septembre 2013

Commentaire économique MAC

Les sociétés minières axent leurs efforts vers les énergies renouvelables

Par Brendan Marshall

Les technologies renouvelables et les aspects économiques de leur déploiement ont porté leurs fruits et continuent de le faire. L’énergie renouvelable exerce un attrait auprès des sociétés minières, car elle a le potentiel de réduire les coûts de l’énergie et les conséquences environnementales, tout en améliorant la sécurité énergétique et en consolidant le privilège de mener des activités dans les communautés.

Les coûts croissants de l’énergie ont amené les sociétés minières à se concentrer sur l’efficacité énergétique. Le rapport de 2012 sur la consommation d’énergie et les données connexes du Centre canadien de données et d’analyse de la consommation finale d’énergie dans l’industrie indique que la consommation d’énergie par les sociétés canadiennes d’extraction des métaux a diminué de près de 12 pour cent de 1990 à 2011. Le projet Vers le développement minier durable de l’Association minière du Canada, dont le protocole énergétique exige de tous les membres de fixer des cibles d’efficacité et de divulguer publiquement leur rendement à la lumière de ces objectifs, a largement contribué à cette amélioration.

Il n’en demeure pas moins que les coûts de l’énergie grimpent plus rapidement que les gains d’efficacité réalisés grâce aux mesures. De 1999 à 2010, la facture annuelle de l’énergie requise dans les processus miniers a plus que doublé, pour un total de 2,2 milliards de dollars en 2010 pour les sociétés minières canadiennes.

Cette augmentation des coûts s’explique en grande partie par l’éloignement de nombreuses mines canadiennes, l’absence d’infrastructure énergétique locale et la dépendance connexe à la production de diesel. De 1999 à 2013, le prix moyen du pétrole a décuplé, passant de 10 $ US à plus de 100 $ US le baril. L’ascension des coûts de transport a également augmenté le prix unitaire de la livraison de combustible, faisant grimpé le coût de production de certaines mines reculées à plus de 0,30 $ le kilowattheure.

Avec les prévisions à la hausse du coût du carburant, les sociétés minières accordent plus d’intérêt aux avantages que procurent les technologies de production d’énergie renouvelable. Le coût moyen actualisé de l’énergie éolienne, photovoltaïque, solaire à concentration et de certaines technologies d’énergie tirée de la biomasse a constamment diminué, améliorant ainsi la compétitivité par rapport aux technologies conventionnelles, particulièrement dans le cas de la production de réseaux autonomes. Un rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, publié en janvier, précise que le coût moyen actualisé de l’énergie produite par les technologies éoliennes, de biomasse et solaire en Amérique du Nord sont de 0,08 $, de 0,08 $ et de 0,16 $ le kilowattheure, respectivement.

Ces prix moyens n’incluent pas les coûts en capital additionnels associés au développement en région éloignée. Ils varient également en fonction de la qualité de la ressource renouvelable. Comme les sociétés minières doivent aller où se trouvent des dépôts valables, la production d’énergie renouvelable dépend de la puissance et de la fiabilité de la matière renouvelable. De fait de cette contrainte, la production d’énergie renouvelable ne peut donc pas être une solution énergétique de rechange pour l’industrie, peu importe à quel point les technologies s’améliorent.

Toutefois, pour les mines qui ont accès à une matière renouvelable viable, la diversification des sources énergétiques, soutenues par un système d’alimentation intermittent qui contrebalance à la fois la dépendance au diesel procure des avantages qui en valent le coût.

La sécurité énergétique est améliorée par la réduction de l’exposition de la société aux flambées des prix du carburant. Les énergies renouvelables peuvent également améliorer la sécurité de l’approvisionnement d’une entreprise. Certaines mines sont dépendantes du transport saisonnier, comme les routes de glace hivernales qui permettent la livraison de fournitures essentielles. La dépendance à une infrastructure saisonnière est tributaire des changements climatiques qui peuvent écourter abruptement la saison de l’approvisionnement en coupant des voies critiques. Contrebalancer le volume de carburant requis permet aux sociétés de s’adapter aux variables logistiques sur lesquelles elles n’exercent aucun contrôle.

Le parc éolien de la mine de diamant Diavik en est un bon exemple. Très dépendante des routes de glace pour son approvisionnement, l’hiver tempéré de 2006 a rendu la mine éloignée vulnérable aux conditions climatiques. La route de glace est devenue praticable tard dans la saison pour fermer hâtivement et l’épaisseur de la glace n’a pas atteint sa pleine capacité; la société a donc eu recours au transport par flottaison pour l’approvisionnement de millions de dollars de fournitures, notamment le diesel, à des coûts faramineux.

La construction de quatre éoliennes de 2,3 mégawatts (MW) devrait réduire de 10 pour cent la consommation annuelle de diesel, pour une économie de 6 millions de dollars chaque année. Qui plus est, la réduction de la consommation de diesel diminue de 6 pour cent l’empreinte carbone de la mine, soit l’équivalent de 12 000 tonnes d’émissions de dioxyde de carbone, et élimine environ cent déplacements de camions pour l’approvisionnement chaque année, atténuant par le fait même le risque d’approvisionnement.

Avec les pressions croissantes exercées sur l’industrie par les gouvernements, les investisseurs et autres parties intéressées à l’exploitation de manière durable, les avantages environnementaux, associés à la consommation réduite de carburant, diminuant ainsi les émissions de gaz à effet de serre, aident les sociétés à établir ou à consolider leur privilège de mener leurs activités dans des communautés qui se trouvent à proximité des dépôts miniers. En fonction de la compétence territoriale, la réduction des émissions peut également aider la société à respecter ses obligations de conformité en fonction d’un modèle climatique régional.

On peut voir une certaine métaphore dans la transformation de ressources limitées en solutions énergétiques durables. Il existe en effet une synergie naturelle entre l’exploitation minière et la production d’énergie renouvelable : les produits extraits sont transformés en technologies qui, une fois qu’elles ont achevé leur cycle de vie complet, contribuent à diminuer l’empreinte environnementale des sociétés minières, tout en amélioration l’efficacité et la fiabilité. Même si l’énergie renouvelable n’est pas une panacée miraculeuse, les aspects économiques de la production s’améliorent et les avantages qui y sont associés deviennent attrayants pour les sociétés minières éloignées qui peuvent les exploiter.


Brendan Marshall est directeur des affaires économiques à l’AMC. Il travaille à promouvoir les intérêts de l’industrie minière et étudie les questions économiques importantes comme la fiscalité, les échanges et les investissements internationaux, le transport, l’énergie et les changements climatiques, ainsi que l’innovation.

Traduit par SDL

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