Oct 13

Le grand essor

La mine de Mt Milligan redonne vie à deux villes de Colombie-Britannique

Par Andrew Livingstone

Lorsque l’industrie du bois d’œuvre de la Colombie-Britannique a subi une chute vertigineuse en 2008 à cause de la récession, Stephanie Killam, maire de Mackenzie, se demandait comment sa ville pourrait récupérer, voire même si elle pouvait le faire.

Quelques 1 000 emplois ont disparus, y compris des fermetures d’usines et des mises à pieds associées à la faiblesse du marché de l’habitation aux États-Unis. Construite comme une ville industrielle il y a presque 50 ans par Alexandra Forest Industries et Cattermole Timber, la ville de Mackenzie a toujours compté sur le secteur forestier pour créer des emplois et pour la stabilité économique de ses 4 500 citoyens. Les perspectives de la ville se sont articulées autour d’un projet qui date de vingt ans : la mine cupro-aurifère Mt. Milligan, située à 95 kilomètres à l’ouest, qui restait encore à mettre en œuvre.

Cependant, la mise en branle de la célèbre mine le 15 août, qui devrait atteindre une capacité de 60 000 tonnes par jour d’ici la fin de l’année, permet à la petite ville de sortir de la récession avec une vision à long terme et de la stabilité en vue.

Environ 80 nouvelles familles résident déjà à Mackenzie, dit Killam, qui était conseiller municipal depuis longtemps avant d’être élue maire il y a sept ans. Thompson Creek, la minière basée à Denver qui a repris le projet lorsqu’elle a acquis Terrane Metals en 2010, compte employer près de 350 travailleurs à sa mine à ciel ouvert. À pleine capacité, la mine produira une moyenne de 81 millions de tonnes de cuivre et 194 500 onces d’or annuellement tout au long de sa durée de vie estimée de 22 ans. En 2012, Mt. Milligan a injecté près de 125 millions de dollars dans les entreprises locales et, en novembre de cette année-là, le nombre d’employés travaillant à la mine a atteint 1 035 pendant les phases finales de la construction.

Mackenzie est ainsi devenue une ville dynamique. Plutôt cette année, 18 nouvelles parcelles de terrains résidentiels ont été développées et mises en vente. Même si ce chiffre représente encore peu, pour une ville qui n’avait pas connu ce niveau de développement résidentiel depuis 20 ans, cette croissance en dit long sur les perspectives de la ville obtenues grâce à la mine.

La zone industrielle de la ville, située le long d’une piste d’atterrissage de 5 000 pieds, est en voie d’être réaménager et la coopérative locale installe une escale de ravitaillement commerciale à carte-accès. Le nombre de médecins en ville a doublé depuis 2012 (il y en a quatre présentement) et un promoteur local planifie la construction d’un hôtel, d’un pub, d’un centre commercial et d’une buanderie, dit Killam.

Fort St. James, située à la même distance de la mine que MacKenzie n’a pas été aussi touchée par la récession (trois usines ont fermées mais deux ont éventuellement repris leurs activités) tire grandement profit de Mt. Milligan, affirme Emily Colombo, agente de développement économique. Au moins deux douzaines d’entreprises ont obtenu des contrats de construction dans le cadre du projet de construction de Thompson Creek en 2012.

Les résidents de Fort St. James étaient d’abord sceptiques quant à l’ouverture de la mine. « Ça été un sujet de conversation pendant des dizaines d’années », affirme Colombo. La mine a toutefois aidé la ville à devenir aujourd’hui la troisième collectivité qui croît le plus rapidement en Colombie-Britannique. Fort St. James a connu une croissance de 25 pour cent entre 2006 et 2011. Cette croissance n’est pas exclusivement associée à l’activité minière. « Nous constatons aussi l’arrivée de plusieurs personnes dans les secteurs de soutien, comme les propriétaires d’entreprises et les services public, notamment des agents de la Gendarmerie Royale et des enseignants », explique-t-elle.

« Nous avons plus de personnes que de maisons », poursuit Colombo. « Nous sommes presque pleins à craquer. Nous faisons face à une pénurie de logements. » La ville travaille à régler le problème avec les collectivités avoisinantes de Vanderhoof et de Fraser Lake. Les villes sont en discussion pour utiliser le logement régional afin de faire face à la pénurie. Fort St. James travaille aussi à élaborer une analyse des besoins de logements afin d’approcher d’éventuels promoteurs, dit Colombo.

En date de juillet, 69 pour cent de la main-d’œuvre minière provenait de la région immédiate (Mackenzie, Fort St. James et Prince George), avec 90 pour cent des employés à temps plein provenant de la Colombie-Britannique, selon le site web de la société.

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