novembre 2013

Se sentir chez soi, même loin

L'accès aux communications et la confidentialité sont des points importants pour les travailleurs des mines reculées

Par Dave Kaufman

Une étude australienne récemment publiée a qualifié la confidentialité et l'accès aux communications comme les deux plus importants facteurs de satisfaction à long terme des travailleurs de mines se trouvant dans des zones reculées.

Philipp Kirsch, l'un des auteurs de l'étude du Centre de responsabilité sociale dans l'exploitation minière de l'université de Queensland, expliquait que les données montraient comment améliorer le vécu des travailleurs faisant la navette entre leur lieu de vie et le site minier. « Le message le plus important est que tout le monde veut avoir accès à la communication », déclarait M. Kirsch. « Une fois leur journée de travail terminée, les employés veulent pouvoir communiquer avec leurs familles et amis à tout moment. »

M. Kirsch insistait sur l'importance de ce qu'il appelle « les 4 P » : respect de la vie privée, espace personnel, communication permanente et paix. « Vous pouvez avoir votre espace personnel dans une pièce partagée, mais ces personnes ne souhaitent vraiment pas partager leur chambre », déclarait-il.

L'idée à l'origine de cette étude est apparue lorsqu'une société minière australienne a souhaité déterminer s'il existait un lien quelconque entre la qualité des logements qu'elle proposait à ses employés et l'engagement de ces derniers à rester à leur poste. Comme l'expliquait M. Kirsch, les employés effectuant des déplacements entre leur domicile et leur lieu de travail sur de longues distances sont des travailleurs non résidants qui effectuent de longs trajets pour se rendre sur leur lieu de travail et vivent dans des logements temporaires pendant leur rotation.

La majorité des travailleurs FIFO interrogés (environ 300) déclarait être globalement satisfaits de ce mode de vie professionnelle dans des zones reculées, et 75 % ont déclaré se trouver en bonne ou très bonne santé mentale et physique. Cependant, 60 % ont avoué que ce mode de vie professionnelle avait une influence négative sur leur vie personnelle et de famille.

L'un des résultats qui avait beaucoup étonné M. Kirsch était que 44 % des personnes interrogées prévoyaient de changer de travail dans les 12 mois à venir, expliquant qu'ils « souhaitaient mieux gagner leur vie, trouver un plus grand équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et progresser sur le plan professionnel. »

« Ces personnes sont bien payées, elles sont globalement assez satisfaites dans leur travail, et pourtant certaines cherchent tout de même à trouver autre chose », déclarait M. Kirsch.

Pour améliorer le vécu des employés travaillant à la mine de nickel Raglan, propriété du groupe Glencore dans le nord du Québec, le directeur des RH de l'exploitation Marc Lucas expliquait que la mine a demandé à ses travailleurs de systématiquement transmettre leurs impressions quant à la vie sur le camp minier plutôt que d'attendre les retours.

« Nous avons dans le passé mis à disposition des employés des boîtes à suggestions, mais nous encourageons désormais activement le dialogue ouvert avec le département des RH ou par le biais de la voie hiérarchique de supervision », expliquait-il, ajoutant qu'un comité conjoint dédié à la santé et la sécurité était chargé de gérer les problèmes avant qu'ils ne deviennent risqués ou sources de discorde. Il expliquait que les dirigeants organisent désormais des réunions officielles ou non avec le personnel et les employés syndiqués pour entendre la voix des travailleurs sur le site. Ils ont a également formé des comités de personnel et syndicaux, appelés respectivement « comité bonne entente » et « comité organisation du travail », lesquels se réunissent chacun huit fois par an pour débattre des problèmes survenant sur le site minier.

Les lieux de vie offerts par la mine sont au cœur de nombreuses initiatives pour assurer la satisfaction du personnel de la mine Raglan faisant la navette entre son lieu de vie et le site minier. Par exemple, les seules personnes partageant des chambres sur le site de la mine sont des couples. « Nous pouvons loger 800 personnes », déclarait M. Lucas. « Nous n'obligeons personne à partager son espace. »

La mine Raglan dispose d'une salle de gym de dimension normale pour des activités sportives telles que le volleyball, le basketball, le hockey en salle et autres, ainsi que des salles d'entraînement comprenant des machines pour aérobic, des tapis roulants et des séries complètes d'haltères. M. Lucas ajoutait qu'il était très important « d'avoir une connexion sans fil dans tout le complexe, de manière à ce que les travailleurs du site puissent rester connectés à leur famille vivant dans le Sud. » Une fois par mois, la mine Raglan fait venir un comédien, un humoriste ou un groupe de musique pour donner aux travailleurs le sentiment de mener une vie normale, même si loin de chez eux.

D'après les auteurs de cette étude australienne, il est très important pour les travailleurs d'élaborer des plans d'amélioration sur les camps miniers et dans les logements afin de rendre plus agréable leur espace personnel, d'augmenter leurs moyens de communication et de respecter leur vie privée. La gestion des mines pourrait également accorder davantage d'importance à la sensibilisation des travailleurs aux problèmes qui peuvent survenir dans le cadre de ce mode de vie impliquant des déplacements entre leur domicile et leur lieu de travail sur de longues distances. L'étude propose que les dirigeants développent une base de référence en matière de santé physique et mentale dans le cadre d'évaluations initiales de la condition physique des personnes travaillant sur des sites reculés qui permettraient également de suivre leur santé mentale et physique.

L'équipe mène une étude similaire au Canada.

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