Oct 13

Des fortunes en or

L’expansion de Lake Shore Gold ne tardera pas à être récompensée

Par Graham Chandler

Dans une activité comme la production d’or, le moment propice est parfois providentiel. C’est le cas pour la Lake Shore Gold Corp. qui, grâce aux prix de l’or très volatils actuels, est sur le point de présenter un flux de trésorerie net positif au premier trimestre dans les trois derniers mois de 2013. La société a terminé une importante expansion de son usine de traitement en septembre et a devancé l’expansion de ses mines au camp de Timmins. À son nouveau niveau de production de 3 000 tonnes par jour, la société vise maintenant une production de 140 000 onces par an et des dépenses d’environ 700 $ US par once – environ 30 pour cent de moins qu’en 2012.

L’origine de l’expansion de l’usine remonte à une décision d’intégration verticale, prise à la suite de l’engagement dans le développement de son gisement de Timmins West en 2007.

« Nous faisions un examen afin de déterminer ce que l’entreprise ferait ensuite », se rappelle Tony Makuch, président et chef de la direction. « Nous avons fait un examen stratégique et nous somme arrivés à la conclusion que ce qu’il y avait de mieux à faire était de passer de l’exploration à l’exploitation. » Pour que cela se produise, nous avions, naturellement, besoin d’une usine de traitement. Au même moment, Goldcorp mettait en vente l’usine de traitement Bell Creek adjacente. « Nous avons donc communiqué avec Goldcorp et acheté l’usine à la fin de 2007 », dit Makuch.

L’acquisition de l’usine était une acquisition en temps utile et d’une grande importance stratégique pour l’entreprise. « Nous avions terminé une étude préliminaire de faisabilité du gisement de Timmins West et identifié une occasion de développer la mine pour qu’elle produise de 70 000 à 75 000 onces par an », dit Makuch. Avec près d’un million d’onces dans ses réserves, qu’il faudra traiter au cours de la vie de la mine, Lake Shore avait besoin d’une usine qui pouvait faire le travail. L’entreprise a, depuis, ajouté le gisement de Thunder Creek, directement adjacent à Timmins West, pour créer une installation d’exploitation beaucoup plus grande que ce qui avait été prévu en 2007.

La course à la remise en état

L’usine de traitement de Goldcorp avait été mise en mode d’entretien et de maintenance. Il y avait donc énormément de travail à faire pour la remettre en état de fonctionnement. « Un plan de fermeture avait été établi pour le projet. Nous avons donc dû le modifier pour le ramener à un niveau opérationnel et le faire autoriser », dit Makuch. « Nous avons fait cela et avons pris la responsabilité pour le plan de fermeture du site. » Le processus s’est déroulé en plusieurs étapes : la capacité de l’usine fut portée de 800 tonnes à 2 500 tonnes par jour en décembre 2012. Cela se produisit avant que le prix de l’or ne subisse sa plus brutale chute des dernières années, au printemps dernier. Les plus récentes améliorations à l’usine, qui amenèrent la capacité de traitement de 2 000 à 2 500 tonnes, furent terminées à la fin de l’année dernière et consistèrent en l’expansion de la partie arrière du circuit. Les composants principaux de cette étape de l’expansion comprenaient un épaississeur, des réservoirs de lixiviation et des améliorations à la tuyauterie et aux systèmes d’eau. Lake Shore devait aussi apporter des améliorations au système de traitement à la chaux, à l’usine de floculation et à l’usine de criblage des résidus de lixiviation. Il a aussi été nécessaire d’effectuer d’importantes rénovations et mises à niveaux sur plusieurs systèmes internes clés, comme le système d’extraction électrolytique.

Les résultats, à ce jour, sont encourageants. Par exemple, la production moyenne de l’usine au cours du deuxième trimestre de 2013 était de 2 540 tonnes par jour, un peu mieux que la capacité actuelle de l’usine.

L’entreprise eut de la chance en 2011 lorsqu’elle eut l’occasion d’acheter un broyeur SAG prêt à l’emploi de Metso — un broyeur à boulets modifié fabriqué pour un autre client avant l’annulation de la commande. « Cela fut une excellente trouvaille pour nous », dit Makuch. « Nous avons pu trouver un broyeur qui aurait normalement nécessité un long délai d’approvisionnement. Mais le fait que nous avons pu le trouver, qu’il était déjà fabriqué et qu’il pouvait être utilisé nous a définitivement aidés en termes d’avancement de projet. Cela nous a donné un bon coup de pouce côté délai et nous aidé à comprendre l’ampleur de ce que nous devions construire. Il s’agissait d’un broyeur parfaitement adapté pour ce que nous voulions accomplir. » L’année 2011 vit une multiplication des projets d’expansion en Amérique du Nord et du Sud; il y avait donc une demande et une pression considérables sur les usines pour fabriquer ces broyeurs. « Je dirais que nous avons fait une économie de temps et d’argent de six mois à un an et d’environ cinq millions de dollars », dit Makuch.

Le projet d’expansion n’était pas sans soucis. « Affronter les pressions financières fut tout un défi », dit Makuch. « Il y avait un grand nombre de projets d’expansion en cours dans la région, y compris deux grosses mines à ciel ouvert et une autre mine souterraine. »

Potentiel de croissance supérieur

La plus récente étape dans l’évolution de l’expansion de l’usine Bell Creek de Lake Shore est d’augmenter la capacité de l’usine jusqu’à 3 000 tonnes par jour. Cette expansion touche la première section, ou voie sèche, du circuit : il s’agit surtout de terminer un bâtiment de vidange de camions qui peut recevoir jusqu’à 80 tonnes de minerai à la fois, un système de broyage qui comprend un concasseur à mâchoires C110 de Metso pouvant traiter 500 tonnes de minerai à l’heure, un dôme de stockage de minerai d’une capacité de 6 000 tonnes, et d’achever l’installation du broyeur et du bâtiment du broyeur mentionné plus haut. La mise en service de cette installation et l’augmentation de la production eurent lieu en fin juillet et, dès le début septembre, le nouvel objectif de rendement était atteint.

Vu qu’il y a d’autres projets prévus dans les cartons de Lake Shore, l’expansion de l’usine a été effectuée en gardant un potentiel de croissance à l’esprit. En fait, la nouvelle première section a été construite avec une capacité quotidienne de 5 500 tonnes. Pour amener tout le circuit de broyage à ce niveau, les mises à niveau à venir se feront surtout sur la partie arrière et on s’attend à ce que les coûts soient considérablement plus bas que ceux associés à la récente expansion. « Le circuit de broyage, le circuit de distribution de minerai et le broyeur lui-même peuvent produire jusqu’à 5 500 tonnes par jour », dit Makuch. « Ce qui est requis en aval du circuit est une capacité accrue de lixiviation et, pour cela, il faudra certainement modifier nos pompes et les conduites des pompes. »

L’entreprise prévoit développer ses opérations minières afin de pouvoir soutenir une capacité de production à longue échéance de 5 500 tonnes par jour. « Cela est tributaire d’une exploration plus poussée et de ce qui se passe sur le marché de l’or, mais nous avons des ressources existantes, à Gold River, de plus d’un million d’onces qui n’ont pas été développées », précise Makuch. « De même, à notre site de Bell Creek, nous avons une grande assiette de ressources en profondeur qui n’a pas encore été développée. »

Augmenter la production de cette façon est avantageux. « Nous pouvons augmenter la production sans avoir à ajouter des pièces coûteuses à l’usine », explique Makuch. Les coûts d’exploitation diminuent au fur et à mesure que la production augmente. « Au cours de la dernière année, la production est passée de 2 000 tonnes à 2 500 tonnes par jour et, maintenant, à 3 000 tonnes par jour sans que nous ayons eu à augmenter notre main-d’œuvre », souligne Makuch. Le coût viable tout compris par once, que Lake Shore espère se situera à 1 000 $ à la fin de l’année, diminue avec l’augmentation du volume.

Mark Utting, vice-président des relations avec les investisseurs pour Lake Shore, dit que la mise en service de la nouvelle expansion de l’usine est une avancée extrêmement importante pour l’entreprise. « Nous avons terminé l’expansion de l’usine et construit notre mine de Timmins West; nous pourrons donc soutenir une production d’environ 140 000 onces par année », dit-il. « Nous venons de terminer plusieurs années de dépenses en immobilisations et nous en sommes au point où, parce que notre production augmente, les coûts baissent; nous commençons à générer des liquidités et nos investissements en immobilisations diminuent parce qu’une bonne partie du travail et des investissements est terminée. » En effet, avec la baisse actuelle des prix, il s’agit d’un autre exemple de moment propice.

Traduit par SDL

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF