juin/juillet 2013

Lettre du rédacteur en chef

Des changements à l’horizon

Par Ryan Bergen

Nous aimons à penser que l'industrie minière est là pour rester, compte tenu du fait que la majorité de la population du globe habite dans des pays émergents. Les habitants de ces pays veulent le confort, appareils électroménagers et tuyauterie intérieure y compris, que nous tenons pour acquis ici, au Canada, et ils seront bientôt en mesure de se les offrir. L'argument est persuasif, surtout quand on songe à tous les métaux qu'il faudra pour répondre à leur mode de vie, à tout ce cuivre que nécessiteront leur câblage et leurs conduites. Les sociétés minières qui sauront survivre à la période de vaches maigres se retrouveront en excellente position avec pareille vision de l'avenir.

Toutefois, dans cette édition, nous avons choisi d'éloigner les projecteurs des conduites pour les diriger sur ce qui circule à travers celles-ci : l'eau. Ce nouvel éclairage vient changer la donne.

Lorsque des centaines de millions de personnes de plus ont accès à une toilette privée, cela signifie que toutes ces personnes s'en servent. Comme le faisait remarquer Michael Sudbury au cours de la présentation qu'il a faite dans le cadre de la récente convention d'ICM à Toronto, plus nous sommes riches, plus nous utilisons d'eau.

Les économies naissantes alimentent la demande en métaux et en minerais, mais elles favorisent aussi d'autres industries qui font un usage intensif de l'eau, telles que les centrales électriques, l'industrie manufacturière et le secteur agricole. Tous ont besoins d'énormes quantités d'eau. Certes les industries ont commencé, avec le temps, à utiliser l'eau de façon plus efficace, comme c'est le cas en particulier du secteur minier, mais la compétition pour l'eau et l'inquiétude grandissante du public sur l'usage qu'on en fait s'intensifient.

Nous nous sommes faits à l'idée que les mines de demain devront exploiter un minerai d'une teneur inférieure, une tendance que nous avons décrite dans notre article sur l’exploitation minière à grande échelle. Comme l'illustrent Pierrick Blin et Antoine Dion-Ortega dans l'article « Une mer de solutions », les dépôts à haut débit ne font qu'ajouter à la liste de facteurs de notre industrie qui se répercutent sur l'alimentation en eau. Les forces sociales et celles du marché, fortes des améliorations de la technologie, plaident en faveur de l'exploitation du vaste potentiel des océans, soit en investissant dans le dessalement des eaux, soit en faisant fonctionner les circuits de traitement à l'aide d'eau salée.

Mais la relation de notre industrie avec l'eau s'étend bien au-delà des usines de traitement ou des bassins de résidus. Comme le fait remarquer Brendan Marshall, de l'AMC, dans sa chronique (« Les sociétés minières canadiennes tentent de déchiffrer la nouvelle réglementation sur la pollution marine ») la réglementation qui régit la marine marchande se fait de plus en plus stricte en ce qui a trait à la protection de l'environnement. En outre, l'intérêt grandissant pour l'exploitation minière des fonds océaniques a poussé les Nations Unies à élaborer un cadre de travail en vue de l'émission de permis d'exploitation en eaux internationales (« Des progrès réalisés concernant les permis d’exploitation minière des grands fonds marins »).

En ces temps économiquement difficiles, les perspectives d'avenir du secteur minier sont encourageantes, mais il est probable qu'il faudra accueillir cette croissance avec un grain de sel.


Ryan Bergen
Rédacteur en chef
editor@cim.org
@Ryan_CIM_Mag

Traduit par SDL

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF