déc '13/jan '14

L'industrie en bref

Par Peter Braul et Herb Mathisen

Le Canada et la Chine comparent leurs notes en matière d’évaluation minière

Un groupe de professionnels de l’industrie minière canadienne a accueilli une délégation de l’autorité de l’évaluation minière de Chine à Toronto, à la mi-octobre, pour l’atelier d’évaluation des mines Canada-Chine. L’objectif de l’atelier, d’après Keith Spence, co­président du comité spécial de l’ICM sur l’évaluation de propriétés minières, était de permettre aux professionnels canadiens comme chinois de partager leurs méthodes d’évaluation des projets miniers aux phases de l’exploration, du développement et de la production. « Je crois qu’il s’agissait surtout d’élargir la relation qui nous unit, » résume­t-il, ajoutant que compte tenu des investissements de la Chine au Canada, cela aidera aussi les entreprises à comprendre les grilles de calcul sur lesquelles les investisseurs chinois basent leurs décisions.

Les représentants chinois ont présenté leurs approches d’évaluation de projets à une foule de géologues, de banquiers, de dirigeants et d’avocats, précise Spence. Certaines différences de pratique étaient apparentes. « En général, dans la façon dont nous abordons l’évaluation, nous avons peut-être quelques avantages sur la Chine, mais sur la façon dont l’évaluation est encadrée, c’est plutôt l’inverse, » ajoute Spence. « La Chine dispose d’un processus d’accréditation plus efficace autant pour les entreprises qui procèdent aux évaluations en Chine que pour les individus. » Mais le Canada dispose de meilleurs outils pour utiliser une approche basée sur le marché afin de crédibiliser une évaluation de projet, note Spence. C’est en partie grâce au fait que le Canada compte plus de sociétés cotées en bourse, et aussi parce que « nos marchés d’investissement sont ouverts et libres depuis longtemps, et je crois que le marché d’investissement chinois est plutôt jeune et ne dispose pas de la richesse de données, du recul, ni même de la quantité de données sur lesquels nous pouvons nous baser. »

Les fonctionnaires fédéraux donnent leur accord au projet de diamant de Gahcho Kué

Les perspectives futures du marché du diamant aux Territoires du Nord-Ouest sont un peu plus radieuses depuis que le gouvernement fédéral a approuvé le projet de partenariat de Gahcho Kué le 22 octobre dernier, à la suite de l’autorisation obtenue de l’Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie. De Beers détient 51 % du projet, le reste appartenant à Mountain Province Diamonds. L’office de réglementation du territoire avait recommandé que le projet situé à 280 kilomètres au nord-est de Yellowknife ne puisse aller de l’avant que si des mesures supplémentaires d’atténuation de l’impact environnemental étaient mises en place pour en réduire l’impact potentiel sur les hordes de caribous de la région. Patrick Evans, chef de la direction de Mountain Province Diamonds, indique que les recommandations « n’ont pas eu d’impact sur la conception du projet, ni sur les plans de construction, » ajoutant que les mesures s’appliquent au contrôle des populations de caribous. « Que ces mesures soient liées à l’approbation ou pas, notre coentreprise aurait entrepris ce travail dans le cadre normal de ses activités, » explique-t-il.

Le partenariat a demandé des permis d’utilisation des terres et de l’eau le lendemain de l’obtention de l’approbation du gouvernement fédéral, et Evans souligne qu’elle s’attendait à recevoir un permis temporaire avant la fin de novembre, ce qui marquerait le début de la phase de construction de 24 mois du projet. Cet hiver, on construira principalement une piste d’atterrissage permanente au site éloigné et on déblaiera le terrain pour ériger un camp de construction. Evans ajoute que 1 000 camions prendront la route de glace en mars pour livrer de l’équipement, notamment les matériaux nécessaires à la construction du camp et des éléments du système de génération d’électricité. L’entreprise s’attend à employer près de 700 travailleurs pendant la construction et presque 400 travailleurs pendant les 11 ans d’exploitation de la mine.

Les profits de PotashCorp fléchissent au T3

Après les perturbations de l’été dernier sur le marché de la potasse, la société PotashCorp de Saskatoon a vu ses profits baisser au troisième trimestre, passant de 645 millions $ à la même période en 2012 à 356 millions $. « Le dernier trimestre se caractérise par une réponse prévisible à un événement sans précédent, » indique Bill Doyle, chef de la direction de PotashCorp dans un communiqué, faisant référence au retrait par le producteur de potasse russe Uralkali d’un partenariat européen d’exportation de potasse. Une action qui a perturbé le marché mondial de la potasse. D’après Doyle, le geste d’Uralkali a causé une diminution de la demande alors que les clients, notamment les clients contractuels d’Inde et de Chine, s’attendaient à une baisse des prix. Ce qui arriva, le prix réalisé moyen de la potasse atteignant 307 $ la tonne au troisième trimestre de 2013 contre 429 $ au même moment en 2012. « En résultat, nos expéditions de potasse aux marchés national et outremer ont diminué, » indique Doyle. Avec la production du trimestre en baisse de 27 pour cent sur la même période l’an dernier, Doyle ajoute que PotashCorp réduira ses prévisions annuelles d’entre 8,5 et 9,2 millions de tonnes à entre 8,0 et 8,4 millions. Malgré la morosité de ce trimestre, Doyle maintient que l’entreprise et son partenaire d’exportation Canpotex tireront avantage de la décision d’Uralkali sur le long terme, et suggère que l’entreprise russe a nui à sa réputation en agissant d’une manière aussi drastique en juillet.

De nouvelles règles pour les projets qui exigent une évaluation environnementale

Les nouvelles mines de potasse et de graphite, usines de traitement des sables bitumineux et fonderies ne feront désormais plus l’objet d’une évaluation environnementale dans tous les cas, selon les réglementations publiées par le gouvernement fédéral à la fin octobre. Après une période de révision de six mois qui a débuté en avril dernier, dans le cadre de la refonte de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, le gouvernement fédéral a porté la touche finale aux réglementations qui indiquent quels projets – et projets d’expansion – seront soumis à la procédure d’évaluation environnementale.

Dans de nombreux cas, le rapport définit des seuils portant sur les objectifs de production prévus. Selon que le niveau de production attendu de la société qui propose le projet est au-delà ou en-deçà du seuil, la société devra ou non déposer une description de projet, que l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE) étudiera pour vérifier si le projet doit faire l’objet d’une évaluation environnementale ou pas. Les mines de potasse et de graphite et les usines de traitement des sables bitumineux n’ont pas à soumettre une description de projet, mais la loi « permet au ministère de l’environnement d’ordonner une évaluation pour les projets qui ne sont pas nommés dans la réglementation mais pourraient avoir des conséquences environnementales prévues par les lois fédérales, » indique Sharleen Bannon, conseillère en communication principale de l’ACEE. La réglementation exige aussi des mines de diamant d’une capacité production de 3 000 tonnes par jour ou plus qu’elles déposent une description de projet, et elle rabaisse le seuil pour les mines de terres rares à une capacité de production de 600 tonnes par jour.

Les affaires vont bien pour North Bay

Les sociétés du nord de l’Ontario ont obtenu de l’aide en septembre, avec l’ouverture du Centre d’innovation pour la fabrication de pointe (ICAMP) au collège Canadore de North Bay. Dans le but d’encourager le développement et l’amélioration de produits à l’échelle locale tout en maintenant les activités commerciales et l’emploi dans le nord de l’Ontario, l’ICAMP suscite déjà l’intérêt du secteur minier de la région. « Nous avons déjà commencé à travailler sur certains projets très intéressants avec des sociétés minières, » annonce Charles Gagnon, le directeur des relations d’affaires du collège.

Le centre offre un équipement à la fine pointe de la technologie et des laboratoires que les entreprises peuvent utiliser pour concevoir, tester et améliorer leurs nouveaux produits et procédés. Gagnon donne pour exemple le microscope électronique à balayage et l’équipe formée dont le centre disposera bientôt, une expertise qui sera à la disposition des petites entreprises désirant accéder à cette technologie coûteuse. « Certaines grandes sociétés minières ont ces ressources, mais elles ne sont pas accessibles aux plus petites compagnies qui ne peuvent même pas s’imaginer se les offrir, » indique-t-il. L’ICAMP a développé des partenariats avec des organismes de financement pour encourager les entreprises locales à travailler avec le centre et a tissé des liens avec des installations comparables dans les régions environnantes, comme le Material Joining Innovation Centre de Kirkland Lake. « Nous développons des partenariats qui nous permettront d’offrir le meilleure service aux entreprises, » souligne Gagnon.

Des dossiers convaincants à la compétition nationale de l’industrie minière

Plus de 50 étudiants de 11 institutions d’enseignement post-secondaire ont participé à la deuxième compétition annuelle nationale de l’industrie minière à Saskatoon, du 31 octobre au 3 novembre. La compétition d’études de cas d’étudiants du secteur minier qu’accueillait l’Edwards School of Business de l’Université de Saskatchewan met au défi des étudiants de commerce, de géologie et de génie de travailler ensemble au développement d’une stratégie pour réagir au problème commercial d’une société minière fictive. Chaque équipe doit tenir compte des risques politiques, environnementaux et économiques inhérents à son scénario. Cette année, le défi concernait le développement de la propriété d’une mine d’or. Les équipes disposaient de 38 heures pour établir leur stratégie et la compétition leur permettait de poser des questions à 11 consultants touchant notamment le service technique, la chaîne d’approvisionnement et les relations avec les investisseurs, pour les aider à étoffer leur plan d’affaires. Après une présentation préliminaires, trois équipes ont pu passer à la présentation devant le panel final des juges composé de chefs de la direction financière, de dirigeants et d’un ancien chef de la direction de l’industrie minière, le tout dans une présentation sur le modèle d’un conseil d’administration. Les juges pouvaient poser des questions et pousser les équipes pendant leur présentation. « Notre objectif, » indique Cole Thorpe, co-président de l’événement, « est d’essayer de simuler le milieu réel de l’industrie minière. » L’équipe de Michigan Tech a remporté la compétition, et Kent Janostin, co-président l’événement, souligne que l’équipe a bénéficié du fait que l’un de ses membres revenait d’un séjour de travail chez Barrick Gold. Thorpe et Janostin ont tous deux hâte de voir l’événement de l’an prochain, ayant vu la participation globale passer de 36 à 56 étudiants cette année.

Barrick interrompt Pascua-Lama

Face à la tourmente juridique de l’an dernier, aux problèmes environnementaux et même à une interruption de travail, Barrick a interrompu la construction de l’énorme projet aurifère Pascua-Lama de 8,5 milliards $ à la fin octobre. Ce geste, que l’entreprise a qualifié de temporaire, évitera à la société minière jusqu’à 1 milliard $ en dépenses d’investissement en 2014, selon son chef de la direction, Jamie Sokalsky. « Nous avons conclu qu’à ce point-ci, il est plus prudent d’interrompre le projet, mais bien sûr, nous nous gardons la possibilité de reprendre la construction et de terminer le projet lorsque les défis actuels se seront amoindris, » résume-t-il. L’entreprise poursuivra tout le travail de conformité environnementale et d’obligation sociale lié au projet Pascua-Lama, rassure Sokalsky, qui ajoute que Barrick dépensera tout de même environ 250 à 300 millions $ sur ce projet l’an prochain. Dans le rapport financier du troisième trimestre, Barrick a annoncé qu’elle prévoit lever environ 3 milliards $ par la vente d’actions.

Une entente commerciale met fin aux tarifs d’importation aux États-Unis

C’est environ 98 pour cent des tarifs que les exportateurs canadiens n’auront plus à payer sur les envois vers l’Europe après la mise en application de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et les États-Unis. Le premier ministre Stephen Harper et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne se sont entendus sur les termes de l’entente en octobre. Le processus de mise en application devrait prendre entre 18 et 24 mois, et en bout de ligne, tous les tarifs douaniers seront éliminés sur le minerai. L’entente n’aura aucun effet sur les plus importantes exportations minières du Canada vers l’Europe (les métaux précieux et les pierres précieuses) car ceux-ci ne sont soumis à aucun tarif actuellement. Mais les secteurs de l’aluminium, du nickel, du fer, de l’acier et des métaux non ferreux en bénéficieront grandement.

Pierre Gratton, président et chef de la direction de l’Association minière du Canada, souligne que l’entente « favorisera la mobilité de la main-d’œuvre et encouragera les investisseurs Européens à investir dans le secteur minier canadien. » On s’attend à une forte augmentation de l’investissement étranger direct de l’Europe au Canada, car l’entente favorisera aussi la coopération en matière de réglementation. Actuellement, l’investissement dans l’industrie minière représente neuf pour cent de l’ensemble de l’investissement étranger direct au Canada.

Une évaluation publique des projets de terres rares du sud du Québec?

Bien que les révisions du Parti Québécois à la loi sur les mines aient été annulées, les lois qui régissent les procédures de révision environnementale pour les projets de terres rares pourraient entrer en vigueur sans être votées. Le ministre de l’environnement du Québec, Yves-François Blanchet, a fait part de son intention de travailler sans le soutien des partis d’opposition pour établir un processus d’évaluation publique pour tous les projets de terres rares dans le sud de la province, quelle que soit leur taille. Sous le nom de Bureau d’audiences publique sur l’environnement, ou BAPE, ce processus ne s’applique actuellement qu’aux projets qui produisent plus de 7 000 tonnes par jour, ce qui est très gros pour un projet de terres rares.

Au moins deux sociétés d’exploration, Matamec et Quest Rare Minerals, ont communiqué au ministre Blanchet leur engagement à participer au processus du BAPE. « Ces sociétés veulent faire l’effort de s’assurer que la société accepte leurs projets, » a indiqué Blanchet à La Presse en novembre. Il ajoute que l’implication des sociétés minières l’a encouragé à aller de l’avant rapidement avec ce processus.

La mise en place du processus du BAPE rendrait le processus de consultation environnementale pour les projets dans le sud de la province équivalent à ce qui est déjà en place dans le nord. « Le nord a son propre processus d’évaluation environnementale, le COMEX (comité d’examen), dont le rôle est comparable à celui du BAPE, » précise Frédéric Gauthier, directeur du développement durable pour la société d’exploration de terres rares GéoMégA. « Sur le territoire couvert par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, tous les projets miniers sont soumis au COMEX. »

La mine de sables bitumineux Fort Hills de 13,5 milliards $ ira de l’avant

La mine de sables bitumineux Fort Hills pourra aller de l’avant, après que ses trois partenaires aient accepté par vote de bâtir le projet de 13,5 milliards $ situé à environ 90 kilomètres au nord de Fort McMurray. Suncor, qui détient une part de 40,8 pour cent du projet, développera et exploitera le projet de 3,3 milliards de barils. Total E&P Canada contrôle 39,2 pour cent de Fort Hills et Teck Resources détient une participation de 20 pour cent. Le 31 octobre, Steve Williams, chef de la direction de Suncor, a rappelé aux investisseurs que « Fort Hills est le meilleur actif de sables bitumineux non développé dans la région de l’Athabasca. Le projet profitera de notre riche expérience de l’industrie minière et de notre infrastructure bien établie dans la région. » La première production de pétrole est attendue pour le quatrième trimestre 2017, et le projet atteindra 180 000 barils par jour à pleine capacité. Suncor estime que la mine demeurera en activité pendant 50 ans.

Le Temple de la renommée du secteur minier canadien accueille quatre nouveaux membres

Le 16 janvier, le Temple de la renommée du secteur minier canadien accueillera John McOuat, Mark Rebagliati, Kathleen Rice et David Robertson lors de sa soirée d’intronisation annuelle en Toronto. Collectivement, la carrière de la fournée de cette année couvre plus d’un siècle.

Née en 1882, Kathleen Rice a fait des découvertes qui dépassent de loin ses importantes concessions au Manitoba et en Saskatchewan. À une époque où la loi ne considérait pas les femmes comme des « personnes », elle a découvert que la prospection était un mode de vie dans lequel elle excellait. « Aucune femme ne doit hésiter à se lancer dans le secteur minier parce qu’elle est une femme, » a-t-elle déclaré.

Plus récemment, Mark Rebagliati, né en 1943, a laissé sa marque comme explorateur légendaire, ayant pris part à la découverte de dépôts importants comme Red Chris, Mount Milligan, Kemess et bien d’autres. David Robertson a joué un grand rôle dans la création de la Potash Corporation of Saskatchewan comme société de la couronne. Par son travail, il a touché plusieurs matériaux et pays, et son expertise a été reconnue pendant des décennies, autant comme partenaire chez Coopers & Lybrand que comme consultant indépendant. Un autre éminent consultant, John McOuat figure parmi les partenaires fondateurs de la firme indépendante de consultants miniers et de géologie la plus durable du Canada : Watts, Griffis and McOuat. Ingénieur géologue de formation, il a gagné la réputation de facilitateur de projets internationaux de grande envergure et d’ambassadeur de l’expertise pratique canadienne dans le monde.

Lancement d’un groupe de travail mondial sur la comminution efficace

Robert McIvor, directeur général et chef métallurgiste des systèmes de broyage chez Metcom Technologies, dirige un nouveau groupe de travail qui espère rafiner et formaliser les meilleures pratiques d’application de la méthode de Bond pour évaluer objectivement l’efficacité de la comminution. Le groupe A Standard for Industrial Comminution Efficiency compte aussi fournir une base de données d’étalonnage pour l’ensemble de l’industrie.

Puisque l’énergie nécessaire à la comminution se calcule de différentes manières, il est difficile de comparer objectivement l’efficacité de différentes opérations. « Il existe plusieurs sources d’erreurs à l’expérimentation et à l’échantillonnage, » précise McIvor. Mais si les mesures sont normalisées et faciles à comprendre, il espère que les opérations seront en mesure de prendre des décisions d’affaires mieux informées quant à la modification de leurs circuits de broyage.

« L’objectif de cette norme est d’offrir un outil aux dirigeants d’entreprises, aux directeurs d’usines et aux vice-présidents de la technologie, » indique-t-il, ajoutant que la norme de Bond peut établir objectivement l’efficacité de tout circuit de broyage, qu’il utilise des boulets, des barres, des rouleaux à haute pression ou toute autre technologie.

Le groupe recrute actuellement des membres et invite les personnes intéressés à entrer en contact sur son site internet, disponible sur le site des Normes et les directives mondiales pour l’exploitation minière. La première rencontre en personne du groupe de travail sur les normes d’efficacité aura lieu lors du SME Annual Meeting & Exhibit à Salt Lake City, en février.

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