mars/avril 2013

Sur la pointe de l'iceberg

Le Bresil s'avère exigeant pour l'exploration, mais le potential demeure énorme.

Par Antoine Dion-Ortega

Vale menant un forage exploratoire au Brésil | Courtoisie de Marcelo Schwarz


« La dignité de mouvement d’un iceberg est due au fait que seul un huitième de celui-ci se trouve au-dessus de l’eau. » [Traduction libre]

-Ernest Hemingway

Les sociétés d’exploration qui exploitent au Brésil partagent probablement l’admiration d’Hemingway pour l’immensité et la lenteur. Avec seulement un tiers de sa superficie de 8,5 millions de km² cartographié géologiquement, le Brésil est littéralement un pays émergent, de larges pans de son territoire se dérobant toujours dans l’ombre de la forêt amazonienne. D’un côté, personne ne doute du fait que l’énorme potentiel géologique du pays pourrait lui permettre, à terme, de doubler, voire tripler sa production. Mais d’un autre côté, le Brésil avance à son propre rythme, embourbé dans une lourdeur bureaucratique qui fait souvent obstacle aux projets d’exploration et de développement. Pour les sociétés d’exploration perchées sur la pointe de l’iceberg, le pays offre certainement une excellente leçon de patience.

« Je peux comprendre pourquoi le Pérou, l’Équateur et l’Argentine accueillent davantage d’entreprises et ont des budgets en exploration plus élevés qu’au Brésil, admet Marcelo Schwarz, directeur d’INV Metals pour le Brésil. Mais quand j’en parle à des amis qui travaillent dans ces pays, nous nous entendons tous pour dire que le Brésil a un plus grand potentiel géologique. »

L’observation de Schwarz est fréquente parmi les sociétés d’exploration. Tout le monde reconnaît que le Brésil traîne de la patte. De fait, selon unrapport récent de Global Business Reports (GBR), le Brésil attire 11 fois moins d’investissement en exploration par km² que le Pérou, et 18 fois moins que le Chili. En 2010, le pays n’a attiré que 3 % des dépenses d’exploration mondiale.

Le débat sur l’exploration au Brésil vise à déterminer à qui donc, de l’État ou du secteur privé, revient la tâche de cartographier les ressources du pays. Le Serviço Geológico do Brazil (CPRM), le service national de géologie, considère que celle-ci incombe au secteur privé, tandis que les sociétés minières estiment qu’elle devrait figurer dans le mandat du CPRM. Bien que le CPRM ait mené une série de sondages sur l’hydrologie et la géologie du pays, le débat est loin d’être clos.

Schwarz, qui est Brésilien, est bien au fait de cette difficulté. « Je connais nombre de personnes qui travaillent au CPRM, et je peux dire qu’ils ont de bons éléments, confie-t-il. Seulement, ils n’ont pas de bons budgets. Ça devient difficile pour eux de faire un travail convenable, et c’est pourquoi le Brésil manque de cartes géologiques sur tout son territoire. »

Le Pérou a investi deux fois plus en sondages géologiques que le Brésil en 2009, avec un territoire sept fois plus petit. « Le Pérou a une bien meilleure base de données géologiques », estime Rick Brown, vice-président au développement des affaires à Amarillo Gold. Sa société œuvre principalement au Brésil, s’efforçant de localiser des ressources aurifères. « En Australie ou au Canada, les sondages géologiques provinciaux descendent jusqu’à une échelle de 1 :25 000. Vous ne trouverez rien de tel au Brésil. »

Ce qui ne veut pas dire que les services du CPRM ne sont absolument d’aucune aide. En effet, ils ont permis à INV de découvrir le gisement d’Itaporã, dans l’état de Pará. « INV a commandé une série de sondages aériens au CPRM et nous avons acquis les claims », explique Schwarz.

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