novembre 2013

La première impression d'un œil exercé

L'intégration de la RSE dans des programmes de géologie et d'ingénierie pourrait profiter à l'industrie.

Par Correy Baldwin

En mai 2003, la société Meridian Gold a abandonné son projet Esquel Gold dans le sud de l'Argentine car elle s'est trouvée confrontée à une opposition écrasante de la part de la communauté locale. Les résidants de la ville d'Esquel expliquaient que dès le commencement du projet, la société n'avait pas tenu compte de leurs inquiétudes, aussi ils avaient demandé l'arrêt du développement. Meridian Gold a perdu son permis social d'exploitation et a dû céder.

« Cette erreur lui a coûté 381 millions $ et elle aurait pu être évitée », expliquait Jan Boon, scientifique émérite à Ressources naturelles Canada et membre du Comité exécutif du Centre d'excellence de la responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Les sociétés ont tendance à embaucher des professionnels de l'engagement communautaire pour communiquer avec les communautés locales, mais les problèmes peuvent apparaître très tôt. Par exemple, les premières impressions générées par les géologues ou les ingénieurs, qui sont souvent les premiers employés à rencontrer les locaux, peuvent affecter de façon durable la réussite ou l'échec de tout projet futur dans une région spécifique.

« On les appelle les ambassadeurs de l'industrie minière car le reste du cycle minier dépendra de ce qu'ils ont décidé de faire, et ils peuvent laisser une contribution positive ou négative », déclarait Bernarda Elizalde, cofondatrice de l'initiative pour le développement minier responsable (IDMR). « Ils donnent le ton pour la tournure que vont prendre les activités. S'ils s'y prennent mal, ils peuvent nuire à la relation avec les communautés ; par contre, s'ils adoptent la bonne approche, ils aideront la société à obtenir son permis social d'exploitation dès le début. »

D'après M. Boon, une meilleure appréhension de la responsabilité sociale chez ces ambassadeurs aiderait les sociétés à éviter des problèmes sociaux onéreux. C'est pourquoi il se trouve à la tête d'une initiative visant à inciter les universités à inclure un enseignement de la responsabilité sociale dans les programmes techniques de géologie et d'ingénierie et à proposer des programmes de certification en RSE. Cette idée n'en est qu'à ses balbutiements, mais des groupes de travail du Canada et du Pérou consulteront les groupes universitaires et communautaires dans l'objectif de préparer et de mettre en œuvre un cursus consacré à la RSE dans les programmes universitaires.

Certaines universités ont commencé à proposer une formation en RSE, et il existe aussi des programmes généraux de certification en RSE tels que ceux offerts par les universités de McGill et Queen's. D'après M. Boon cependant, ces derniers auraient tendance à former des spécialistes en RSE et non des professionnels techniques, et il prône au contraire une approche plus inclusive. « La RSE doit être omniprésente dans la société, sans quoi elle n'aura aucun effet à long terme. »

Cooper Quinn, géologue expérimenté chez McLeod Williams et diplômé depuis 2009 du programme des sciences de la terre de l'université Simon Fraser, voit les avantages d'une telle initiative. « En tant que géologue, vous pouvez vous retrouver sur le terrain avec un local ou un membre des Premières Nations de la communauté, aussi faut-il faire preuve d'une certaine sensibilisation vis-à-vis de ces questions », déclarait-il. « Et franchement, je ne pense pas que l'on en ait la moindre idée en sortant de l'université. On ne nous enseigne pas la responsabilité sociale pendant nos études. »

« Si l'on disposait de cet enseignement dès la sortie de l'université, ce serait un grand avantage pour l'industrie », affirmait M. Quinn, ajoutant que ceci aiderait particulièrement les entreprises minières en développement « qui disposent de ressources plus restreintes. Une entreprise minière en développement de dix personnes ne peut pas se permettre d'embaucher ses propres spécialistes [en RSE] s'ils n'ont aucun autre rôle dans la société que celui-ci. »

Il faut engager le dialogue au plus tôt, expliquait M. Boon, mais il faut aussi l'envisager comme un processus. « L'objet même du dialogue est l'interaction, le fait que vous compreniez les points de vue de l'autre partie et que vous les respectiez », ajoutait-il.

La base de la RSE n'est pas compliquée, suggérait M. Quinn. « Il s'agit en grande partie de bon sens. Être agréable avec les gens, les traiter comme des êtres humains ; s'ils ont des questions, expliquez-leur les choses. » La majeure partie des problèmes réside dans le fait qu'on ne communique pas assez. « Même si vous n'êtes là que pour faire un prélèvement d'échantillons du sol, expliquez ce que vous êtes en train de faire aux personnes qui vous entourent. Parfois, cela ne vous prendra pas plus de 20 minutes. »

Les voies de communication doivent aussi rester ouvertes, déclarait M. Boon. « L'expression 'permis social d'exploitation' suggère que vous obtenez quelque chose, rien de plus. Mais en réalité, il ne s'agit pas simplement d'un papier qui doit être signé, puis une fois qu'il est signé, l'affaire est dans le sac. La situation évolue constamment.

Les prix d'excellence de l'ICM changent de nom

Le prestige reste le même

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Hendrick Falck (à gauche) accepte la plaque commémorative de J.C. Sproule lors de la remise des prix d'excellence 2013 de l'ICM. Le prix, qui tire son nom du prix d'exploration dans le Nord J.C. Sproule, fait partie des diverses distinctions dont le nom a changé pour mieux refléter l'esprit des prix d'excellence  | The Photo Commission

La cérémonie annuelle de remise des prix d'excellence de l'ICM fait partie des moments importants du Congrès de l'ICM. Cette cérémonie est l'occasion de mettre à l'honneur des personnalités importantes de la riche histoire de l'ICM et de l'exploitation minière, tout en donnant la possibilité à certains des professionnels canadiens du secteur minier les plus travailleurs et intelligents de recevoir de leurs pairs la reconnaissance qu'ils méritent pour leurs efforts.

Pour s'assurer que cette tradition perdure, l'ICM a récemment modifié les noms de plus d'une dizaine de ses prix afin que les membres souhaitant nommer l'un de leurs collègues comprennent mieux la nature de l'exploit que récompense chaque prix.

Et n'oubliez pas, la procédure de nomination est en cours. Pour nommer quelqu'un qui, selon vous, mérite une reconnaissance, consultez la section Prix d'excellence sur le site Internet de l'ICM.

Traduit par Karen Rolland

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