déc '13/jan '14

Lettre du rédacteur en chef

Une résolution pour la nouvelle année

Par Ryan Bergen

« Il n’est pas possible de changer cela d’un seul coup, mais on peut au moins changer ses propres habitudes. »

~ George Orwell

Il y a quelques semaines, j’ai pris le temps de ranger mon bureau. Ce fut une expérience enrichissante : j’ai jeté les feuilles inutiles et retrouvé celles qui étaient importantes. La découverte la plus utile fut un essai qui circulait dans le service des publications plus tôt cette année.

L’essai Politics and the English Language de George Orwell met au défi le lecteur de restaurer son sens critique en utilisant des expressions claires et en évitant les termes vagues et dénués de sens. « En simplifiant votre langage, selon l’auteur, vous vous prémunirez contre les pires sottises de l’orthodoxie. Vous ne pourrez plus utiliser aucun des jargons de rigueur, si bien que lorsque vous formulerez une idée stupide, sa stupidité sera évidente pour tous, y compris pour vous-même. »

Orwell se préoccupait de l’orthodoxie politique, mais son plaidoyer pour la clarté du langage et la pensée critique s’applique à toutes les professions. Ses idées ont trouvé un écho à notre magazine, où nous laissons parfois le jargon et les mots à la mode diluer les pensées originales. Et les sociétés minières qui agissent sur la base de renseignements douteux pourraient bénéficier d’un rappel de la logique d’Orwell. Plusieurs d’entre elles ont pris des décisions d’investissement et d’exploitation sans procéder à une évaluation soignée, poussées par l’orthodoxie qui voulait que la croissance et les prix élevés perdureraient. « Nous n’avons pas déployé notre capital d’investissement très intelligemment, » résumait pour l’industrie minière Robert Pease, chef de la direction de Sabina Gold & Silver, à la conférence sur l’ingénierie de l’entretien/l’exploitation de mines (MEMO) l’automne dernier. « Tout le monde en reçoit maintenant la leçon. »

Le coût de l’insouciance en matière de renseignements se chiffre en lecteurs indifférents, mais le spectacle de la comptabilité des sociétés minières se déroule au grand jour : des milliards de dollars de dépréciations et des actionnaires furieux.

En guise de retombées, la dernière année a vu la mise à pied de nombreux travailleurs talentueux et expérimentés, ce qui répond aux besoins financiers immédiats mais peut amplifier les problèmes à long terme auxquels l’industrie devra faire face. Les sottises de l’orthodoxie ne sont pas les seules forces qui ont entraîné l’industrie dans cet état, mais avec un peu de discipline et un raisonnement clair, elles auraient pu être évitées. J’espère que le talent qui a été perdu pourra être retrouvé au cours de la prochaine année pour nous aider à départager les idées utiles des sottises évidentes. Chez CIM Magazine, nous comptons les uns sur les autres, nous comptons sur nos nombreux contributeurs, ainsi que sur vous, lecteurs, pour nous aider à en faire autant et à balayer les absurdités qui encombre les espaces de travail, qui émoussent l’esprit et qui nous laissent appauvris.

Ryan Bergen
Éditeur en chef
editor@cim.org
@Ryan_CIM_Mag

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF