septembre 2013

Perspectives en matière de ressources humaines

Gérer le cycle grâce à la planification de la main-d’œuvre

Par Courtnay Hughes et Sarah Zahid

Comme le secteur minier a connu un ralentissement au cours du premier semestre de 2013, les sociétés ont eu moins d’accès au financement et ont connu un affaiblissement des prix des marchandises. Le climat économique a créé un contexte d’affaires difficile dans lequel les entreprises minières se doivent d’être prudente pour demeurer concurrentielles. Certaines sociétés ont réagi en mettant en sourdine des projets d’exploration, tandis que d’autres se délestent de biens, réduisant ainsi les cibles de production et, dans certains cas, en faisant des mises à pied dans l’optique du ralentissement des activités.

La volatilité de l’économie n’est malheureusement pas le seul défi que doit affronter le secteur. À l’échelle mondiale, le secteur minier doit relever des défis importants dans l’attraction, le recrutement et la rétention de travailleurs qualifiés. Dans un récent sondage du Conseil des ressources humaines de l’industrie minière (RHiM) du Canada, les employeurs miniers estiment qu’environ 20 pour cent de leur main-d’œuvre atteindra l’âge légal de la retraite dans les trois à cinq prochaines années. Même dans un scénario réductionniste, le secteur minier devra embaucher 116 860 nouveaux travailleurs d’ici 2023, sans compter les 62 550 postes à pourvoir en raison des départs imminents à la retraite.

L’exposition du secteur aux aléas de l’économie continue d’être un défi de taille. En raison de la nature cyclique du secteur, la solide reprise de 2009 démontre bien le fait que le secteur minier, lorsqu’il est sur la voie de la reprise, se redresse rapidement. Cela est marqué par une concurrence effrénée pour la main-d’œuvre qualifiée, car les sociétés rivalisent entre elles pour trouver les ressources humaines nécessaires afin de mener leurs activités.

Au cours des dernières années, les entreprises minières sont devenues très conscientes des défis posés par la main-d’œuvre et pour y répondre, elles ont mis au point des stratégies créatives à ce chapitre afin d’atténuer ce risque. Une nouvelle étude du RHiM sur la planification stratégique de la main-d’œuvre met en évidence les diverses stratégies développées par les employeurs miniers et autres parties intéressées visant à embaucher des travailleurs pendant les fluctuations du cycle économique. Dans ce rapport, on voit que les organisations partagent à la fois les défis et les réussites grâce à ces stratégies, et on y dresse un portait utile de l’application de ces projets de main-d’œuvre.

Dans l’un de ces projets, Teck a mis en œuvre un programme de transfert des connaissances pour favoriser la rétention des connaissances propres à l’entreprise par la normalisation de projets de formation spécifiques et la validation de résultats de formation. Ce programme permet de répondre plus habilement à l’évolution des besoins en main-d’œuvre en prenant possession des connaissances critiques des travailleurs qui partent à la retraite pour les transmettre dans le cadre de formation des nouveaux employés.

Cameco a mis en œuvre une stratégie de planification de capacité pour mesurer et quantifier les besoins en main-d’œuvre pour établir des cibles de production future particulières. De plus, les stratégies de redéploiement ont été mises en œuvre par diverses organisations minières pour partager la capacité en ressources humaines entre les projets et retenir les talents pendant le cycle économique. Pour les sociétés minières qui possèdent de multiples sites, offrir à un employé la possibilité de travailler dans un autre endroit élargit ses connaissances propres à la société, réduit les coûts d’embauche à l’externe et peut être un important outil de d’avancement de carrière pour les employés qui passent à des postes supérieurs de direction.

Déployer des stratégies de main-d’œuvre à travers les hauts et les bas que connaît le secteur peut être décourageant, car les ressources sont rares et les pressions opérationnelles commandent des réductions de coûts. Aussi, consacrer temps et argent aux projets de main-d’œuvre semble contre-productif à court terme. Or, comme beaucoup d’entreprises l’ont démontré, demeurer dans la course à travers ces défis et être engagé au chapitre de la main-d’œuvre peut faire économiser beaucoup à long terme. Par une planification de la main-d’œuvre contracyclique, les sociétés réduisent les taux de roulement et le temps et les ressources consacrés au recrutement, et elles profitent de gains d’efficacité en raison d’un rendement amélioré et de la diminution des lacunes au niveau des compétences.


Courtnay_HughesSarah ZahidCourtnay Hughes, analyste de recherche à RHiM, dirige des projets de recherches en gestion stratégique des RH pour la planification de la main-d’œuvre, les partenariats entre institutions d’enseignement et le secteur d’activités et la diversité de la main-d’œuvre. Sarah Zahid, économiste du marché du travail à RHiM, participe à divers projets de recherche, notamment l’amélioration continue des modèles prévisionnels sur l’emploi du Conseil RHiM.



Traduit par SDL

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