déc '13/jan '14

À la recherche de nouvelles approches sur la diversité

Par Patty Moore

De nos jours, les gouvernements et les projets miniers sont en situation difficile. Des forces économiques et démographiques s’exercent sur les autorités gouvernementales pour poursuivre la diversification économique régionale et accroître les revenus. Les développements miniers, particulièrement ceux qui sont en région éloignée, requièrent d’importants investissements en infrastructure, et une fois complétés, ils doivent également payer davantage de taxes et de redevances.

Pour ces raisons, une société minière doit faire évoluer son modèle financier dans le but d’y inclure et de mettre en relief les coûts et avantages de son projet pour le secteur public, si elle souhaite avoir la participation de ce dernier, et au final, son soutien. Cela peut s’effectuer avec un modèle qui inclut un tableau coûts-avantages distinct associé au secteur public et un tableau pour chaque option stratégique envisagée. Le rôle du secteur public et les avantages découlant d’un projet peuvent être très importants : C’est un partenaire de facto qui joue divers rôles pouvant assurer la pérennité du projet à long terme.

Les plus importants sont les structures de redevances et fiscales qui peuvent ne pas refléter une approche de partage de risques équilibré et qui nécessitent des modifications. Les codes fiscaux miniers de l’Ontario, par exemple, remontent aux années 1930 et prévoient un taux d’imposition de cinq pour cent pour les développements d’arrière-pays, contre 10 pour cent pour les autres projets de développement qui ne sont pas d’arrière­pays – même si les coûts d’infrastructure sont encore plus élevés. L’inclusion d’une simple variable dans le modèle financier pourrait mettre en exergue de problème.

De plus, le projet minier est vu comme un client infrastructure viable par de nombreuses économies émergentes, dans lesquelles on le considère comme un précieux client à charge de base qui paie les pleins tarifs et assume l’entièreté des coûts. La cogénération ou la mise en commun des infrastructures d’électricité, d’aqueduc, de téléphonie ou de transport avec la région voisine sont des occasions souvent négligées.

Une mine en région éloignée nécessite sa propre infrastructure et cela peut comprendre divers systèmes regroupés dans un seul ensemble ou partagés entre plusieurs sociétés qui souhaitent utiliser le système. Les gouvernements accueillent favorablement ces méthodes, car ils peuvent ainsi réduire à la fois les coûts en capital et les coûts des processus et accélérer l’interface avec les principales parties prenantes. De telles options stratégiques, toutefois, nécessitent une modélisation financière par la société minière pour démontrer les coûts et les avantages, sans oublier les questions fiscales.

Les projets dans des sites domaniaux donnent souvent lieu à des avantages économiques au-delà de ce qu’offre le projet : ils permettent de maintenir un niveau d’emploi dans la région et offrent une protection contre les coûts et les risques associés à la migration sociale des personnes vivant en régions rurales vers les régions urbaines. Toutefois, le calcul de tels avantages indirects est rarement inclus dans la présentation que fait la société aux gouvernements.

Les sociétés minières contribuent en outre à l’infrastructure sociale. Dans des pays comme la République démocratique du Congo, l’Indonésie et le Mexique, l’inclusion des écoles et des cliniques dotées de personnel qualifié à l’international contribue à améliorer la région du projet, attire des professionnels qualifiés du point de vue de la technologie et par le fait même des familles dans la région, ce qui concourt à diminuer le besoin de recourir à des expatriés. Avec de nouveaux projets qui ont des durées de vie initiale de 40 ans ou plus, la formation devient incontournable. Le secteur public peut partager de tels coûts, car cela assure une main-d’œuvre locale forte, à condition que la société minière puisse garantir que la formation répond aux normes internationales.

Enfin, il y a le coût de l’inflation du budget d’investissement, étant donné la prolongation du processus d’octroi de permis. Les groupes intéressés qui participent aux tables rondes sont armés d’une foule de renseignements, et les gouvernements deviennent de plus en plus prudents à cette étape du développement. En même temps, les sociétés minières doivent surmonter leurs propres difficultés associées aux processus prolongés d’obtention de permis et aux marchés des capitaux sensibles aux risques. Pour surmonter ces problèmes, les sociétés minières misent sur des stratégies pour traiter ce processus qui souvent se retourne contre elles. Par exemple, une société avait passé des commandes à long délai pensant que cela forcerait les approbations. Un autre a dit que l’approche recommandée était le seul choix. Les deux approches n’ont attiré que de nouveaux détracteurs. Les échéanciers du processus d’obtention de permis devraient en conséquence devenir une variable dans le modèle financier d’une société minière.

La crédibilité du Canada dans le secteur des mines est solide, et nous devrions mener par l’exemple. Or, notre industrie n’a pas généré de nombreuses variables pour un modèle financier qui vont au-delà des avantages immédiats d’un projet. Une telle inclusion pourrait améliorer l’évaluation économique d’un projet minier proposé pour les deux parties. À mesure que l’on scrute davantage les nouveaux projets – que ce soit les parties prenantes, les gouvernements ou les actionnaires – il va de soi que les coûts et les risques augmentent. Il serait temps également d’établir une relation stratégique avec un groupe de réflexion indépendant pour générer les nombreuses variables nécessaires au modèle financier.

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