juin/juillet 2013

Festin ou famine

Les étudiants en géologie confrontés à un marché du travail restreint

Par Eavan Moore

Ravneet Gill, diplômée de 2012 de l'Université de la Colombie-Britannique en géologie, a travaillé l'été dernier dans la région de l'or blanc du Yukon en compagnie d"une équipe d’exploration. Cette année, toutefois, les perspectives d'emploi sont plus restreintes et les mineurs débutants doivent lutter pour gagner leur vie | Offert par Ravneet Gill


En dépit des prévisions d'une pénurie de main-d'œuvre et d'attentes élevées en matière d'occasions d'emploi pour les diplômés en sciences de la terre, le marché de l'emploi fait naître la frustration chez de nombreux jeunes géologues, la faculté et les étudiants signalant que le taux de placement des diplômés et des étudiants a chuté cette année, accentuant les craintes d'une cohorte perdue.

À la fin d'avril dernier, le professeur en géologie économique de l'Université du Nouveau-Brunswick David Lentz était incapable de nommer même un seul étudiant du département des sciences de la terre qui se soit trouver un emploi. « La situation n'a jamais été aussi difficile, » affirme-t-il « L'an dernier, la quasi totalité de nos étudiants de troisième et de quatrième année s'étaient déjà déniché un emploi à pareille date. Mais cette année, les étudiants auront beaucoup de mal à acquérir de l'expérience et à réduire le montant de leur prêt étudiant. »

Les prix des métaux, à la baisse, de même que la prudence des investisseurs ont réduit les budgets d'exploration des sociétés minières, qui se voient dans l'impossibilité d'embaucher des étudiants. Les petites sociétés d’exploration n'ont tout simplement pas le capital voulu, de l'avis de Ryan Montpellier, chef de la direction du Conseil des ressources humaines de l’industrie minière.

Comme celles-ci ont toujours constitué un bon point de départ pour les géologues qui font leur entrée sur le marché du travail, les coupures s'avèrent particulièrement difficiles pour les nouveaux diplômés. Ravneet Gill, qui a obtenu son diplôme de l'Université de la Colombie-Britannique en 2012, a travaillé pour une petite société d’exploration minière jusqu'à ce que débute le ralentissement économique. « Un diplômé avec peu d'expérience qui commence au bas de l'échelle peut croître en même temps que la petite société qui l'emploie, » explique-t-elle. « Mais il est beaucoup plus difficile maintenant de se faire embaucher. »

Ryan Montpellier recommande la patience. « La situation s'est détériorée très rapidement et pourrait donc se rétablir tout aussi rapidement, » dit-il, «si bien que nous pourrions nous retrouver à parler de pénurie de compétences et de talents sous peu. Il s'agit simplement de tenir le coup. Les

perspectives d'emploi à long terme en géoscience et en génie minier sont extrêmement bonnes. C'est le message que nous tentons de faire passer. »

Les étudiants ont reçu ce message. « On m'avait prévenue qu'il s'agissait d'un marché cyclique » observe Chelsea Squires, étudiante en géophysique le l'Université Memorial de Terre-Neuve qui s'est récemment trouvé un emploi en interprétation sismique dans le secteur du pétrole et du gaz naturel. Le ralentissement a toutefois pris par surprise l'étudiante en géologie économique de l'Université du Nouveau-Brunswick Emily Palmer, mais celle-ci est également d'avis que le marché s'en remettra.

En attendant, elle et d'autres étudiants ont mis de l'avant des suggestions à l'intention des sociétés qui cherchent à attirer et à embaucher des jeunes. En premier lieu, une base de données centralisée pourrait faire connaître aux étudiants les postes qui sont offerts actuellement. L'industrie pourrait en outre partagée sa grande expérience en commanditant des ateliers sur l'acquisition de compétences sur les campus universitaires. Ravneet Gill recommande pour sa part un site Web qui aurait pour but d'aider les candidats à s'y retrouver plus facilement au sein de l'industrie minière.

Mme Gill jouit d'un grand réseau de contacts grâce auquel elle a pu obtenir un contrat de cinq mois afin de participer au rassemblement des experts en exploration minière de l'Association for Mineral Exploration British Columbia. Elle admet cependant avoir certaines appréhensions quant à sa carrière. « J'aime suffisamment ce domaine pour tenter de tenir le coup, » dit-elle. « Il m'arrive cependant de me demander si c'est là ce que je vais faire pour le reste de ma vie. Si je ne peux entamer une carrière maintenant, suis-je réellement prête à me battre pour quelque chose qui risque d'être tout aussi instable à l'avenir? C'est la crainte qui m'habite. »

David Lentz fait valoir que tant les étudiants que les sociétés d'exploration devraient profiter du ralentissement pour approfondir leurs connaissances. En plus de son poste d'enseignant, M. Lentz dirige une société minière et encourage les compagnies à embaucher les étudiants en vue d'effectuer la compilation de données et et remplir certaines en assurance de la qualité. Les compagnies réussiraient ainsi à reprendre le dessus sur les données qui se sont accumulées durant les périodes de boom tout en ajoutant de la valeur et en permettant aux jeunes d'acquérir de l'expérience.

M. Lentz fait remarquer que le gouvernement pourrait également améliorer la situation. Bien que celui-ci fasse déjà montre de soutien sous forme d'embauche publique et de subventions salariales consenties aux secteurs scientifiques, le programme de géocartographie de l'énergie et des minéraux et l'Initiative géoscientifique ciblée ont tous deux besoin d'être reconduits. Le budget fédéral proposé pour l'année 2013 ne faisait mention ni de l'un, ni de l'autre.ne mentionne aucun des deux.

Traduit par SDL

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