Oct 13

L'industrie en bref

Par Peter Braul, Herb Mathisen, Andrea Nichiporuk, Dinah Zeldin

Le nouveau premier ministre d’Australie promet de revitaliser l’exploitation minière

Tony_Abbott

Récemment élu premier ministre d’Australie, Tony Abbott est considéré favorable à l’industrie minière, ayant fait campagne pour abolir l’impôt controversé exigé des sociétés minières | Offert par Troy Constable

Tony Abbott est débarqué au bureau du premier ministre d’Australie en septembre en promettant d’alimenter les feux économiques du pays. Premier conservateur élu premier ministre d’Australie depuis six ans, Abbott prend la barre au moment où la croissance économique du pays est chancelante, résultat en partie d’une réduction de la demande des ressources naturelles du pays.

Au deuxième trimestre de 2012, l’économie australienne a progressé de 3,7 pour cent par rapport au même trimestre de l’exercice précédent, mais cette année le pourcentage a reculé à 2,6 pour cent pour la même période.

« Les défis sont énormes », dit Abbot. « Nous devons abolir la taxe sur le carbone, nous devons construire des routes, nous devons redresser notre situation budgétaire. » Les taxes imposées aux sociétés minières ont été au centre des débats pour plusieurs premiers ministres australiens des dernières années. Le prédécesseur d’Abbott, Kevin Rudd, a perdu la direction du parti travailliste en faveur de Julia Gillard en 2010, suite à sa proposition d’imposer une super taxe de 40 pour cent sur toutes les activités d’extraction. Gillard a été premier ministre de 2010 jusqu’à la fin juin 2013 et a finalement institué une taxe de 30 pour cent sur les profits supérieurs à 75 millions de dollars australiens avant que Rudd reprenne la direction du parti cet été, avant les élections de septembre.

Il reste à voir si les promesses électorales d’Abbott d’abolir la taxe sur l’exploitation minière de Gillard et la taxe sur le carbone relanceront l’industrie minière et l’économie.

– Peter Braul

Un entrepreneur congédie toute son équipe de travail en dépit de menaces de mort.

Confronté à quelques pommes pourries, Leonard Banga, propriétaire de la Xtreme Mining and Demolition Inc. de Saskatoon, a décidé de mettre à pied les 200 travailleurs de son équipe en juin. De ces mesures draconiennes a suivi une série de menaces, d’agressions et d’affrontements qui ont été documentés dans une enquête de sécurité au travail et de harcèlement conduit par le ministère des Relations du travail et de la Sécurité au travail. Selon un journal de Saskatoon, The Star Phoenix, Banga n’a réembauché que ceux qui ont fait l’objet d’une procédure intense de sélection visant à éliminer les Hells Angels de son équipe de travail.

Lorsque Xtreme a remporté son premier contrat en 1998, Banga a embauché des employés d’expérience provenant d’équipes de travail d’autres entrepreneurs dont une demi-douzaine faisait partie de la tristement célèbre gang de motards. Les choses se sont d’abord déroulées facilement pendant que Xtreme obtenait des contrats de plusieurs mines de potasse en Saskatchewan, y compris Allan, Agrium, Mosaic Esterhazy et plusieurs activités d’exploitation de PotashCorp.

Par contre, des problèmes sont apparus l’automne dernier lorsqu’un employé d’Agrium Vanscoy a surpris un employé de Xtreme à dormir lorsqu’il était au travail. L’employé d’Agrium a été menacé de violence s’il signalait cet incident, ce qu’il a quand même fait et Banga a congédié le motard endormi. Cet incident a marqué le début d’un effort de nettoyage de l’équipe malgré les menaces et la violence qu’il subissait personnellement.

En janvier, Banga demanda au ministère de conduire une enquête de sécurité à son entreprise qui a mis au jour une série d’incidents de harcèlement et de menaces, ainsi que de la réticence de la part des employés de Xtreme à parler ouvertement de la situation. Par conséquent, un membre des Hells Angels a été empêché de travailler comme superviseur de mines en Saskatchewan. Une fois le processus de réembauche terminé, les employés de Xtreme ont confirmé qu’ils se sentaient davantage en sécurité au travail, mais les problèmes de Banga ne sont pas encore réglés. La police de Saskatoon l’a avisé qu’il serait encore en danger.

– Dinah Zeldin

Escondida investit 3,5 milliards de dollars dans le dessalement des eaux

Cet été, des travaux ont débuté sur une station de dessalement par osmose inverse pour la société Escondida située près d’Antofagasta, au Chili. L’investissement est conçu pour fournir 2 500 litres par seconde d’eau de mer dessalée aux nouvelles installations de concentrateur de la mine qui exploite 152 000 tonnes par jour, connu sous le nom de OGP1. Cette mine utilise le processus de dessalement de l’eau de mer depuis 2006.

« Il est absolument prioritaire pour les producteurs de cuivre du Chili d’assurer un approvisionnement durable en eau pour la région du désert d’Atacama », a dit Peter Beaven, président de Billiton Copper, ajoutant que les nouvelles installations permettront de réduire la dépendance de l’exploitation aux aquifères de cette région aride. BHP Billiton est l’actionnaire majoritaire de la mine avec une participation de 57,5 pour cent.

Doosan Heavy Industries de Corée a obtenu un contrat évalué à 106 millions de dollars pour fournir et installer la station et surveiller la construction et la mise en service. L’eau douce pourra se mettre à couler de la station dans trois ans selon les estimations de la société.

La mine a bénéficié d’une qualité de minerai supérieure et de l’achèvement de grands travaux d’entretien, ce qui a mené à une augmentation de 28 pour cent de la production de cuivre par rapport à l’an passé. Cette nouvelle installation de concentrateur en cours de développement permettra non seulement d’augmenter la capacité de la mine, mais aussi d’avoir accès à du minerai plus riche en procédant à la démolition des vieilles installations Los Colorados.

– P.B.

Les Saamis protestent contre la mine de minerai de fer

Au mois d’août, la police suédoise a procédé à la levée d’une barricade installée par le peuple autochtone des Saamis qui ont empêché l’accès au projet Kallak d’exploration de minerai de fer de la société Beowulf Mining, à environ 1 000 kilomètres au nord de Stockholm. Les manifestations visaient les tests d’extraction que doit compléter Beowulf pour évaluer les ressources. Les Saamis ont traditionnellement élevé les rennes dans cette région.

Le président et directeur général de Beowulf, Clive Sinclair-Poulton, dit que la coexistence est possible. « Si les Saamis ont des problèmes liés à l’élevage des rennes, alors discutons-en et voyons si nous pouvons trouver un compromis », dit-il au bulletin Proactiveinvestors.

Le gouvernement suédois a récemment déclaré que l’exploitation minière a plus d’intérêt public que l’élevage des rennes et a accordé à Nickel Mountain AB trois permis d’exploitation minière pour son projet Rönnbacken près de la ressource de Beowulf.

– P.B.

Pas d’argent, pas de problèmes

Le mois de novembre approche rapidement et les hommes partout dans le monde se prépare à faire pousser leur moustache pour supporter la campagne Movember. Pendant cet événement mondial, nous voyons des hommes ou Mo Bros se faire pousser la moustache et recueillir des dons au profit de la recherche sur le cancer de la prostate et des testicules et pour les programmes de santé mentale. On ne s’attend pas à ce que les femmes ou Mo Sistas se fassent pousser une moustache, mais elles sont encouragées à participer et à susciter de l’intérêt pour les problèmes de santé des hommes. L’an dernier dans le secteur minier canadien, 22 équipes comprenant 343 travailleurs miniers ont uni leurs efforts et ont amassé 141 208 dollars. Grâce à l’implication des travailleurs miniers, le Grand défi de l’industrie minière a vu le jour.

« L’idée d’unir les efforts de l’industrie est celle d’un Mo bros et permet d’afficher cet étonnant soutien à la cause de la santé des hommes par leur collectivité », dit Jeff Lohnes du mouvement Movember Canada. « Les principales équipes qui ont mené la charge pour rendre cette initiative possible étaient composées de gens de cœur de Teck Resources, Kinross Gold et Aecon Mining. Les Mo bros de chacune de ces sociétés ont vraiment pris les chose en main avec le soutien étonnant de Movember ».

Matt Rosales, qui s’est joint à une des 12 équipes de Teck, était fier de contribuer à cette cause. « Le fait de se faire pousser la moustache fait de chacun d’entre nous un panneau d’affichage pour la cause des problèmes de santé des hommes et invite nos collègues, nos amis et les membres de nos familles à prendre un moment pour réfléchir à notre santé et à notre bien-être », dit-il. « La combinaison de plaisir, de camaraderie, de sensibilisation et de cueillette de fonds fait de cet événement d’un mois un parfait lien entre Teck et ses employés. » Pour soutenir vos Mo Bros et vos Mo Sistas miniers, visitez movember.com et recherchez le Grand défi de l’industrie minière dans le site.

– Andrea Nichiporuk

Anglo-American va de l’avant avec son projet d’extraction de charbon en Colombie-Britannique

Au mois d’août, Anglo-American a entrepris des travaux sur le site de son projet Trend-Roman, une expansion de 200 millions de dollars de sa mine de coke métallurgique près de Tumbler Ridge au nord-est de la Colombie-Britannique. Par la construction d’une mine à ciel ouvert adjacente à l’actuelle mine Trend, ce projet devrait augmenter l’espérance de vie des installations de 16 ans et hausser la production de 1,6 millions de tonnes à 2,5 millions par année.

En décembre dernier, la société a reçu un certificat d’évaluation environnementale du gouvernement de la Colombie-Britannique et s’est vu accordée un permis d’exploitation amendé au début du mois d’août. Les travaux ont déjà débuté, y compris l’abattage d’arbres, la construction d’infrastructures de gestion des eaux, des structures de contrôle des sédiments et des routes d’accès. « Nous voulons profiter au maximum de la saison la plus propice à la construction », dit Federico Velasquez, directeur canadien des Affaires Extérieures.

L’octroi d’un deuxième permis amendé prévu pour le premier trimestre de 2014 permettra à Anglo American de procéder à la construction de la Phase 2. Cette phase inclura la création de trois puits additionnels, un réseau d’accès aux mines et des routes de transport, des digues réalisées avec des rebuts rocheux et des infrastructures de gestion des eaux supplémentaires.

Entre-temps, la société conclut des ententes avec les premières nations de la région. Des accords d’avantages économiques avec les premières nations de West Moberly et avec les bandes de McLeod Lake ont été conclus, ainsi que des accords de principe avec les premières nations de Halfway River et des accords de négociations avec les premières nations de Saulteau.

– D.Z.

Le président-directeur général de Uralkali derrière les barreaux

La société Uralkali de Moscou a secoué l’industrie de la potasse cet été lorsqu’elle a annoncé qu’elle se retirait du partenariat commercial avec Belaruskali, une société publique de la Biélorussie. Vladislav Baumgertner, président-directeur général de la société a maintenant le temps de réfléchir à cette décision à la suite de son arrestation lors d’une visite avec le premier ministre Biélorusse à la fin d’août. Le gouvernement russe a exigé sa libération immédiate et au moment de la rédaction du présent article, le chef de la direction de la plus grosse exploitation de potasse mondiale est toujours en prison à Minsk en Biélorussie, accusé d’« abus de pouvoir et de fonction ».

L’arrestation de Baumgertner est survenue quelques semaines après qu’il ait annoncé le retrait d’Uralkali de Belarus Potash Co, une coentreprise avec Belaruskali. La décision d’Uralkali a été prétendument motivée par le fait que ses partenaires commerçaient hors de l’entente laissant Belaruskali avec une infrastructure de commerce mondial limitée et bouleversant le marché mondial de la potasse. Les autorités biélorusses prétendent que les directeurs et les actionnaires d’Uralkali ont vendu une partie de leurs actions avant de se retirer de l’accord de partenariat commercial et qu’ils les ont rachetées après que les prix aient chutés. Baumgertner et d’autres employés d’Uralkali auraient prétendument utilisé à mauvais escient 100 millions de dollars américains et auraient fait subir de graves préjudices à l’État.

Selon Uralkali, l’arrestation avait des motifs politiques et a été effectuée pour « causer des dommages à Uralkali, le principal concurrent de la société publique Belaruskali ». L’avocat de Baumgertner, Dmitry Goryachko, poursuivra son appel de la décision à la cour municipale de Minsk.

Baumgertner fait face à deux mois dans un centre de détention provisoire et à plus de 10 ans de prison s’il est trouvé coupable. Les fonctionnaires biélorusses ont aussi émis un mandat d’arrestation pour le principal actionnaire d’Uralkali, Suleiman Kerimov, et pour quatre autres cadres de la société soupçonnés par le Comité d’instruction biélorusses d’être impliqués.

– D.Z.

Nouveaux développements à New Prosperity

Cet été, Fish Lake a de nouveau été le centre d’attraction pendant le panel de discussions sur l’étude d’impact environnemental de Taseko à New Prosperity. Les premières nations de la région, des citoyens, des politiciens et des groupes environnementaux sont intervenus avec leurs opinions pendant les 30 jours de la séance de revue au sujet du projet de la mine d’or et de cuivre à ciel ouvert, faisant partie du processus d’évaluation environnementale de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale. Ceci marque la deuxième tentative de Taseko d’obtenir l’approbation du gouvernement fédéral pour son projet. En novembre 2010, le projet a été rejeté en partie à cause des incidences sur l’habitat des poissons et des ours grizzly. La conception du projet initial selon lequel Taseko aurait vidé le lac Fish pour s’en servir comme zone de résidus a reçu l’approbation provinciale.

Lors de la préparation de l’étude, le PDG de Taseko, Russell Halbauer, a vanté les avantages du projet d’un milliard de dollars s’attendant à créer 700 emplois sur une durée de vie de la mine de 20 ans. Il a ajouté que Taseko s’est engagée à dépenser un montant additionnel de 300 millions de dollars pour réaménager la zone des résidus et des déchets de la mine loin de Fish Lake.

Certaines premières nations se sont opposé au projet à cause des inquiétudes qu’ils avaient au sujet de la réorganisation, croyant qu’elle aurait quand même une incidence négative sur l’habitat des poissons dans le lac Fish. Pour dissiper ces doutes, la société a proposé de détourner les déversements du lac Fish vers un ruisseau pour combattre l’eutrophisation et ainsi protéger l’habitat des poissons. Toutefois, trois ministères fédéraux – Environnement Canada, Ressources naturelles Canada et Pêches et Océans Canada – ont contesté la nouvelle méthode et ont demandé plus d’information et de données relatives au projet de détournement. « Environnement Canada s’inquiète que la mesure d’atténuation du détournement proposée pour gérer la qualité de l’eau et la productivité biologique de Fish Lake n’a pas fait ses preuves à cette échelle et nécessiterait une intervention additionnelle pour en assurer le succès », a souligné le ministère dans une observation écrite. « Le niveau élevé d’incertitude concernant le dispositif de détournement proposé par le promoteur possède des éléments préoccupants considérant l’objectif de préservation de Fish Lake. Taseko a répondu en s’engageant à fournir plus de données et à augmenter les activités futures de suivi. Le gouvernement fédéral devrait se prononcer sur le projet plus tard cette année.

– Herb Mathisen

Le PDG et le Directeur des opérations de Barrick démissionnent

African Barrick Gold a connu tout un mois. Greg Hawkins, président-directeur général de la société, a démissionné le 21 août et moins d’un mois plus tard, le 11 septembre, Marco Zolezzi, directeur des opérations, a également démissionné. Les démissions surviennent après que la société a annoncé une perte nette de 729 millions de dollars américains causé par une dépréciation d’actifs de 741 millions de dollars américains durant le premier semestre de 2013.

Bradley Gordon qui possède 30 ans d’expérience dans le secteur aurifère remplace Hawkins. Gordon était un cadre supérieur avec Placer Dome et président-directeur général d’Intrepid Mines, une société d’exploration et de développement ayant la majorité de ses activités en Indonésie. African Barrick Gold, basée à Londres et détenue à 74 pour cent par la société Barrick Gold, exploite trois mines en Tanzanie ayant en plus des activités d’exploration et de développement en Afrique. La société a reçu des propositions de vente en janvier de cette année avant que Barrick refuse de vendre à China National Gold Group.

Lors de son exercice financier du premier semestre, African Barrick Gold a annoncé qu’elle avait la possibilité de réduire les coûts de 185 millions de dollars dans le cadre de son plan de réduction de dépenses, dont 100 millions de coupures seront faites cette année. « Il est impératif que nous agissions immédiatement et que nous développions davantage les initiatives que nous avons relevées dans notre examen opérationnel », a dit Gordon lors de sa nomination.

– H.M.

Un vice-président-de l’exploration canadien libéré par les ravisseurs

Après avoir été en captivité pendant 221 jours, le canadien Gernot Wober a été libéré par les guérilleros colombiens à la fin du mois d’août. Wober, vice-président de l’exploration de Braeval Mining Corporation, a été pris en otage par l’Armée de libération nationale (ELN) pendant qu’il effectuait des travaux d’exploration à la mine Snow en Colombie. Le 18 janvier. la ELN a demandé à la société d’interrompre ses travaux dans la région de la Bolivie. En juillet, Braeval a annulé les quatre titres miniers de Snow, abandonnant de fait son projet.

Un porte-parole de la société, Chris Eby, a dit que Wober a refusé de commenter son épreuve de sept mois, mais a confirmé qu’il demeurait un employé de la société. « Gernot a décidé de se concentrer sur l’avenir et de retourner dans le feu de l’action pour chercher des propriétés minières afin que Braeval puisse se développer », a dit Eby.

– H.M.

Rio Tinto Alcan fermera sa fonderie de Shawinigan plus tôt que prévu

Rio Tinto Alcan a annoncé le 7 août qu’elle fermera sa fonderie de Shawinigan, au Québec, une année plus tôt en réduisant immédiatement la production d’aluminium de 50 000 tonnes et en réduisant la balance de production progressivement et complètement d’ici le mois de novembre. Les prix de l’aluminium ont atteint un niveau record en avril 2011, atteignant 2 667,42 dollars américains la tonne et retombant à 1 769,61 dollars américains la tonne en juillet 2013. Ce fait a été un facteur déterminant dans la décision de fermer une usine vieille de 72 ans. « En raison de l’âge de la technologie et de la faiblesse des prix de l’aluminium, la capacité de l’aluminium de première fusion à Shawinigan n’est pas rentable », a dit Claudine Gagnon, conseillère en communication. Plus de 400 travailleurs étaient à l’emploi de la fonderie au moment de l’annonce.

– H.M.

Traduit par SDL

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