Oct 13

Montréal reçoit le monde minier

Un programme technique étendu et des discours prononcés en plénière ont alimenté la discussion lors du 23e Congrès international sur les mines

Par Herb Mathisen

Plus de 4 300 participants provenant de 65 pays se sont réunis à Montréal pour le 23e Congrès minier mondial pour parler affaires. Et il y avait beaucoup à dire. « À mon opinion, c’était la plus grande session technique de toute l’histoire des [Congrès] d’ICM et du Congrès minier mondial », nous dit le président général, Ferri Hassani.

L’événement du mois d’août s’avère être le premier congrès tenu au Canada en 55 ans d’histoire et se tenait également pour la première fois en marge du Symposium International de l’automatisation et de la robotique en construction, de l’exploitation minière et de l’exploitation pétrolière (ISARC). Le programme technique était vraiment exhaustif comprenant 14 volets , 20 en incluant les sessions de l’ISARC, qui avaient lieu simultanément sur une période de trois jours comportant des sujets comme la sécurité, la durabilité et l’engagement communautaire à l’égard des mines à ciel ouvert, du charbon et de l’économie minière. Hassani, professeur titulaire à l’Université McGill, affirme que les organisateurs ont révisé à deux reprises les résumés pour s’assurer de la haute qualité des présentations, réduisant les 1 200 résumés proposés à 550. « Je suis extrêmement touché par les commentaires fantastiques que nous avons reçus », a dit Hassani après l’événement. « Habituellement vous n’avez pas ces réactions. »

L’événement a permis de réunir des exploitants de mines et des fournisseurs en présence de chercheurs et de représentants des gouvernements pour participer à quatre jours d’ateliers, à des activités sociales et de réseautage et à des sessions techniques. Le congrès a accueilli des délégations de la Chine, de la Russie, de l’Ukraine, de l’Inde, du Brésil et de plusieurs autres pays et a été organisé par l’ICM en collaboration avec cinq universités majeures canadiennes spécialisées dans l’exploitation minière. À la séance plénière, Jacynthe Côté, Présidente directrice-générale de Rio Tinto Alcan, a expliqué l’approche adoptée par la société pour réduire les coûts alors qu’elle fait face à la chute des prix des produits de base et à la stagnation des taux de productivité des travailleurs canadiens pendant que les gisements gagnent en profondeur, que la teneur du minerai est plus faible et que les redevances augmentent dû au déficit des gouvernements. « Chaque pierre doit être tournée et retournée », dit-elle en faisant référence aux secteurs qu’il faut examiner pour accroître l’efficacité. Il sera important d’investir en innovation pour trouver des façons plus propres et moins coûteuses dans le domaine de l’extraction et du raffinage du minerai, a-t-elle ajouté.

Reprenant le fil de cette présentation, Mark Cutifani, Président directeur-général d’Anglo American, a prononcé l’allocution la plus provocante. Il a mis les professionnelles du secteur minier au défi de ne plus privilégier une vision à court terme et a souligné que l’industrie pétrolière et gazière dépense 80 pour cent de plus en matière d’innovation que l’industrie minière, selon le revenu généré par chaque industrie. Bien que l’industrie minière est un secteur qui se targue d’avoir des possibilités de croissance progressive et continue, les nouvelles technologies sont rares, dit Cutifani en ajoutant que les technologies d’extraction et de production utilisées aujourd’hui ont plus de 100 ans d’existence. Il a fait valoir que l’industrie doit améliorer sa réputation en améliorant le dialogue avec les gouvernements et les collectivités et en expliquant l’importance de l’industrie à la population. « Malheureusement, nous n’excellons pas à raconter notre histoire d’une manière que les gens peuvent comprendre et, plus important encore, qu’ils peuvent ressentir. Il y a encore trop de gens qui ne font pas le lien entre le rôle de l’exploitation minière et la nécessité des minéraux et des métaux dans une société moderne, industrialisée et fortement urbanisée », a-t-il dit. « Nous transformons la vie telle que nous la connaissons aujourd’hui ».

L’allocution de Cutifani a animé les gens de la salle, y compris Kyle Krater, un étudiant à la « Schulich School of Business Mining MBA ». Se tournant vers une carrière d’agent de liaison auprès des collectivités et des gouvernements, Krater a trouvé les sessions techniques inspirantes, particulièrement la présentation sur l’exploitation minière, le développement économique et celle au sujet des droits des autochtones par Ted Moses, président du Secrétariat aux alliances économiques de la nation Crie d’Abitibi-Témiscamingue. « Il n’y a pas de meilleurs moyens pour compléter l’enseignement que je reçois dans la classe que de participer à ces présentations et d’écouter les témoignages de ces groupes », dit Krater en ajoutant que les périodes de questions et réponses ont également suscité la réflexion. « À ce point dans leur carrière, les étudiants dans les classes ne peuvent pas avoir la vaste expérience que ces gens possèdent. »

La crise du leadership au sein de l’industrie et la difficulté de recruter de jeunes gens sont les principaux thèmes que Krater a retenus du congrès. « Personne n’avait vraiment apporter de solutions pour régler de problème », dit-il en ajoutant qu’il sera très intéressant d’y réfléchir et d’en discuter cet automne en classe.

Le congrès a présenté des représentants de différentes juridictions mondiales, offrant à 242 entreprises exposantes, principalement des fournisseurs, une visibilité à l’échelle internationale. « Nous sommes relativement nouveaux dans le secteur minier », dit Sophie Savard, directrice du marketing chez Rousseau Métal de Québec. Elle explique qu’en 2012, sa société a entrepris de commercialiser ses rayonnages, ses boites à outils et ses produits d’entreposage destinés à l’industrie. Savard nous confirme que des sociétés indiennes, des représentants de mines et d’autres sociétés nord-américaines ont démontré de l’intérêt.

Le 24e Congrès minier mondial aura lieu au Brésil en 2016.

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