mars/avril 2013

Normes

Facteurs à examiner lors de l’évaluation du taux d’actualisation de la valeur actualisée nette d’un projet

Par Greg Gosson et Graham Wood

Pour trouver des exemples de consensus de l’industrie ou d’approches à un problème ou une technique en particulier, les spécialistes des mines des commissions des valeurs mobilières du Canada recourront aux rapports techniques publiés sur le système électronique de données, d'analyse et de recherche (SEDAR), lesquels ont été préparés par des sources de forte crédibilité comme les sociétés de conseil internationales, des experts bien connus et les principales sociétés minières. Mais l’un des aspects sur lesquels il ne semble pas se dégager de consensus évident sur SEDAR concerne le taux d’actualisation approprié pour le calcul de la valeur actualisée nette (VAN) d’un projet.

Le taux d’actualisation dépend de nombreux facteurs et caractéristiques du projet, comme la négociabilité du bien extrait, l’emplacement du projet, son stade de développement, ainsi que la taille de la société propriétaire du projet et son expertise. Si les rapports publiés sur SEDAR peuvent servir de guide, il est important pour une entreprise de s’assurer que les rapports sur lesquels elle se base pour fixer le taux d’actualisation de son projet proviennent de sociétés minières comparables en taille, quant au niveau d’avancement de leur projet, et en caractéristiques. L’un des principaux facteurs à intégrer au calcul du taux d’actualisation d’un projet est le taux de rendement, qui constitue un attrait pour les investisseurs importants. Souvent, le taux d’actualisation réel que fixe l’entreprise ne tient pas compte des risques associés au projet en particulier.

Pour commencer, des biens différents exigent des taux d’actualisation différents. Par exemple, on peut s’attendre à ce que les projets d’extraction mixtes de métaux de base et précieux, comme les mines de cuivre-or, obtiennent un taux d’actualisation supérieur à celui des projets de métaux précieux comme les mines d’argent-or. Puisque les projets de métaux précieux rencontrent moins de barrières dans la vente de leur produit, leur taux d’actualisation de base devrait se situer entre six et huit pour cent. Les taux de projets de métaux de base devraient se situer à 10 pour cent, et les projets de minerais industriels et de métaux spécialisés sans entente d’achat préalable ni stratégie de mise en marché définie devraient faire l’objet d’une prime de deux ou trois points de pourcentage.

L’emplacement du projet doit aussi se refléter dans le taux d’actualisation. Par exemple, les projets au Chili ou au Nevada n’encourront généralement pas d’actualisation supplémentaire à leur flux de trésorerie car ces juridictions sont considérées plutôt stables quant au développement minier à long terme. Mais certaines régions de l’Australie pourraient être soumises à un taux d’actualisation plus élevé à cause de l’incertitude qui entoure les taxes minières. Les projets en République démocratique du Congo peuvent aussi devoir ajouter une prime de cinq à sept pour cent à leur taux d’actualisation à cause des risques souverains perçus et de l’incertitude fiscale et politique.

En outre, si les informations précises quant à l’accès au site ou aux méthodes d’extraction sont rares, ou si l’environnement ou les exigences réglementaires sont incertains, le taux d’actualisation doit être rehaussé. Par exemple, le risque associé à un projet en production sera considéré faible, et son taux d’actualisation ne sera pas majoré, tandis qu’un projet en cours d’évaluation économique pourrait voir son taux d’actualisation majoré de deux ou trois points de pourcentage pour compenser l’incertitude associée au projet et à ses coûts. Cependant, dans ce dernier cas, une société qui rehausse le taux d’actualisation de son projet doit veiller à éviter de causer un handicap au projet en évaluant ses coûts de production et paramètres de traitement de manière trop conservatrice, puisque cela est déjà compté dans la majoration du taux d’actualisation.

La taille et le niveau d’expérience du propriétaire du projet est un autre facteur qui doit être pris en considération. Si le propriétaire est une importante société minière reconnue disposant d’une expérience crédible en développement de projets miniers dans le pays, il n’est pas nécessaire de majorer le taux d’actualisation. Mais une majoration de deux ou trois points de pourcentage peut être envisagée si le propriétaire est une petite société dont la direction n’a que peu d’expérience en développement et en exploitation, s’il y a des entraves au développement d’infrastructures importantes nécessaires au projet, ou si elle n’a jamais mené à bien de projets de développement minier dans ce pays.

Tous les facteurs nommés doivent être pondérés lors du calcul du taux d’actualisation à attribuer à la valeur actualisée nette. Et, comme on l’a mentionné, il faut prendre soin de se baser sur des documents publiés sur SEDAR par des sources crédibles portant sur des projets comparables. Le taux d’actualisation à appliquer à l’analyse financière d’un projet d’exploitation de mine d’or au Nevada, propriété d’une société bien établie, ne devrait pas être considéré comme adéquat dans le cas d’un projet de métal de base qui en est au stade d’évaluation économique préliminaire d’une petite société au Mali.


Greg GossonGreg Gosson, Ph.D., P.Geo. est directeur technique, géologie et conformité chez AMEC Americas Limited. Il est membre du comité permanent de l’ICM sur les définitions concernant les réserves minérales et les ressources minérales et il est membre du Comité consultatif technique de surveillance du secteur minier, un comité consultatif de l’industrie portant sur le Règlement NI 43-101.

Graham Wood est le directeur technique des Services financiers chez AMEC Americas Limited. Il dirige les services d’évaluation économique du service des Mines et métaux d’AMEC. Il a dirigé l’analyse financière et économique de douzaines de projets miniers complexes partout dans le monde.

Traduit par SDL

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF