février 2013

L’art de l’entente

Les petites sociétés et les bailleurs de fonds présentent leur stratégie pour la conférence de l’ACPE 2013

Par Eavan Moore

Le président et chef de la direction de Klondike Gold Corp., Erich Rauguth, se concentrera sur les investisseurs privés individuels au congrès de l’ACPE pour financer l’exploration des propriétés de la société au Yukon (carottes présentées plus haut) et en Colombie-Britannique | Courtoisie de Klondike Gold Corp.


Les importantes baisses du prix des actions du domaine minier en 2012 formeront la toile de fond des ententes conclues à la conférence annuelle del’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (ACPE) en mars 2013. Toutefois, la faiblesse du marché rend la convention d’autant plus importante, estime le directeur général de l’ACPE, Ross Gallinger. « Les occasions de réseautage et de formation qu’offre le congrès de l’ACPE prennent de l’importance à mesure que l’industrie entame une période éprouvante, » indique-t-il, mentionnant des présentations comme « Le financement dans un marché volatil » et « Risques et récompenses en exploration et développement miniers » au programme cette année.

Les petites sociétés, notamment celles qui ont des projets en démarrage, utiliseront certainement la conférence à traquer les nombreuses sources d’un financement bien élusif. Marc-Antoine Audet, président et chef de la direction de la société d’exploration Sama Resources, prévoit rencontrer des actionnaires à la conférence, mais il croit que les rencontres les plus fructueuses seront celles avec d’autres groupes miniers qui cherchent à conclure des placements privés. « Les actionnaires eux-mêmes ne sont pas notre cible pour le moment, précise-t-il. Ils n’ont pas d’argent. »

D’autres privilégient une approche légèrement différente. Natalia Sokolova, vice-présidente, relations avec les investisseurs de Colt Resources Inc., indique que son entreprise a l’intention de prouver sa solidité en présentant un partenaire important aux investisseurs et aux sociétés : le gouvernement du Portugal, qui partagera le kiosque de Colt. Erich Rauguth, président et chef de la direction de Klondike Gold Corp., espère développer des relations personnelles, en se concentrant sur les investisseurs privés en personne. Il souligne, cependant, que toute offre sera évaluée avec soin.

Avec le financement qui se fait rare, les petites sociétés doivent faire preuve de flexibilité. « Nous suivons autant de pistes que nous le pouvons actuellement, » indique Brad Leonard, directeur de l’exploitation de Castle Resources Inc., qui se présentera à la conférence de l’ACPE avec l’évaluation économique complète de son site d’exploitation de cuivre sur des terres en friche industrielle de Colombie-Britannique.

Leonard demande aux investisseurs conservateurs de prendre le temps de comprendre la différence entre un risque positif et un risque négatif. « Si les investisseurs étaient plus au courant de ce qu’ils recherchent, cela éviterait bien du gaspillage de ressources, résume-t-il. Les fonds seraient concentrés vers les propriétés qui ont vraiment des chances d’en valoir la peine. » Il croit que les gestionnaires comme leurs clients gagneraient à jouer un rôle plus actif dans le choix des titres.

Mais c’est plus facile à dire qu’à faire, selon Mike White, président d’IBK Capital. « C’est de plus en plus difficile pour l’investisseur au détail moyen au Canada d’acheter l’un de ces titres et d’y avoir accès par son courtier, mentionne-t-il. De nos jours, tout est question d’argent géré. »

Windermere Capital se concentre sur les ressources et bâtit ses portfolios sur la base de l’expertise minière, et la firme partira à la recherche de titres sous-évalués sur lesquelles elle pourrait capitaliser à la conférence de l’ACPE cette année. « Je le fais depuis longtemps, » précise Brian Ostroff, chef de la direction du groupe de gestion en investissement. « En général, dès les premières questions, on peut juger si une entreprise correspond à ce que l’on recherche : le roc, la gestion, son aptitude à obtenir ou fournir un financement adéquat, et son habileté à raconter son histoire. La plupart des entreprises n’offrent pas ces quatre éléments. Ce que nous aimons voir, c’est une équipe de direction ouverte aux idées qui permettraient d’intégrer en profondeur toutes ces composantes. »

La notion d’histoire est essentielle, observe Denver Harris, vice-président des marchés financiers pour la société de distribution Sandstorm Gold Ltd. « Lors de ces conférences, on observe souvent que des centaines de sociétés minières présentent un message très semblable, indique-t-il. Pour attirer les investisseurs, il est important d’identifier ce qui nous distingue de la foule. »

Pour les grandes sociétés comme pour les plus petites, l’une des façons de paraître unique est de faire preuve de transparence, selon White. Il a été témoin de déceptions importances chez les investisseurs institutionnels européens. Un gestionnaire de fonds, se rappelle White, espérait se détourner des petites sociétés canadiennes dont les frais généraux étaient élevés pour privilégier le marché australien. « À la conférence de l’ACPE, peut-être ces gestionnaires de fonds pourront-ils poser des questions plus directes et plus pertinentes à certaines de ces sociétés, pour mieux comprendre où va tout cet argent, » remarque-t-il.

Les sociétés qui réduisent leurs frais généraux augmentent leurs chances de survie, et la survie d’une bonne part des petites sociétés est vraiment menacée. « L’ambiance risque d’être très intéressante à la conférence de l’ACPE, commente Ostroff. Je crois que de nombreuses entreprises ne s’y présenteront tout simplement pas. Ils n’ont plus les budgets nécessaires. »

« Les perspectives sont très sombres, » renchérit Rauguth. Mais il souligne que les mineurs sont optimistes de nature, et il croit que cela se reflètera à la conférence de l’ACPE.

Traduit par SDL

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