déc '13/jan '14

Technologie

Des millions de « travailleurs bon marché » en mal de gestion

Par Gabe Kalmar

La science génomique vise à déchiffrer et à comprendre l’information génétique complète d’un organisme. Dans le secteur minier, cela nous permet de comprendre, à un niveau moléculaire, l’impact que les microbes peuvent avoir sur les processus industriels. Fort de cette connaissance, nous avons la capacité de faire évoluer les technologies qui peuvent exploiter les bactéries et autres processus biologiques qui peuvent potentiellement réduire les coûts et améliorer la sécurité et la performance environnementale.

De nombreux problèmes bien connus dans les mines aujourd’hui peuvent être corrigés par les technologies propres à la génomique. Parmi les exemples, on retrouve la surveillance de l’effluent et l’atténuation du risque d’impact environnemental, la conception d’outils pour tester les effets sur l’environnement, incluant la toxicité pour les poissons et la faune, l’amélioration de la récupération des minéraux ciblés et des résidus d’extraction de minerais de teneur inférieure, l’identification de dépôts potentiels attrayants, le développement des techniques de traitement plus abordables et l’augmentation de la robustesse des pratiques de réhabilitation biologique.

Il existe de nombreuses applications commerciales profitables des technologies à base de bactéries dans le secteur minier, mais un manque de compréhension des contributions biologiques a entravé une utilisation plus répandue, donnant lieu à l’incapacité de contrôler étroitement les processus et à une diminution de la fiabilité dans l’ensemble. Le secteur, en conséquence, peut être hésitant à adopter de telles technologies même si elles ont le potentiel de créer des économies supérieures aux méthodes de traitement conventionnelles. Par exemple, la sensibilité aux changements soudains de l’environnement adjacent comme les flux, la température ou le pH peut être réduite plus efficacement qu’avec les mesures de contrôle actuelles, si les contributions biologiques dans de tels processus sont mieux comprises par la génomique. Fondamentalement, nous pouvons identifier les causes qui auront une incidence directe sur le contrôle de processus.

Cette technologie a été mise en pratique par une société de Toronto qui espère utiliser les bactéries pour extraire l’or dans la réhabilitation des déchets minéralogiques d’arsénopyrite, dans le Nord du Manitoba. Alors que sa technologie biologique est déjà viable, la société collabore avec les chercheurs universitaires qui peuvent fournir un haut niveau de compréhension de l’efficacité du processus en ayant recours à la génomique.

De nombreux sites miniers peuvent devenir des sources de problèmes environnementaux à long terme au chapitre de la responsabilité des sociétés et des gouvernements. Par exemple, plus de 6 000 mines abandonnées relevées en Ontario uniquement, et d’autres provinces sont aux prises avec les mêmes défis. La bioremédiation, ou l’exploitation des communautés naturelles de microbes pour nettoyer un site pollué, peut sembler une solution rentable pour l’atténuation des effets sur l’environnent de certains de ces sites. Toutefois, on ne s’explique pas encore pourquoi elle fonctionne très bien dans certains cas, mais non dans d’autres. Les technologies basées sur la génomique pourraient répondre à ces questions.

Le secteur minier investit à l’heure actuelle dans un nombre croissant de projets basés sur des processus biologiques comme la biolixivation de minerais, le traitement passif de drainage minier acide et la biosurveillance. Des travaux plus poussés mettront vraisemblablement l’accent sur des applications comme la gestion des résidus, la réhabilitation et le traitement de minéraux, idéalement en créant un ensemble de nouveaux outils que les ingénieurs des mines pourront mettre à contribution pour la prise de décision pendant la conception de systèmes biologiques et la résolution des problèmes.

Genome British Columbia, un organisme de recherche sans but lucratif qui soutient et gère des projets génomiques d’envergure, met l’accent sur les ressources financières et humaines dans les secteurs économiques stratégiques de la province. L’organisation investit dans la recherche dont le but est de fournir des solutions pertinentes et pratiques pour les opérations des utilisateurs finaux. La recherche génomique future menée en C.­B. apportera non seulement des avantages à la province, mais également aux sociétés à la grandeur du Canada et partout dans le monde.

Pour offrir au secteur une occasion d’en apprendre davantage sur le potentiel des applications génomiques dans le domaine de l’exploitation minière et donner à l’organisation une meilleure idée des secteurs que l’industrie devrait cibler, Genome BC tiendra une table ronde le 28 janvier 2014 dans le cadre de la conférence AME BC Roundup, à Vancouver. Parmi les participants invités se trouvent des universitaires chevronnés en génomique qui peuvent établir des rapports avec des sujets particuliers du secteur, des décideurs du secteur minier, des sociétés qui ont l’expérience dans l’application de la génomique et certains représentants des gouvernements fédéral et provinciaux. Les sujets faisant l’objet de discussion incluent la biosurveillance, la biolixivation, la gestion des résidus, les traitements des effluents et la bioremédiation.

On prévoit que la table ronde permettra d’identifier les secteurs prioritaires pour la recherche future qui seront confirmés à une réunion subséquente dans le cadre de la conférence de l’ICM, qui aura lieu aussi à Vancouver du 11 au 14 mai 2014.


Gabe_KalmarDr. Gabe Kalmar est vice-président principal, Développement du secteur pour Genome BC. Il est un leader stratégique dans le développement des affaires et la collecte de fonds visant à catalyser l’innovation dans les secteurs économiques importants en Colombie­Britannique.

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