juin/juillet 2013

Des mines fondées sur la confiance

Des projets qui vont de l'avant grâce à des ententes de partage des recettes entre la C.-B. et les Premières nations

Par Ian Ewing

Ann Louie, à gauche, chef de bande de Williams Lake, a signé une entente de développement économique des collectivités avec la C.-B. le 12 mars, entente qui assurera à la Première une part des revenus fiscaux tirés de l'expansion de la mine de Mount Polley d'Imperial Metals. Ida Chong, ministre provinciale des Relations et de la réconciliation avec les Autochtones, observe la scène | Offert par la province de la Colombie-Britannique

La Colombie-Britannique a récemment signé deux ententes de partage des recettes qui ont pour but de redistribuer l'argent obtenu de l'expansion d'un projet minier aux communautés autochtones locales. Ces ententes comptent parmi un nombre croissant d'accords qui aident les sociétés minières et les Premières nations à nouer des relations de travail viables.

Le 12 mars dernier, la ministre des Relations et de la réconciliation avec les Autochtones Ida Chong signait des ententes de développement économique des collectivités avec la bande indienne de Williams Lake et la Première nation Xat’sull (bande indienne de Soda Creek). Ces ententes promettent à chacune de ces bandes une part des recettes tirées de l'expansion de la mine de Mount Polley qu'exploite Imperial Metals à proximité de Williams Lake, C.-B. Selon ces ententes, 16,5 % des recettes tirées de l'impôt supplémentaire qu'engrangera annuellement la province grâce à l'exploitation de Mount Polley seront versés à la Première nation Xat’sull, tandis que la bande indienne de Williams Lake aura droit à 18,5 % de ces recettes.

Au moment de signer ces ententes, la chef de bande de Williams Lake Ann Louie a fait remarquer l'importance de tels accords, chacune des parties qu'affecte un projet étant en mesure d'en bénéficier. « Pour que l'industrie, les Premières nations et le gouvernement puissent coexister en harmonie, » a-t-elle ajouté, il doit y avoir un partage raisonnable des ressources naturelles qui sont soutirées des territoires traditionnels des Premières nations. »

Les accords de Mount Polley sont les sixième et septième que signe le gouvernement de la Colombie-Britannique en rapport avec l'exploitation minière qui a lieu dans les territoires traditionnels des Premières nations, ainsi que les quatorzième et quinzième accords que la province a signés au total, autres que les traités « Ces accords viennent appuyer le dialogue que poursuivent les Premières nations et la Colombie-Britannique; ce dialogue est essentiel à la planification et aux décisions qui seront prises à l'avenir quant au projet, » de dire Ida Chong.

« Dans l'ensemble, » ajoute Tim Fisch, directeur général de l'exploitation de Mount Polley, « les relations entre le gouvernement, les Premières nations et l'industrie s'en trouvent enrichies. » Bien que ces accords ne prendront effet que lorsque la mine élargie sera opérationnelle, en 2016, la compagnie a pour sa part déjà commencé à récolter des bénéfices. Monsieur Fisch fait en effet remarquer que le permis d'exploitation a été renouvelé plus rapidement à la lumière des ententes et des consultations.

« [Ces accords] ont pour but d'installer un plus grand niveau de certitude face aux projets miniers, » explique Robin Platts, directeur des communications du ministère des Relations et de la réconciliation avec les Autochtones de la Colombie-Britannique. « Le processus d'approbation est accéléré par le partenariat établi avec les Premières nations et l'appui reçu de celles-ci quant quant aux intérêts qu'elles partagent avec nous pour les grands projets miniers

« La Colombie-Britannique est de toute évidence un chef de file en ce qui a trait à la négociation de ce type d'accord, », poursuit-il. « Il s'agit de la première province à partager les redevances des impôts miniers avec les Premières nations concernées. »

New Gold, une autre société minière, profite elle aussi des avantages que lui vaut une entente signée précédemment. La mine New Afton, située près de Kamloops, a été l'objet du tout premier accord de développement économique des collectivités qu'a signé le gouvernement de la Colombie-Britannique il y a trois ans. Sans cet accord, et l'entente de participation qu'a signée la bande Stk’emlupsemc de la Première nation Secwepemc, la mine n'aurait probablement pas vu le jour.

« Les Premières nations sont nos partenaires, » de dire Julie Taylor, directrice des communications d'entreprise et des relations avec les investisseurs pour New Gold. « Certes, l'argent aide à faciliter les échanges et à ouvrir des portes, mais ce ne sont pas les aspects les plus importants de notre partenariat. Les bénéfices que nous retirons de notre travail avec les Stk’emlupsemc de la Première nation Secwepemc ont tout à voir avec les liens que nous avons forgés plutôt qu'avec l'argent que nous leur avons promis. »

Le chef de bande Shane Gottfriedson admet qu'une confiance s'est établie. « Je crois que les gens de New Gold ont beaucoup appris de nous, » dit-il. « Je pense qu'il y a place pour amélioration, mais je pense aussi que cette compagnie tient parole. Nous avons fait montre de beaucoup de patience et de confiance à l'endroit de cette société, et nous en verrons bientôt les bénéfices. » Ces bénéfices se concrétiseront dès la première année complète de production, après que la société aura réduit son coût en capital.

Les ententes donnent lieu à des bénéfices tangibles pour toutes les parties concernées. Pour les Premières nations, l'argent aide à stimuler le développement économique. Dans le cas des sociétés minières, les ententes constituent une certitude et un processus de collaboration qui servira à l'avenir. La province, pour sa part, voit dans ces accords une autre preuve de son engagement à créer de nouveaux emplois et à soutenir ceux qui existent déjà.

Pour ce qui est de New Gold, qui poursuit un projet d'exploitation d'or et d'argent près de Prince George, C.-B., sa relation avec les Stk’emlupsemc de la Première nation Secwepemc lui sera d'une grande utilité. « Cette société sait très bien comment composer avec les Premières Nations et les problèmes auxquels nous faisons face; je crois que c'est une bonne compagnie et qu'elle sait comment procéder, » précise Shane Gottfriedson. « Je pense qu'elle saura profiter de l'expérience et s'en servir pour le projet de Blackwater. »

Traduit par SDL

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