mars/avril 2013

Réinventer le broyeur

L’industrie évalue la façon de s’adapter au futur avec la conférence CMP 2013

Par Dinah Zeldin

Denis Cimon à la mine Canadian Malartic | Courtoisie de Osisko


Les technologies de comminution alternative, l’amélioration du contrôle sur les procédés et la géométallurgie appliquée ont été au cœur des discussions de la 45e Conférence annuelle de la Société canadienne du traitement des minerais (Canadian Mineral Processors ou « CMP »). L’événement, qui a eu lieu du 22 au 24 janvier à l’hôtel Westin d’Ottawa, a réuni 34 présentations et plus de 650 participants.

Les usines actuelles, alimentées par des minerais plus variables et de plus faible concentration, doivent non seulement broyer les minerais en particules plus fines que jamais – pour atteindre des particules de 74 microns et moins – mais également être en mesure de traiter différentes teneurs et compositions de minerai. Ce thème a nourri la discussion lors de la table ronde de la conférence, sous le thème « Rebroyer à moins de 100 microns. Ce que nous en savons. Ce que nous ignorons. Ce que nous devons savoir » animée par Donald Leroux, consultant principal de Triple Point Technology.

Libérer les minéraux de valeur de gisements finement disséminés exige de pulvériser les roches en particules très fines, indique M. Leroux. Cela force la technologie de broyage à s’adapter. « De manière générale, les broyeurs à boulets sont efficaces pour atteindre des tailles d’environ 74 microns, mais ils perdent rapidement leur efficacité en-deçà de ce seuil, explique-t-il. Il existe des technologies alternatives, comme le moulin tour, l’ISA Mill et le broyeur finisseur, qui sont offertes sur le marché et sont plus efficaces, mais des défis persistent. » L’un de ces défis consiste à pouvoir séparer les minéraux de valeur malgré la fine taille des particules.

La discussion, qui a attiré plus de 200 personnes, comptait six participants : Mike Larson, métallurgiste principal chez Xstrata Technology; David Rahal, directeur de produit, broyage fin chez FLSmidth; Louis Steyn, directeur de produit, broyage chez Outotec; Michel Brissette, directeur de compte chez SGS-Lakefield; Jan Nesset, consultant chez Nessetech; et Peter Radziszewski, expert du broyage chez Metso. Selon M. Leroux, les auditeurs ont bien participé, ciblant leurs questions sur la façon de choisir et d’exploiter le bon équipement, et sur la manière d’augmenter la finesse de broyage des broyeurs à boulets.

Philip Thwaites d’Xstrata Process Support a mentionné l’importance du contrôle des procédés automatisés lors de sa présentation générale, « Contrôle manuel, automatisation des procédés – ou excellence de la performance opérationnelle? » Il a soutenu que l’automatisation des systèmes est primordiale pour augmenter le rendement des usines et réduire les coûts d’opération.

Le programme technique prévoyait aussi une séance sur la métallurgie, et ce pour la toute première fois. Erin Legault, président de la conférence 2013, a expliqué que l’inclusion est bien justifiée. « Les sociétés de traitement s’intéressent de plus en plus à ce domaine parce que le protocole peut déterminer la meilleure manière de traiter les minerais de plus faible teneur ou plus difficiles à traiter », indique-t-il.

Les étudiants présents – parmi lesquels 32 étaient commandités par CMP – ont bien contribué à la discussion. Lors de sa présentation pour la compétition CMP, le présentateur lauréat Syed Saad Ali de l’Université McGill a montré la façon dont l’énergie de surface des particules est liée à leur réaction à la flottation.

La conférence a aussi permis de présenter certaines personnes qui se dévouent au domaine du traitement de minerais. Denis Cimon, vice-président des services techniques chez Osisko, s'est vu décerner le prix prestigieux d’« Ingénieur en traitement des minerais de l’année » (Mineral Processor of the Year). Avant de devenir un membre essentiel du siège social d’Osisko à Montréal, M. Cimon était directeur de l’exploitation Canadian Malartic. Il a été reconnu pour avoir surmonté à la fois des défis techniques et sociaux, pour faire de chaque projet auquel il a contribué un succès.

« À titre de directeur chez Malartic, j’ai dû prouver que le projet était réalisable du point de vue technique comme social, explique-t-il. C’était un projet difficile en matière de traitement parce que nous devions composer avec un type de minerai très résistant au broyage, ce qui provoquait une usure très rapide de notre équipement. En plus, il s’agit d’une énorme mine à ciel ouvert située très près d’une collectivité, alors l’obtention de l’approbation sociale représentait un défi. »

L’événement de cette année comprenait aussi cinq courtes formations qui ont attiré 150 participants. « Nous sommes passés de trois à cinq formations parce que nous voulions offrir une plus grande variété », M. résume Leroux, ancien président de la conférence CMP. Les formations ont porté sur le broyage, la chimie, le contrôle des procédés et la comptabilité du métal.

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