mars/avril 2013

De reine du charbon à ville fantôme : vie et mort du secteur du charbon de l’Alberta

Par Correy Baldwin

 

Des mineurs jouent une partie de baseball du dimanche près de Mountain Park en Alberta, en 1930 | Photo de Charles Lee; courtoisie de Archives provinciales de l'Alberta


Nichée entre le versant ouest des Rocheuses canadiennes près de l’actuelle Jasper, la région de la Coal Branch de l’Alberta était certainement celle où les mines de charbon avaient la plus belle vue. Cette région vitale au passé pourtant peu connu, transformée en un paradis alpin, a déjà regorgé d’activité minière comme maintenant de panoramas majestueux.

John Gregg, prospecteur des États-Unis, y a été mené par sa femme, Mary Cardinal, et a misé sur la toute première concession en 1909. Mme Cardinal était la fille d’un chef Stoney de la région, et les Stoneys connaissaient les dépôts de charbon de la chaîne des Nikanassin, qui deviendrait plus tard la Coal Branch de l’Alberta après que plusieurs concessions généreuses aient permis au chemin de fer canadien d’atteindre la région.

Au printemps suivant, M. Gregg et Mme Cardinal présentèrent le site à une équipe d’ingénieurs miniers écossais envoyée par Christopher Leyland, un industriel britannique. Les écossaient furent à la fois impressionnés par la concession de charbon de M. Gregg et envoûtés par la beauté naturelle de la région. Ils baptisèrent la concession Mountain Park. Dès le début de l’année 1911, M. Leyland avait fondé la Mountain Park Coal Company et avait racheté la part de M. Gregg. Bientôt, de nombreux prospecteurs se mirent à passer au peigne fin les vallées alpines et les pentes majestueuses de la région. M. Gregg, quant à lui, obtint une autre concession cette même année, à Luscar.

La région des gisements de charbon du sud des Rocheuses, près de Crowsnest Pass, fut atteinte pour la première fois en 1884, lorsque le chemin de fer Canadian Pacific Railway (CPR) la traversa. Mais d’autres sociétés de chemin de fer comme Grand Trunk Pacific Railway (GTPR) et Canadian Northern Railway (CNoR) étaient tout aussi impatientes de rejoindre d’autres régions lucratives. Ces deux sociétés se dirigèrent vers le nord, pénétrant les Rocheuses à Jasper pour traverser au col de Yellowhead Pass. Les sociétés de chemin de fer tâchaient de rejoindre la côte du Pacifique, mais elles désiraient aussi atteindre le charbon. Comme les trains fonctionnaient au charbon, cette ressource était essentielle à l’expansion du chemin de fer.

Après que M. Gregg eut ouvert la Coal Branch de l’Alberta, GTPR entreprit de rejoindre la région en bâtissant un chemin vers le sud. La société établit un nœud ferroviaire et un embranchement à Coalspur. GTPR entreprit la construction de l’embranchement est tandis que la Mountain Park Coal Company se chargeait du chemin ouest – une entreprise onéreuse que GTPR reprit par la suite.

Mais la concurrence était féroce. En 1909, CNoR s’associa à l'entrepreneur d’origine allemande Martin Nordegg, dont la société, Brazeau Collieries, disposait de huit concessions de charbon dans toutes les Rocheuses, de Grande Cache au nord à Kananaskis au sud.

En 1911, M. Nordegg découvrit un autre gisement houiller à 100 kilomètres à peine au sud-est de Coal Branch. CNoR entreprit de construire un chemin partant de l’est alors même que GTPR arrivait du nord. En fin de compte, les deux régions reposaient sur des gisements houillers distincts et chacune devint prospère. La Coal Branch de l’Alberta fut de loin la plus développée. La houillère Brazeau Collieries de M. Nordegg connut du succès, ce qui ne fut malheureusement pas le cas de Martin Nordegg : il fut déclaré ennemi étranger quand éclata la Première Guerre mondiale en 1914 et dut vendre toutes ses parts de la société.

La Coal Branch de l’Alberta devint florissante, surtout dans ses premières années. De 1922 à 1926, la région produisit 3,9 millions de tonnes de charbon, ce qui représentait 22 pour cent de la production de charbon de l’Alberta. En 1926, la région comptait plus de 2 700 habitants, et Cadomin comme Luscar étaient plus grandes que la communauté de Mountain Park, à l’origine. Cadomin comptait même le seul orchestre symphonique entre Edmonton et Vancouver.

Mais avant la fin de la Première Guerre mondiale, les trains roulant désormais au diesel plutôt qu’au charbon, tout le marché local était passé au pétrole et au gaz. Une à une, les mines de la Coal Branch de l’Alberta fermèrent et ne laissèrent qu’une vallée remplie de villes fantômes.

Traduit par SDL

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