février 2013

Perspectives en matière de ressources humaines

Une approche collaborative à l’éducation des autochtones

Par Melanie Sturk

Si l’industrie minière continue d’investir dans la formation et l’éducation des peuples autochtones, il demeure un besoin de mieux comprendre comment augmenter le succès de cette éducation, qui débouche sur l’emploi dans le secteur minier. En réponse à ce besoin, le RHiM a organisé le Forum sur l'éducation autochtone dans le secteur minier, un événement qui a rassemblé des représentants de l’industrie minière, des institutions d’enseignement et des communautés autochtones à l’hôtel Hyatt Regency de Toronto, pour mettre en place des stratégies pour augmenter les résultats positifs de l’éducation des peuples autochtones dans le domaine minier, notamment par des actions que les participants peuvent entreprendre immédiatement dans leurs réseaux respectifs. Pendant les discussions du forum, des représentants d’éducateurs, de communautés et de l’industrie ont reconnu les bénéfices que rapporte la concertation pour identifier de nouvelles approches, car chacune des parties espère tirer avantage de ses succès. Bâtir des relations et communiquer le caractère unique de chaque collectivité sont apparus comme des étapes essentielles dans le travail commun qui permettra d’atteindre ce but. L’importance du mentorat a été mentionnée, ainsi que celle de développer des programmes de formation qui répondent aux besoins précis des différentes cultures, communautés et familles.

Les participants ont pressé les éducateurs et les membres de l’industrie de se tourner vers les communautés pour mieux comprendre les différents styles d’apprentissage. En outre, les membres des communautés croient qu’il faut faire plus d’efforts pour reconnaître les différences entre les méthodes d’apprentissage chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits. Ils ont insisté sur le fait que la reconnaissance des diversités culturelles entre les groupes autochtones du Canada, et l’implication des anciens et d’autres membres des communautés dans le processus d’apprentissage à titre de conseillers, pourraient donner plus de sens aux efforts d’éducation pour les peuples autochtones, et pourraient contribuer à maintenir les apprenants dans le système.

Le mentorat aux apprenants autochtones a aussi été nommé comme faisant partie intégrante du processus d’apprentissage et d’éducation. Les programmes de mentorat ont été reconnus comme un outil positif pour le soutien aux apprenants car cette méthode offre un modèle réaliste et disponible pour répondre aux questions. L’influence d’un mentor et ses conseils jouent aussi un rôle primordial auprès des jeunes en leur montrant ce qu’ils peuvent devenir, ce qui leur permet de ne pas perdre de vue leurs objectifs. Les participants croient que cette relation est souvent plus efficace que la méthode magistrale, ou pourrait faire un complément précieux. Elle est particulièrement efficace quand un mentor qui revient dans sa communauté peut montrer que l’acharnement et la persévérance peuvent amener le succès. Le mentorat pourrait être maintenu quand l’apprenant entre sur le marché du travail et continue d’acquérir de l’expérience.

Comme de nombreuses communautés autochtones ont leurs propres traditions culturelles et sont situées dans des régions éloignées, les besoins des membres des familles et de la collectivité sont différents de ceux que l’on trouve en milieu urbain. Pour cette raison, l’industrie devra privilégier une approche innovatrice et flexible dans la création de programmes éducatifs et de formation. Les peuples autochtones qui choisissent de fonder une famille à un jeune âge doivent avoir toutes les occasions d’apprendre et auront besoin de la flexibilité et du soutien d’une garderie au sein de leur communauté. Les programmes qui répondront aux besoins culturels et familiaux uniques de ces collectivités auront les meilleures chances de donner de bons résultats.

Le forum n’a pas traité que d’idées abstraites : il s’agissait aussi de passer à l’action. Les participants ont rempli des formulaires « Effet d’entraînement » à la fin de la journée, qui ont permis d’identifier une action à laquelle chacun s’engagerait : s’attaquer aux défis liés à l’éducation des communautés autochtones et à l’industrie minière. L’idée est qu’une action à petite échelle peut avoir des répercussions importantes. Les actions identifiés incluent la création de nouveaux contacts professionnels, la sensibilisation et la poursuite d’un programme de formation nouvellement découvert. Un répondant du secteur de l’éducation a quitté le forum avec l’intention d’évaluer la disponibilité du programme Mining Essentials du RHiM, qui enseigne à la fois les notions de base et les compétences pratiques qu’exigent les postes d’entrée dans le secteur minier. Au cours des prochains mois, le RHiM fera un suivi auprès des représentants sur la progression de leurs actions, pour communiquer les succès afin que l’optimisme et la volonté de collaborer exprimés au cours du forum puissent maintenir leur élan et entraîner un changement réel.

Les discussions du forum ont été capturées par des chercheurs et seront disponibles dans le rapport Résultats courants. Le rapport permet d’entrevoir les défis à relever pour obtenir de bons résultats en matière d’éducation auprès des peuples autochtones, de connaître des recommandations visant à augmenter le taux de succès de ces initiatives, et de fournir une base au développement de nouveaux partenariats et d’initiatives. Pour consulter la version complète du rapport, revoir les thèmes soumis à l’initiative Effet d’entraînement ou joindre le Réseau d’éducateurs autochtones de l’industrie minière, veuillez visiter le site www.aboriginalmining.ca ou vous adresser à Melanie Sturk, à l’adresse msturk@mihr.ca.


Melanie Sturk est directrice, Recrutement, rétention et transition au Conseil des ressources humaines de l’industrie minière (RHiM), le conseil national des ressources humaines pour l’industrie canadienne des minéraux et métaux. Le RHiM contribue à la force, à la compétitivité et à la durabilité de l’industrie minière en collaboration avec toutes les communautés d’intérêts dans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre de solutions de RH. Mme Sturk est responsable des initiatives visant à encourager les nouveaux travailleurs, plus particulièrement ceux des groupes sous-représentés, à entreprendre une carrière dans le secteur minier et à contribuer à l’amélioration de la diversité en milieu de travail.


Traduit par SDL

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