février 2013

Communication des coûts tout inclus dans le domaine de l’or

Une nouvelle mesure ravira les actionnaires et découragera les impôts

Par Krystyna Lagowski

Goldcorp, qui développe sa propriété Cerro Negro en Argentine (en haut), espère qu’une nouvelle mesure tout inclus des coûts de production de l’or aidera les investisseurs à prendre de bonnes décisions | Courtoisie de Goldcorp


Goldcorp a débuté l’année 2013 en présentant une nouvelle mesure des coûts de maintien tout inclus passant de 1 000 $ à 1 100 $ l’once. La stratégie vise à la fois à augmenter la transparence et à calmer les actionnaires qui croient, d’après le vice-président, Stratégie, Rohan Hazelton, que les coûts d’exploitation normaux ne reflètent plus les coûts réels de production d’une once d’or.

« C’est un domaine qui exige beaucoup d’investissement, résume-t-il. La nouvelle mesure inclut les coûts d’acquisition du capital et d’exploration – autant les dépenses que les investissements d’exploration – ainsi que des dépenses générales et d’administration et de réinvestissement de maintien. »

Hazelton explique qu’il est primordial d’inclure les réinvestissements de maintien. « Nos investissements dans une toute nouvelle mine comme Cerro Negro en Argentine ou dans une importante expansion d’une mine existante comme Cochenour à Red Lake doivent nous permettre d’augmenter notre production annuelle, et devraient être pris en compte, » précise-t-il.

Il siège au comité du World Gold Council où l’on discute toujours du développement d’une méthode de mesure mondiale tout inclus. « Nous voulions commencer à communiquer sans attendre à tous les actionnaires et employés de Goldcorp qu’un consensus se développe chez nos pairs, » indique-t-il, ajoutant que quand l’industrie développera une mesure uniformisée, Goldcorp l’adoptera.

Yamana est une autre société minière qui a adopté une nouvelle mesure, et qui s’attend à ce que ses coûts totaux d’acquisition de fonds de maintien en 2013 ne dépassent pas 800 $ par once d’équivalent or, en tenant compte de la production d’argent.

Jose Suarez, directeur général d’Accenture et chef de l’industrie minière d’Amérique du Nord, croit que les implications sur le marché seront positives, puisque l’inefficacité des projets d’investissement nuit au marché de l’or. « Cela amènera une meilleure visibilité et plus de certitude sur le marché, sur toute la ligne, estime-t-il, non seulement pour les sociétés d’extraction d’or, mais pour tout le monde. » Il s’attend à ce que d’autres sociétés d’extraction d’or suivent la tendance, tout comme les autres secteurs de l’industrie minière.

Mais Suarez croit que les projets d’investissement devraient aussi être comptés dans les coûts totaux, à moins qu’ils ne s’inscrivent dans un projet de maintien des activités. « Les projets d’investissement devraient toujours figurer sur le bilan, et ils doivent être bien gérés pour éviter des dépassements de coûts comme nous en avons connus par le passé, » dit-il.

Selon George Topping, directeur général de Stifel Nicolaus Canada Inc., les gouvernements du monde entier augmentent continuellement les impôts des sociétés minières sur la base d’idées fausses maintenues par le faible coût d’acquisition de fonds. « Ils voient les sociétés minières comme des vaches à lait, alors qu’en fait, nous n’en sommes pas encore là, explique-t-il. Les gouvernements sont heureux de nous voir dépenser, et bien sûr, ils veulent profiter de l’explosion du cours des métaux. »

Pour satisfaire aux demandes des actionnaires, ajoute Topping, les sociétés minières recherchaient la croissance à tout prix. « Elles ont fini par comprendre que leur bilan ne leur permettait pas de tenir ce rythme de croissance, conclut-il. Barrick a 13 milliards $ de dettes, alors son bilan est très tendu, et les prochaines années devront servir à éponger cette dette. »

Topping compare la situation à celle de l’Europe. « Les sociétés ont beaucoup dépensé aussi longtemps qu’elles le pouvaient, jusqu’à ce que leurs créanciers se cabrent devant leurs bilans, résume-t-il. Les actionnaires se sont mis à voter avec leurs pieds. Les fonds s’écoulent hors du secteur et le cours des actions dégringole. Pour relancer l’apport d’argent, il faut mettre la barre moins haute et dépasser les attentes, afin d’atteindre nos objectifs plutôt que de décevoir de trimestre en trimestre. »

Il suggère aux gestionnaires de s’efforcer de regagner la confiance des investisseurs en achetant des actions avec leurs propres salaires, voire même en achetant des lingots d’or. « De cette façon, on aide à maintenir le cours de l’or, précise Topping. Il n’est pas nécessaire d’augmenter la production, il suffit d’augmenter l’exposition au cours de l’or sur son bilan en achetant de l’or. »

En outre, Topping ajoute que les investissements dans l’or pourraient être mieux intégrés à la valeur même de l’or. « Les dividendes pourraient même être versés en lingots, avance-t-il. Pourquoi pas? Quand on n’aime pas l’or, on ne devrait pas acheter une société d’extraction d’or. »

Traduit par SDL

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