déc '13/jan '14

La fin de l’expérience

La mine de recherche souterraine de CANMET fermera ses portes à Val-d’Or

Par Andrew Livingstone

Une usine de recherche bien établie dans un centre minier du Québec fermera bientôt ses portes, laissant une partie de la collectivité dans l’incertitude quant à l’impact qu’aura la fermeture sur la recherche et la formation minières dans la région. Les activités de recherche souterraines à la mine expérimentale CANMET-MMSL (Mining and Mineral Sciences Laboratory) à Val-d’Or, Québec, devraient prendre fin à la mi-décembre et tout l’équipement et l’infrastructure devraient en être retirés en février.

La mine d’or Beacon a été convertie en site de test et de recherche en 1991 pour offrir aux sociétés la chance d’essayer de nouveaux équipements et de nouvelles méthodes de formation et de sécurité dans un environnement minier réel. La mine expérimentale était offerte dans le cadre du mandat de CANMET, une division de Ressources naturelles Canada (RNCan), pour aider au développement des technologies d’extraction minière souterraine. Les innovations en forage et en fragmentation, en communication souterraine, en téléguidage de véhicule, en ventilation automatisée et en développement de véhicules à énergie de substitution ont aidé l’industrie à améliorer son efficacité et sa rentabilité dans tout le pays.

« Nous maintiendrons notre engagement en matière de développement des aptitudes scientifiques et technologiques du secteur minier, » indique Joshua Kirkey, porte-parole de NRCan, au sujet de la fermeture. La fermeture de la mine, qui selon le gouvernement était trop onéreuse à maintenir en exploitation, permettra d’économiser près de 300 000 $ chaque année. Le site de Val-d’Or dispose d’équipement minier et d’installations de surface comme des bureaux, des laboratoires et des ateliers qui permettent aux entreprises de procéder à des tests et faire de la recherche. Kirkey souligne que les laboratoires et les ateliers du site demeureront ouverts.

Jean-Yves Poitras, commissaire industriel de la corporation de développement industriel de Val-d’Or, précise que malgré le fait que le site ait été peu utilisé au cours des dernières années, la ville a essayé de le maintenir ouvert en faisant payer le service aux sociétés qui l’utiliseraient pour poursuivre leurs recherches souterraines. Mais le gouvernement fédéral a estimé que l’installation représentait un risque d’accident, et la ville n’a pas été en mesure de soumettre un plan d’affaires dans le délai imparti.

« Si l’on n’innove pas, on se fait renverser par la concurrence, » indique Poitras, ajoutant que la mine expérimentale avait fait ses preuves en matière de recherche et développement au cours des 20 dernières années. Il croit qu’il est toujours possible pour Val-d’Or de trouver de nouveaux clients pour utiliser le site, notamment la commission scolaire locale qui offre un programme de formation dans le domaine minier.

On peut dépenser de l’argent en développement de ressources, dit-il, « mais le savoir, on peut l’utiliser et le partager, et il est important pour les petites collectivités comme la nôtre d’investir dans leur avenir. En reprenant l’exploitation du site, nous pourrions y ramener des programmes de formation et devenir innovateurs nous-mêmes. »

Marcel Jolicoeur, président de la chambre de commerce de Val-d’Or, rappelle que si le gouvernement fédéral veut démontrer son soutien continu en formation dans le domaine minier aux Canadiens, il devrait être prêt à collaborer avec Val-d’Or à la création d’un site de formation pour les futurs travailleurs du secteur – avec un nouvel équipement innovateur. « Pouvoir former les étudiants sur place, » résume Jolicoeur, « ce serait merveilleux. »

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF