Oct 13

Le fédéral prolonge le programme GEM

Le programme de cartographie du Nord canadien reçoit un coup de pouce de 100 millions de dollars

Par Virginia Heffernan

Le programme canadien de géocartographie de l’énergie et des minéraux (GEM), conçu pour fournir une compréhension approfondie de la géologie du Nord, a été prolongé jusqu’en 2020, une fois que le gouvernement a engagé un montant supplémentaire de 100 millions de dollars.

Le Premier ministre Harper a annoncé la prolongation du programme à Rankin Inlet, au Nunavut, lors de sa tournée du Nord. « Notre gouvernement renouvèlera le financement du programme canadien de géocartographie représentant un investissement qui permettra de terminer le travail », dit-il. « En d’autres mots, un investissement qui sera suffisant pour créer des cartes géologiques d’échelle locale modernes et des ensembles de données qui couvriront toute la région nordique du Canada ».

« Le programme a essentiellement pour but de rejoindre les priorités du Premier ministre en termes de souveraineté et de développement social et économique du Nord », dit Ross Gallinger directeur administratif de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (ACPE) qui préconise la prolongation du GEM. « À long terme, ce programme stimulera probablement des dépenses d’exploration de plus de 500 millions de dollars dans le Nord et mènera aux découvertes d’une valeur qui excéderont plus de 12 milliard de dollars », a-t-il prédit.

Selon les statistiques du gouvernement, la première phase du programme GEM a généré 40 millions de dollars d’occasions d’emploi directs et d’investissements indirectes d’un montant supérieur à 300 millions de dollars. Les dépenses d’exploration par le secteur privé suite à la première phase du programme de 100 millions de dollars de 2008 à 2013 représentent jusqu’à présent près de 17 millions de dollars et comprennent des travaux dans la péninsule de Melville, au Nunavut, qui permettront d’explorer davantage la découverte de minerai de fer de Tuktu et la prospection de diamants dans le sud-est de l’Île Baffin. Gallinger affirme que le retour sur investissement pour la première phase du programme GEM n’en est qu’à ses débuts. « Le deuxième ensemble de cartes de la première phase du programme a été publié il n’y a que deux semaines, permettant de voir qu’une partie des données », a-t-il dit au début septembre.

Au début du mois d’août, le bureau du Premier ministre a publié 32 ensembles de données couvrant principalement la région Kivalliq au Nunavut. Un relevé massif de till dans la région de Chantrey Inlet au nord-ouest de Rankin Inlet a démontré le potentiel de nickel, de cuivre et de métaux précieux, pendant qu’un nouveau relevé géophysique dans la région du Lac Duggan à l’ouest de Kivalliq a indiqué la présence de types de roches avec un haut potentiel d’or, de cuivre et de faille associée avec la minéralisation uranifère. GEM a produit plus de 700 cartes durant sa première phase comprenant des cartes et des ensembles de données rendus publics au fur et à mesure qu’ils étaient terminés.

La deuxième phase du programme GEM continuera d’enregistrer les structures géologiques et leur évolution et de modéliser les environnements associés au pétrole et aux gisements de minerai, dit Jacinthe Perras, porte-parole de Ressources naturelles Canada, qui supervise le programme. En utilisant des techniques interprétatives modernes pour analyser les données provenant de diverses sources, y compris les observations au sol, les techniques géophysiques et géochimiques les plus récentes, les géoscientifiques du gouvernement espèrent découvrir de nouvelles pistes relatives au potentiel de ressources de la région.

Environ 60 pour cent du Nord canadien, au nord du 60e parallèle, n’a pas encore été cartographié au moyen des normes modernes de cartographie. GEM 1 comportait 21 projets dans les trois territoires du Nord et les régions du nord de l’Ontario, du Québec, de la Colombie-britannique, de la Saskatchewan, du Manitoba et de Terre-neuve-et-Labrador. Les domaines prioritaires de GEM 2 seront déterminés après consultation avec les provinces et les territoires ainsi que les collectivités de la région, selon Perras.

Le programme GEM est l’une des initiatives de financement consacrées au développement des ressources dans le Nord comprenant 5,6 millions de dollars pour financer la création du nouveau Centre for Northern Innovation in Mining (CNIM) à Whitehorse, au Yukon, et près de 6 millions de dollars pour la formation minière des autochtones dans les Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut. Les annonces de financement font partie d’une stratégie fédérale plus vaste pour le Nord, comprenant la dévolution des terres et de la gestion des ressources aux différents territoires, ce qui permet aux gens du Nord d’avoir un meilleur contrôle sur le processus décisionnel.

La récente tournée du Nord du Premier ministre a mis l’emphase sur le fait que l’amélioration de la géoscience n’est qu’une partie du casse-tête que représente le développement des ressources de la région.

Lors de la conférence des ministres de l’Énergie et des Mines tenue en août à YellowKnife, dans les Territoires du Nord-Ouest, le ministre territorial de l’Industrie, Dave Ramsay, a demandé un financement fédéral de 600 millions pour améliorer les routes, les aéroports, les ponts et autres infrastructures sur une période de dix ans

« Nos deux nouveaux territoires ont les infrastructures les plus sous-développées », nous dit Tom Hoefer, directeur administratif de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut. « Nous avons le niveau le plus bas de cartographie scientifique, les niveaux d’éducation parmi les plus bas et un environnement réglementaire complexe. Toutes ces choses demandent beaucoup d’attention ».

Traduit par SDL

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