février 2013

Un pionnier partage ses leçons de vie

Charles Graham, lauréat du Prix de la Société de l’exploitation souterraine, partage ses connaissances avec les institutions d’enseignement de l’industrie

Par Correy Baldwin

« On se dit qu’on va suivre un chemin, et la vie nous mène sur un parcours différent, » résume Charles Graham, chef de la direction de l’Organisation de recherche de l'industrie minière canadienne. Il est le premier à recevoir le prix de la Société de l’exploitation souterraine depuis sa fondation par des membres de la Société de l'exploitation minière et des métaux en mai 2011. Depuis ses débuts avec des emplois d’été dans les mines de fer du Labrador alors qu’il étudiait en génie minier à l’université Queen’s, Graham a fait l’expérience du travail de chaque côté de l’industrie et a gagné la reconnaissance de ses pairs autant pour ses recherches en génie minier que pour les efforts qu’il a investis dans la formation de jeunes recrues.

Même étudiant, Graham ne se contentait pas de suivre un parcours unique. Il cherchait toujours à creuser sous la surface. « J’adorais les voitures, les engrenages, se souvient-il, alors j’envisageais tout du point de vue mécanique. » Il fit la connaissance d’un ingénieur minier qui gérait le service de l’entretien à la mine de fer. Ils s’entendirent « comme larrons en foire » et bien vite Graham se mit à travailler à l’entretien. Ce départ rapide et cette occasion de mentorat lui permirent d’obtenir un emploi comme inspecteur en santé et sécurité des mines en Ontario. Au début des années 1980 il était l’ingénieur principal de la mécanique des roches de l’Ontario.

« Cela fut une période très intéressante, car nous avions toutes ces secousses à Sudbury à la suite desquelles la commission Stevenson a dû se pencher sur la stabilité des sols et les secours dans les mines en 1985, » se souvient Graham. « Toute la région éclatait, l’activité sismique était palpable. L’une des recommandations de la commission à l’industrie minière de l’Ontario était de prendre une position plus forte et de mieux s’engager dans la recherche et le développement dans son propre domaine. » Cela mena à la création du Mining Research Directorate (MRD), dont Graham fut le premier directeur. Quand le MRD s’associa à d’autres organisations en 1983 pour devenir l’Organisation de recherche de l'industrie minière canadienne, Graham devint chef de la direction de la division minière, poste qu’il occupe depuis.

Aujourd’hui, l’Organisation de recherche de l'industrie minière canadienne coordonne la recherche, ce qui fait le pont entre les chercheurs et l’industrie, mais, selon Graham, il peut être difficile de respecter les échéances de chacune de ces parties. « Quelqu’un doit faire des compromis, entre la vision à plus long terme des chercheurs et les besoins de l’industrie, explique-t-il. Si je veux accorder un projet à un étudiant de maîtrise pour sa thèse, le projet devra durer 18 mois – mais en même temps, nous devons respecter les échéances de l’industrie, autrement les gens qui recevront la livraison du projet ne sont pas ceux qui en auront fait la demande. »

Il s’agit de travailler par étapes. « Nous devons décider quelles parties du travail peuvent être réalisées dans un délai raisonnable, ajoute Graham. Nous devons offrir aux membres de l’industrie un feu roulant d’innovations en petites bouchées pour leur montrer que nous participons toujours, que leur argent est bien dépensé, que nous posons les bonnes questions et livrons des produits qui leur sont utiles. »

Puisque Graham occupe une position intermédiaire entre la tour d’ivoire et le puits, il est particulièrement intéressé à faciliter la transition des étudiants vers le marché du travail. C’est un moment où, selon lui, de nombreuses sociétés minières évaluent mal leurs priorités.

« Le problème, c’est que l’entrée dans l’industrie est en lien direct avec la courbe des prix, » explique Graham, montrant des exemples de sociétés qui mettent à pied des étudiants pendant leur formation dès que le marché baisse. « Mon objectif est de contrer ces forces, pour aider les jeunes. »

Graham conseille d’aider les jeunes en formation pendant les baisses du marché et de développer des programmes qui intègrent la transition des études au travail par un passage en douceur entre l’académie et l’industrie. « Les étudiants ont acquis les habiletés nécessaires au moment de décrocher leur diplôme, ajoute-t-il. Les membres de l’industrie ont eu de bonnes occasions de travailler avec eux, et les étudiants ont déjà un état d’esprit orienté vers le travail, et ils n’ont pas perdu leur volonté d’apprendre. »

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Traduit par SDL

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