février 2013

La mine d’or du Hollandais perdu : légende ou réalité?

Par Donna Alice Patton

Weaver’s Needle au lever du soleil | Photo par Eric Aldrich


Depuis des centaines d’années, les histoires de la mine d’or du Hollandais perdu ont attiré les chercheurs de trésor vers les monts Superstition, à l’est de Phoenix en Arizona. L’emplacement de la mine demeure un mystère jusqu’à nos jours, mais un grand nombre d’histoires en parlent.

Les Apaches furent parmi les premiers à découvrir l’or qui se cachait dans les monts Superstition. Quand le prêtre jésuite Eusebio Francisco Kino vint explorer la région dans les années 1700, il entendit parler d’un canyon secret qui contenait une veine d’or si large qu’on pouvait en extraire à pleines pelletées. Kino conseilla aux Apaches de cacher le trésor pour éviter une ruée vers l’or qui pourrait mettre en danger leur mode de vie et empiéter des territoires qu’ils considéraient sacrés. Mais l’histoire se répandit, et quand les chercheurs de fortune vinrent, bien décidés à piller les richesses du canyon, les Apaches devinrent hostiles. Les montagnes, demeure du dieu du Tonnerre des Apaches, devaient être protégées coûte que coûte. Les Apaches attaquaient les intrus, et rares étaient ceux qui osaient les mettre en colère.

Le baron du bétail mexicain Don Miguel Peralta était propriétaire de la mine Sombrero près de Weaver’s Needle, une colonne de roc de 1 000 pieds de haut dans les monts Superstition. Régulièrement après quelques années, il organisait une expédition pour extraire de l’or. Peralta avait beaucoup de respect pour les guerriers Apaches et tâchait de les éviter, mais aux environs de 1748, son expédition fut capturée. On estime que plus de 400 des travailleurs de Peralta furent massacrés à l’endroit que l’on nomme désormais Massacre Canyon. Seuls deux des descendants de Peralta survécurent selon les rumeurs, et aucun d’eux n’osa jamais revenir dans les montagnes.

Vers la fin du XIXe siècle, l’un des fils de Peralta, Don Miguel II, croisa le chemin de Jacob Waltz, une rencontre fortuite qui mit en branle le prochain chapitre de la légende de la mine du Hollandais perdu. Waltz, un immigrant allemand surnommé le Hollandais, sera le premier à exploiter vraiment la mine Sombrero. Prospecteur depuis 20 ans, il recherchait un filon qui ne cessait de lui échapper, jusqu’à ce qu’en 1868, il fonde une ferme dans la vallée de Salt River, dans le nord des monts Superstition.

D’après Curt Gentry, auteur de The Killer Mountains, Waltz et son partenaire de prospection Jacob Wiser sauvèrent Don Miguel II Peralta pendant une bataille et soignèrent ses blessures. Pour les remercier Peralta proposa un marché : si les deux hommes s’engageaient à partager les richesses avec sa famille, il leur accorderait la propriété temporaire de la mine Sombrero. Waltz et Wiser acceptèrent. Grâce à la carte de Peralta, ils localisèrent la mine facilement. Pendant des mois ils prélevèrent du minerai, abritant leurs recettes quotidiennes dans une cachette près de leur camp. Puis survint un événement tragique. Au retour de leur camp après avoir enterré des provisions, Waltz trouva le corps de Wiser en train de rôtir sur leur feu de camp, à la manière des guerriers Apaches.

Waltz avait extrait une fortune importante de la mine Sombrero, qui avec le temps était considérée comme sienne. On disait que Waltz connaissait les monts Superstition comme le fond de sa poche. La région, connue comme l’un des endroits les plus désolés et menaçants d’Amérique du Nord, ne présentait que peu de route, aucun point d’eau et très peu d’abris de la chaleur accablante, mais Waltz savait la traverser facilement. Les personnes cupides qui tentèrent de le suivre n’avaient aucun espoir de trouver leur chemin entre les serpents à sonnette et les scorpions venimeux.

À l’été 1891, Waltz se retrouva pris au piège quand sa ferme fut inondée et il attrapa la pneumonie. À l’article de la mort, il rampa jusqu’à la maison d’une amie, Julia Thomas, chez qui il mourut avant de pouvoir dessiner une carte pour situer la mine. Waltz ne put laisser en guise d’indications que des murmures enfiévrés et mystérieux. Après sa mort, la mine devint connue sous le nom de la mine d’or du Hollandais perdu.

Les chercheurs croient que la mine est située dans une zone naturelle protégée du nom d’Apache Junction, où toute extraction minière est interdite.

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Traduit par SDL

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