déc '13/jan '14

Le secret de la longévité

Aujourd’hui à la mine Santa Elena de SilverCrest Mines, une expansion est sur le point de se terminer, et la découverte de trois réseaux filoniens supplémentaires apporte une valeur ajoutée à la mine qui pourrait prolonger sa durée de vie

Par Correy Baldwin

Au début de l’année 2011, la société SilverCrest Mines de Vancouver a annoncé un projet d’expansion de trois ans à sa principale mine d’or et d’argent de Santa Elena, située dans le nord du Mexique. Aujourd’hui, au moment où l’expansion est sur le point de se terminer, la découverte de trois réseaux filoniens supplémentaires apporte une valeur ajoutée à la mine et pourrait prolonger sa durée de vie.

L’entreprise SilverCrest a donné les noms de Tortuga, Cholugo et Cholugo Dos à ses plus récents gisements filoniens « Le cholugo est un peu comme un raton laveur mexicain », explique Eric Fier, président et directeur de l’exploitation de SilverCrest. En 2008, lorsqu’un groupe de banquiers a visité Santa Elena pour la première fois, ils ont aperçu plusieurs cholugos sur le site et le nom est resté. « C’est notre mascotte maintenant », lance-t-il à la blague.

M. Fier a toutes les raisons de se réjouir. Non seulement le projet d’expansion de Santa Elena de SilverCrest est-il sur le point de se terminer, mais les premiers essais indiquent que les nouveaux filons ont considérablement accru la taille du gisement, ainsi que la durée de vie de la mine. Si les estimations antérieures faisaient état d’un projet d’expansion de six ans, SilverCrest indique maintenant que la vie de la mine sera prolongée d’au moins huit ans. En outre, les possibilités de faire de nouvelles découvertes demeurent élevées.

Le projet d’expansion lui-même fait passer Santa Elena de la lixiviation en tas à ciel ouvert à une exploitation souterraine et de concentration, laquelle comprend une usine de traitement à décantation à contre-courant classique de 3 000 tonnes par jour. « L’expansion et l’usine de concentration ont toujours fait partie de nos plans », affirme M. Fier. « Ce n’était qu’une question de temps et de financement. En fait, nous sommes en mode expansion depuis le jour où nous avons commencé la lixiviation en tas à ciel ouvert. »

Extraire selon ses moyens

SilverCrest s’est d’abord intéressée au site en 2005, avant d’en obtenir la pleine propriété en août 2009. En 2010, l’entreprise a mis en oeuvre la mine à ciel ouvert, ainsi que les installations et l’infrastructure de la mine, y compris un remblai de lixiviation et un broyeur. Avant la fin de 2010, Silver- Crest avait extrait ses premières 335 880 tonnes de Santa Elena et avant le mois de juillet 2011, la mine était en phase de production commerciale à plein régime. Vers la fin de 2010, lorsque le projet a commencé à générer des liquidités, l’entreprise a entrepris son étude des plans d’expansion.

La transition entre la lixiviation et la concentration semblait logique d’un point de vue économique. Au moment où Silver- Crest finançait la phase de construction du projet en 2009, les prix de l’argent et de l’or étaient inférieurs à ceux d’aujourd’hui. Puisqu’on estimait le coût du financement requis pour une mine à ciel ouvert et une usine de concentration à 80 millions de dollars américains, le choix de la lixiviation en tas, à 20 millions de dollars américains, allait de soi. « L’approche progressive s’est avérée un excellent modèle d’affaires », indique M. Fier. « Nous avons été en mesure de générer des liquidités et de les réinvestir dans la mine sans avoir recours au marché pour le financement et la dilution des actions, ce qui est bon pour nos actionnaires actuels.

Pour le cycle de lixiviation de 300 jours, les taux de récupération sur le remblai sont d’environ 67 pour cent pour l’or et de 35 à 40 pour cent pour l’argent, laissant beaucoup de métaux en stock sur le remblai de lixiviation. Compte tenu du prix actuel des métaux, la valeur brute recouvrable sur le remblai représente plus de 100 millions de dollars, que nous envisageons de retraiter au moyen de la nouvelle usine de concentration. Le remblai de lixiviation lui-même servira plus ou moins à payer la construction de l’usine de concentration. »

Une marge de manoeuvre propice aux profits

M. Fier prévoit que la transition entre la lixiviation en tas à ciel ouvert et la concentration en usine aura lieu dans la première moitié de 2014, tandis que la production souterraine commencera dans la deuxième moitié de 2014. Avant la fin de l’année, l’usine devrait traiter un mélange provenant de la mine souterraine et du remblai de lixiviation.

« Nos coûts d’exploitation de l’année en cours devraient se situer sous la barre des 8 $ US par once équivalent argent, dépassant ainsi notre objectif de 8,50 $ communiqué au marché. Les coûts tout compris sont d’environ 13 $ US. Puisque l’argent est à environ 22 $ US, nous avons une excellente marge de manoeuvre pour réaliser des profits », affirme M. Fier.

Le projet d’expansion aura des coûts en capital totaux d’environ 82 millions de dollars américains et des coûts d’exploitation totaux de 282,2 millions de dollars américains, ce qui représente une moyenne de 11 $ US par once équivalent argent au cours des huit prochaines années.

La production de l’année 2013 devrait se situer autour de 2,4 millions d’onces équivalent argent et augmenter à 3,5 millions d’onces en 2014, lorsque SilverCrest atteindra sa pleine capacité. Au total, l’expansion permettra de produire 12,12 millions d’onces d’argent et 262 739 onces d’or.

Cet été, SilverCrest a obtenu une ligne de crédit de 40 millions de dollars auprès de la Banque Scotia en vue du projet d’expansion. « C’est un filet de sécurité, en fonction de l’évolution des marchés », explique M. Fier, ajoutant que le lien avec la banque permet d’accroître la crédibilité du projet.

« Nous l’avons mis en place au cas où nous aurions besoin d’argent, et il ne semble pas que nous en aurons besoin. »

Les estimations de ressources déjà favorables feront l’objet d’une mise à jour lors de l’analyse des réseaux filoniens nouvellement découverts. Les nouveaux gisements – tous découverts depuis que SilverCrest a publié son étude de préfaisabilité de l’expansion en juillet 2013 – sont liés au gisement principal.

Selon M. Fier, la géologie du site est idéale. « Dans la zone minéralisée principale de Santa Elena, le gisement lui-même est très continu. Nous avons la chance d’avoir de bonnes largeurs. La largeur est de 25 à 30 mètres en surface et d’environ 13 mètres au niveau souterrain. Il s’agit d’un gisement exploitable en masse à faible coût. »

En novembre, l’entreprise avait procédé à la construction de plus de 1 800 mètres de rampe souterraine. Le calendrier de la mine souterraine décrit dans l’étude de préfaisabilité de juillet s’amorce avec l’abattage par longs trous, avant de passer à l’abattage par chambre remblayée plus tard au cours du cycle de vie de la mine. La largeur d’abattage moyenne devrait être de 13,4 mètres.

Changement de politique

En septembre dernier, le président du Mexique, Peña Nieto, a dévoilé ses plans de vaste réforme fiscale, y compris un impôt minier proposé de 7,5 pour cent, ainsi qu’une redevance annuelle de 0,5 pour cent sur les ventes d’or, d’argent et de platine. M. Fier explique que la loi est toujours à l’étude et que peu importe sa forme définitive, elle n’entrera probablement pas en vigueur avant 2014. « Il faudra attendre les résultats », dit-il. « Nous tentons encore de comprendre ce qui peut être déduit et ce qui ne peut pas l’être. Nous sommes actuellement en attente. »

« Il est certain que cela aura une incidence sur notre marge de profit. Mais de manière considérable ? Il nous faudra attendre de voir. » Selon lui, le vrai risque est l’incidence que pourrait avoir la réforme fiscale sur les investissements futurs au Mexique.

« Je n’ai aucun problème à payer un peu plus d’impôt si je bénéficie du soutien et des services du gouvernement », mentionne- t-il. « Et je suis tout à fait d’accord avec l’idée de prendre une partie de cet argent et le réinvestir dans les collectivités. Nous soutenons déjà les collectivités locales à un certain coût, alors je suis tout à fait d’accord. Mon inquiétude tient au fait qu’ils établissent un impôt qui ira dans un fonds général et que personne n’en verra les fruits sur le plan du développement des services ou de la collectivité. »

« Il y a de nombreuses collectivités à moins de 60 kilomètres du site et nous sommes le plus important employeur de la région », ajoute M. Fier. Bien qu’on fasse appel à des soustraitants pour environ 100 à 150 postes du projet d’expansion, la main d’oeuvre permanente représente 200 postes. « À l’heure actuelle, plus de 80 pour cent de nos employés proviennent d’endroits situés à environ 20 kilomètres du site minier, et 99 pour cent proviennent de l’État de Sonora. »

« Puisqu’il s’agit d’une zone agricole, les gens comprennent la machinerie, l’irrigation, la tuyauterie et le câblage. Il n’est pas difficile de faire appel aux habitants de la région et de les former pour exploiter la mine. »

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