des marchandises, les sociétés minières cherchaient principalement à augmenter le rythme de production et à investir dans de nouveaux projets d'immobilisations en vue d'accroître l'offre. À cette époque, l'état des résultats était le principal paradigme de gestion en matière d'économie minière. Aujourd'hui, l'industrie minière à l'échelle mondiale s'est recentrée sur la maîtrise des coûts et la discipline en matière d'investissement. À l'heure actuelle, l'intérêt qu'accordent les investisseurs aux entreprises dépend davantage de l'efficacité avec laquelle elles procèdent à l'exploitation minière que de la quantité qu'elles exploitent, et également de leur aptitude à atténuer les risques. Dans ce nouveau contexte, les sources d'énergies renouvelables non conventionnelles (ERNC) telles que les cultures de la biomasse, les centrales hydroélectriques de petite taille, les centrales géothermiques, les miroirs générant de l'énergie solaire concentrée (ESC), les éoliennes ou les panneaux solaires peuvent contribuer à réduire les risques liés à l'approvisionnement en énergie. Pourquoi ? Tout simplement car les infrastructures fonctionnant aux énergies renouvelables tiennent lieu d'actifs miniers, alors que les options énergétiques couramment utilisées telles que le charbon, le diesel et le gaz, et même l'énergie hydraulique classique, sont maintenant devenues un problème pour l'exploitation minière.

Les partisans des projets d'ERNC doivent produire de nouveaux renseignements financiers (par exemple, des connaissances quant aux principes en matière de finance et de comptabilité) afin de mieux comprendre la valeur réelle des ERNC pour l'industrie minière. Cette nouvelle vision ne fait plus reposer les priorités en matière de comptabilité sur l'analyse de la valeur des ERNC à l'aide de l'état des résultats (et notamment de l'attention accordée aux pertes et profits), mais plutôt sur le bilan. De même, elle se concentre davantage sur les « économies cumulatives » en considérant les options énergétiques courantes comme un problème et les ERNC comme un actif à long terme. Je suggère donc que l'industrie adopte de nouvelles mesures énergétiques et des indicateurs de rendement clés (IRC) associés aux bilans et à l'évaluation des activités minières.

Si vous proposez un projet d'ERNC à plusieurs directeurs miniers chevronnés ou à des développeurs du domaine des ERNC, la première chose qu'ils exploreront sera souvent l'état des résultats. La plupart des directeurs de l'exploitation savent que c'est dans l'état des résultats que leur performance en termes de pertes et profits est enregistrée. Ils cherchent à faire des économies potentielles dans le cadre d'un projet d'ERNC et pourraient prétendre que les importants investissements de capitaux initiaux auront un impact négatif sur la notation financière de la société.

Cependant, si l'on donne la même série de données financières sur un projet d'ERNC à un investisseur expérimenté de Toronto ou à un membre chevronné du conseil d'administration d'une société minière, le premier relevé qu'ils chercheront sera généralement le bilan. Dans le cas présent, ils cherchent des chiffres qui pourraient révéler la valeur des infrastructures fonctionnant aux énergies renouvelables en tant qu'actifs à long terme (qui, à leur tour, pourraient renforcer la valeur de la société), et tentent de prouver que ces chiffres pourraient mener à une baisse du coût moyen en capital et que la valeur prévue d'une activité montre une tendance à la hausse qui, à terme, améliorera la notation financière d'une société. Si les prévisions s'avèrent être prometteuses, ils alloueront les dépenses en immobilisations initiales au vu du rendement du capital investi (RCI) intéressant et du renforcement des capitaux propres des actionnaires sur le long terme.

Cependant, de nos jours, de nombreux promoteurs de projets d'ERNC travaillant pour le compte de sociétés minières n'analysent pas les possibilités d'investissement à l'aide d'un bilan. Ainsi, ils ne voient que les premiers coûts considérables et cherchent à éviter de financer le contrepoids de l'investissement initial, et de nombreux projets finissent par être abandonnés.

Afin de bien communiquer l'intérêt que présentent les infrastructures fonctionnant aux énergies renouvelables, tout le monde doit bien se comprendre. La première étape qui permettra de bien comparer les options énergétiques courantes aux ERNC consistera à garder constantes d'autres variables opérationnelles affectant la profitabilité de la mine (par exemple, les prix des marchandises, la teneur du minerai et toute autre dépense). La deuxième étape consistera à justifier la hausse prévue du prix du modèle des options courantes sur la base des normes internationales établies par l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Ce sont les éléments fondamentaux de la méthodologie que j'emploie pour évaluer les projets dédiés aux ERNC. Ces paramètres visent à aider les partisans des projets d'ERNC, les directeurs de mines, les investisseurs ainsi que les directeurs de sociétés à saisir les projets sur lesquels ils travaillent d'un même point de vue. Les options d'énergies renouvelables dans l'exploitation minière évolueront en parallèle à l'instabilité des prix du diesel. Les exigences en termes d'espace et de dépenses en immobilisations constituent les principaux handicaps à l'adoption des énergies renouvelables dans d'autres industries. Mais dans le secteur minier, l'espace n'est pas un problème, et les renseignements financiers (en développant des modèles financiers tels que celui décrit dans le cas présent) transforment les menaces en possibilités et les problèmes perçus en actifs miniers.

ARNOLDUS VAN DEN HURK
Arnoldus Van den Hurk, titulaire d'un doctorat, est le fondateur et président directeur général de r4mining.com, un blogue indépendant sur l'innovation financière en matière d'énergies renouvelables dans les industries minière, du gaz et du pétrole. M. Van den Hurk possède une grande expérience professionnelle dans les domaines de la géologie, du génie minier, des finances et des énergies renouvelables. Il a récemment présenté sa méthodologie r4mining à l'occasion du sommet et salon sur les énergies renouvelables et l'exploitation minière, qui s'est tenu à Toronto. Pour plus d'informations, contactez-le par courriel à info@r4mining.com ou consultez www.r4mining.com.

Traduit par Karen Rolland


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