mai 2013

L’industrie en bref

Par Herb Mathisen

Le partenariat de 12,9 milliards $ entre Imperial Oil et ExxonMobil Canada, la mine de sables bitumineux de Kearl près de Fort McMurray, produisait de la mousse de bitume dès le début d’avril | Offert par Imperial Oil


Kearl démarre

L’énorme mine de sables bitumineux de 12,9 milliards $ a produit de la mousse de bitume pour la première fois au début du mois d’avril, et à mesure que la production augmentera, la première production de bitume dilué devrait suivre rapidement. Le projet, situé à 70 kilomètres au nord de Fort McMurray, est un partenariat entre Imperial Oil et ExxonMobil Canada, dont la production attendue de 110 000 barils par jour (b/j) pendant la phase initiale de développement devrait atteindre 345 000 b/j d’ici 2020.

« Nous demeurons convaincus que le système de pipeline et le marché du bitume mélangé actuels peuvent accueillir le volume du développement initial de Kearl », indique Pius Rolheiser, porte-parole d’Imperial Oil. « Mais les volumes de production de Kearl devront se plier aux mêmes forces que subissent actuellement les autres volumes de bitume. Les raffineries d’Imperial et d’ExxonMobil en Amérique du Nord nous offrent une certaine flexibilité supplémentaire et des possibilités auxquelles tous les producteurs n’ont pas accès. »

– Herb Mathisen

Le conte de deux études

En préparation au forum sur les redevances de l’industrie minière qu’organise le gouvernement du Québec en mars (voir Québec propose une augmentation des taux de redevances), deux organismes ont publié des études contradictoires quant à la pertinence pour Québec d’augmenter les redevances minières.

La Fédération des Chambres de Commerce du Québec (FCCQ) a publié à la fin février un sondage indiquant que 80 pour cent des répondants québécois s’opposaient à une augmentation des redevances minières, 57 pour cent d’entre eux estimant que l’industrie paie déjà sa juste part. Une semaine plus tard, la Canadian Boreal Initiative (CBI) publiait les résultats de sa propre étude qui faisait état du faible soutien dont jouit l’industrie minière dans la province, 55 pour cent des répondants ayant indiqué que le régime de redevances actuel est insuffisant.

Quand on y regarde de plus près, on remarque que le sondage de la FCCQ présentait deux énoncés exclusifs, en ce que les répondants devaient indiquer si le gouvernement devrait dépenser plus parcimonieusement ou plutôt augmenter la charge fiscale de toutes les entreprises, et des sociétés minières en particulier. La question de la CBI, par contre, comprenait une introduction rappelant le fait qu’en 2010 et en 2011, la valeur des minerais extraits au Québec était de 14,9 milliards $ et que les sociétés minières ont payé 667 millions $ en impôts et en redevances au gouvernement. On y expliquait également que les sociétés paient des redevances sur leurs bénéfices après déductions, puis on demandait aux répondants s’ils estimaient que cette contribution est trop élevée ou trop faible.

– H.M.

Detour sans détour

Il est impossible de passer à côté des progrès qui s’accomplissent à la mine d’or de Detour. Après avoir fondu ses premiers lingots d’or à la mi-février, Detour Gold entrait dans la phase de mise en service de sa deuxième ligne de production au cours du mois dernier, à temps pour son objectif de lancement de la production commerciale au troisième trimestre de 2013.

« Nous sommes très heureux de ce que nous avons réalisé en six ans, de la conclusion de l’acquisition de la propriété le 31 janvier 2007 à nos premiers lingots », annonce Gerald Panneton, président et chef de la direction de Detour Gold dans un communiqué. « Nous avons hâte aux prochaines étapes qui nous permettront de devenir le premier producteur d’or intermédiaire au Canada. »

L’exploitation de Detour Lake, située à environ 260 kilomètres au nord-est de Timmins, en Ontario, est bien positionnée pour devenir la plus grande mine d’or au Canada, selon l’entreprise. Avec une production attendue se situant entre 350 000 et 400 000 onces d’or cette année, l’entreprise vise une augmentation de la cadence jusqu’à 657 000 onces par année quand la mine aura atteint sa vitesse de croisière. La durée de vie projetée de la mine est de 21,5 ans, pour des réserves de minerai de 15,6 millions d’onces d’or exploitées à ciel ouvert.

– H.M.

La mine Brunswick fermera en mai

Après presque 50 ans d’exploitation, la mine Brunswick d’Xstrata près de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, a broyé son dernier minerai. La mine de zinc a ouvert en 1964 et en 49 années de services, les opérateurs ont extrait 136 millions de tonnes du gisement de minerai n° 12 et extrait 148 millions de tonnes de zinc de son broyeur. La mine sera demeurée en activité plus longtemps que prévu.

« Nous avons pu maintenir la production et le rendement même pendant l’extraction de minerai de faible qualité demeuré sur place, que nous n’avions pas prévu extraire », indique James Cormier, surintendant aux affaires environnementales et communautaires. Actuellement, la mine est en phase de transition : nous ramenons tout l’équipement souterrain à la surface pour le recycler ou le réutiliser.

Une société tierce procédera à la démolition de l’infrastructure de la mine et le bassin de résidus sera protégé. « Au total, le projet de récupération du site s’échelonne sur cinq ans, et ensuite nous devons assurer l’entretien du site à perpétuité », ajoute M. Cormier.

« C’est une grande perte », déplore Yvon Godin, député d’Acadie-Bathurst du NPD au parlement et ex-mineur de Brunswick. « C’était l’une des plus grandes mines de zinc au monde. À son apogée, elle comptait 1 700 employés. »

– H.M.

Suncor écrase Voyageur

À la fin du mois de mars, la société Suncor Energy de Calgary a annoncé son intention d’abandonner la construction du projet de mise à niveau d’usine Voyageur près de Fort McMurray. Le projet, estimé en 2008 à environ 11 milliards $, était un partenariat entre Suncor (à 51 pour cent) et la société française Total SA (à 49 pour cent). L’objectif consistait à augmenter la production des mines de Suncor au niveau de 200 000 barils par jour de brut synthétique super, de diesel à très faible teneur en soufre et de diluant à faible teneur en soufre.

« Le marché mondial a évolué », commente Sneh Seetal, porte-parole de Suncor. « La montée du pétrole de schiste a relevé le niveau de concurrence quant aux capacités de raffinerie de pétrole léger non corrosif, et les marges s’estompent. » Suncor a dû déprécier la valeur du projet de 1,48 milliard $ en février dernier.

« Nous avons évalué nos engagements en matière d’investissement et décidé d’accorder la priorité au financement de nos activités essentielles, au développement de projets de croissance au rendement élevé, et à la majoration des redevances aux actionnaires par des dividendes et des rachats », précise Mme Seetal.

– H.M.

Votez pour l’industrie minière en Colombie-Britannique

En prévision des élections du 14 mai en Colombie-Britannique, les organismes du secteur minier de la province ont uni leurs forces pour sensibiliser les électeurs aux enjeux de leur industrie. La Mining Association of BC (MABC), l’Association for Mineral Exploration BC, Mining Suppliers Association of BC et la Coal Association of Canada ont créé le site Internet VoteMining.ca, une ressource grâce à laquelle les résidents peuvent obtenir des renseignements sur l’importance de la prospérité de l’industrie minière pour la province et son économie.

« Il ne s’agit pas de soutenir l’élection d’un parti ou d’un autre », précise Zoë Younger, vice-présidente des affaires générales à la MABC. « Le site se veut entièrement impartial : il a pour objectif de soutenir l’industrie. » Mme Younger ajoute que plusieurs nouveaux candidats se présentent à cette élection, et le site Internet peut sensibiliser ces candidats à l’industrie minière. Il offrira aux dirigeants des partis une liste collaborative des principaux enjeux et des priorités de l’industrie. Le groupe sera actif sur Twitter et d’autres plateformes de médias sociaux pour inciter les électeurs à participer et pour dissiper les idées fausses dans le domaine.

« Il s’agit en fait de contribuer à une discussion bien informée et à la réflexion sur l’industrie », ajoute Mme Younger. « Nous ne cherchons pas toujours à susciter une réponse positive à l’égard des projets que nous proposons : ce que nous voulons, c’est que les décisions, quand elles seront prises, soient bien informées et s’appuient sur des faits. »

– H.M.

La valeur de la production de minerai canadienne chute

Après avoir atteint des sommets inédits en 2011, la valeur totale de la production minière du Canada a chuté l’an dernier, notamment en raison de la faiblesse de la demande et du faible cours des biens découlant de l’incertitude qui prévaut sur les marchés mondiaux. Dans les nouveaux chiffres publiés par Ressources Naturelles Canada (RNCan), la valeur de la production de minerai au Canada a chuté de 7,9 pour cent l’an dernier, passant de 50,9 milliards $ en 2011 à 46,9 milliards $ en 2012, malgré une baisse bien moins importante de la production.

La valeur de la production des métaux et des autres minerais a chuté de 7,7 et 5,9 pour cent respectivement. Le charbon a été durement touché et sa valeur affiche un déclin de 14,5 pour cent d’une année à l’autre, déclin attribuable à la chute des cours. La valeur totale de la production de nickel a diminué de 28,6 pour cent, celle des diamants a chuté de 20,1 pour cent et celle de l’uranium s’est contractée de 20,4 pour cent en 2012. Cependant, la valeur de l’or affiche une augmentation de 9,3 pour cent, sa production globale ayant augmenté de 1,7 pour cent par rapport à 2011. La potasse a conservé son titre de bien affichant la plus importante valeur de production, atteingnant 6,98 milliards $ en 2012.

– H.M.

Au secours des mines de cuivre de Pologne

Un tremblement de terre près de la mine de cuivre Rudna, en Pologne, a provoqué un effondrement. 19 mineurs sont demeurés emprisonnés pendant près de neuf heures. Lorsque la secousse s’est fait sentir, soit à 22 h 09, 42 mineurs se trouvaient dans la mine centrale G-3 Rudna. 23 d’entre eux ont pu être évacués en toute sécurité. Selon KGHM, l’entreprise propriétaire de la mine, l’un des mineurs rescapés était blessé : il avait une coupure à la tête.

Au cours des sept heures qui ont suivi, les secouristes ont tâché de rejoindre les mineurs emprisonnés et isolés de toute communication. Enfin, à 5 heures du matin, les secouristes ont creusé une brèche et à 7 heures, soit neuf heures après la secousse, les 19 mineurs emprisonnés ont pu regagner la surface. Un seul d’entre eux était blessé.

La mine, située à environ 400 kilomètres au sud-ouest de Varsovie, était en service depuis 1974. L’entreprise a créé une commission d’évaluation de l’effondrement.

– H.M.

La décision concernant l’uranium est de mauvais augure pour Strateco

La société québécoise d’exploration d’uranium Strateco a été secouée par la décision de la province de lancer une évaluation environnementale sur l’extraction d’uranium l’automne dernier. La procédure, qui au Québec porte le nom de BAPE, ou bureau d’audiences publique sur l’environnement, provoquera un moratoire sur la délivrance de permis jusqu’à sa conclusion.

Strateco connaît bien les délais gouvernementaux. En janvier, la société a entamé des procédures légales contre le Ministère de l’environnement du Québec, alléguant qu’elle attendait depuis août 2011 une décision concernant sa demande de permis pour le projet d’exploration Matoush. Guy Hébert, président et chef de la direction de Strateco, rappelle que la plus récente annonce du gouvernement, juste avant les quatre jours de vacances de Pâques, a pris tout le monde par surprise. « Nous en sommes encore à évaluer nos options avec nos avocats », avait-il dit au début du mois d’avril.

À ce jour, Strateco souligne avoir investi 120 millions $ dans ce projet. Le projet Matoush a dû composer avec l’opposition de la communauté crie Eeyou Istchee, qui avait demandé un moratoire sur l’extraction d’uranium dans la région. La valeur de l’action de Strateco a chuté de 0,12 $ à 0,04 $ après cette annonce, pour rebondir à 0,06 $ à la fin de la même semaine.

– H.M.

Western Potash obtient l’approbation provinciale

Le projet Milestone Solution Potash, situé à 30 kilomètres au sud-est de Régina, a levé un autre obstacle avec l’approbation par le Ministère de l’environnement de la Saskatchewan de l’évaluation environnementale déposée par son propriétaire, Western Potash Corp. « C’est l’aboutissement de deux années et demie de travail », résume Dean Pekeski, vice-président exécutif de l’entreprise. Au début de 2010, Western Potash a engagé Golder Associates pour l’aider à préparer son étude environnementale préliminaire.

« Maintenant que nous avons l’approbation environnementale, les risques liés au projet sont pratiquement levés et nous sommes prêts à démarrer la construction, sous réserve de l’obtention du financement », souligne M. Pekeski. Tout le travail exploratoire est terminé, notamment les études préliminaire et de faisabilité, dans lesquelles AMEC prévoit produire 2,8 millions de tonnes sur 40 ans, ajoute-t-il.

M. Pekeski précise que l’investissement initial nécessaire au lancement du projet est de 2,9 milliards $. « Dans le contexte économique mondial actuel, les projets qui requièrent une si grande somme de financement peuvent être difficiles à lancer », indique-t-il, ajoutant que l’entreprise est en pourparlers avec différents groupes du monde entier et prépare différents scénarios de financement. « Cela demande un peu de temps, mais tout bien considéré, nous sommes satisfaits des progrès accomplis. Nous croyons que quand nous réussirons à confirmer le financement, notre projet sera très solide », conclut-il. M. Pekeski ajoute que la période de recouvrement de l’investissement pour cette mine est évaluée à 5,6 ans, et la période de construction du projet durera environ 3 ans et demie. Dans le meilleur des cas, la production débuterait au dernier trimestre de l’année 2016.

– H.M.

Un mineur canadien blessé obtient un règlement record

Ce n’est peut-être pas ainsi qu’il souhaitait passer à l’histoire, mais 14 ans après s’être blessé au travail, Luciano Branco, 62 ans, a enfin reçu une indemnité dans le cadre de ce que Fasken Martineau a qualifié de plus important règlement punitif contre une société d’assurance jamais conclu au Canada.

En 1999, M. Branco travaillait comme superviseur de soudage à la mine d’or Kumtor au Kirghizistan, qui appartenait à l’époque à Cameco Corporation, quand une grande plaque d’acier est tombée directement sur son pied. D’après les documents déposés en cour, M. Branco était inquiet d’avoir perdu ses orteils, mais quand il retira sa botte après avoir terminé son quart de travail, il trouva son pied « encore intact ». Depuis, M. Branco a toujours eu de la difficulté à marcher et a développé une dystrophie sympathique réflexe, selon Alex Kotkas, l’avocat de Fasken Martineau qui a représenté M. Branco pendant le procès.

M. Kotkas précise que les sociétés d’assurance ont reçu plusieurs rapports médicaux indiquant que M. Branco était invalide, notamment certains provenant de leurs propres médecins, mais lui ont toujours refusé tout paiement. M. Branco a poursuivi deux sociétés : AIG et Zurich Life Insurance Company Ltd. « Après le dépôt de la poursuite, l’une des sociétés d’assurance [AIG] a commencé à payer, mais seulement par périodes, puis cessait le versement des prestations pour des raisons qui n’avaient aucun sens. À un moment, elle a tout simplement arrêté de payer », résume M. Kotkas. « Zurich n’a jamais rien payé du tout. » À la fin du mois d’avril, la Cour du Banc de la Reine de la Saskatchewan a ordonné à AIG de verser à M. Branco 1,5 million $ et à Zurich Life Insurance de lui verser 3 millions $.

– H.M.

Traduit par SDL

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