Aug '13

Préparer l’avenir de la Colombie-Britannique

Préparer l’avenir de la Colombie-Britannique

Par Vivian Danielson

Depuis la fin de 2009, l’Association de formation minière de la Colombie-Britannique pour les autochtones (BC AMTA, British Columbia Aboriginal Mine Training Association) a aidé plus de 560 candidats autochtones à trouver un emploi et a reçu plus de 1 600 inscriptions pour des occasions d’emploi et des formations dans le secteur minier et minéralier de la Colombie-Britannique. Pour le moment du moins, les nouvelles recrues travaillent pour la plupart dans des mines en exploitation du centre de la Colombie-Britannique, où le modèle de partenariat de la BC AMTA a connu ses premiers succès. L’association à but non lucratif a depuis lancé des projets pour étendre son champ d’action à des régions isolées et peu peuplées, où l’ouverture de nombreuses nouvelles mines a été proposée.

Un programme qui ouvre des portes

Certains efforts sont assez modestes, comme les dons de logiciels qui aident les candidats issus de communautés isolées à acquérir des compétences technologiques fondamentales. D’autres efforts de plus grande envergure visent des résultats à long terme : c’est notamment le cas d’une entente de financement de cinq ans avec la Northern Development Initiative Trust (NDIT), un organisme de développement économique régional dont la mission est de stimuler la croissance et la création d’emplois dans le nord et le centre de la Colombie-Britannique.

Selon Janine North, chef de la direction de la NDIT, l’entente est « bien adaptée » à son organisme, puisque ces régions riches en ressources ont une importante population autochtone. « Nous savions que la BC AMTA obtenait de bons résultats à l’embauche dans le sud, et nous avons vu cette dynamique gagner les régions plus au nord. »

Un rapport du Conseil des ressources humaines de l’industrie minière (RHiM) prévoit qu’en Colombie-Britannique, le secteur minier devra recruter au moins 13 000 personnes dans les 10 prochaines années pour combler les départs à la retraite. Il faudra donc embaucher entre 1 500 et 2 000 candidats chaque année.

Le modèle de la BC AMTA, qui repose sur un partenariat entre le secteur, les groupes autochtones, le gouvernement et les formateurs, a été conçu pour remédier aux manques de compétences et pour présenter des candidats autochtones dont le profil répond aux besoins du secteur, idéalement à l’échelle locale.

Quel que soit l’emploi final que vise un étudiant, la BC AMTA enseigne des compétences essentielles à la vie quotidienne. Les conseillers apportent leur soutien aux étudiants afin de les aider à surmonter les obstacles et de les guider vers la réussite. Très souvent, ces obstacles prennent la forme d’une scolarité inachevée, d’un manque d’accès aux moyens de transport ou d’une absence de services de garde d’enfants. Les candidats sont ensuite évalués afin d’établir leurs compétences, leurs aptitudes et leurs objectifs professionnels.

« Nous adoptons une démarche personnalisée afin de cerner les intérêts de chacun, et nous faisons également passer des tests pour déterminer les types d’emplois et de formations les plus adaptés », explique Laurie Sterritt, PDG de la BC AMTA.

Bien que les programmes dépendent de la demande, madame Sterritt précise que les possibilités de carrière sont vastes : « de la sécurité à la surveillance environnementale, en passant par les métiers du commerce lourd et les postes d’opérateurs d’équipements [lourds]. »

Le rôle capital des conseillers à Kamloops

À ce jour, le plus grand groupe de nouvelles recrues provient du bureau de Kamloops, où l’association BC AMTA a initialement ouvert ses portes. Selon madame Sterritt, ce résultat reflète les engagements de financement d’ancrage de producteurs d’échelon intermédiaire et de grands producteurs possédant des mines dans la région, notamment New Gold et Teck Resources. Certains candidats ont été embauchés à la mine Highland Valley Copper de Teck Resources, l’une des plus grandes mines à ciel ouvert au monde, tandis que d’autres ont trouvé du travail à la mine de cuivre-or New Afton de New Gold, récemment aménagée pour l’exploitation par blocs foudroyés sous le site d’une ancienne mine à ciel ouvert.

Korah DeWalt, membre de Tk’emlups te Secwepemc, a présenté sa candidature à la BC AMTA en 2010 et a été embauchée peu après par New Gold pour l’été en tant qu’étudiante. « L’association BC AMTA m’a fourni un encadrement et un soutien financier, explique-t-elle. L’appui du conseiller représente l’aspect le plus important. C’est très motivant de savoir que quelqu’un croit en vous. »

Korah DeWalt a obtenu un baccalauréat en commerce en juin 2011. Elle travaille actuellement chez New Gold en tant que généraliste des ressources humaines et des relations avec la communauté. « L’une des choses que j’apprécie le plus dans mon rôle au sein des ressources humaines et des relations avec la communauté, c’est de voir d’autres personnes réussir à terminer le programme », poursuit-elle.

New Gold emploie près de 23 % d’autochtones à New Afton et compte atteindre ce chiffre ou le dépasser pour son projet de mine aurifère de pointe à Blackwater, près de Vanderhoof, dans le centre de la Colombie-Britannique. Plus tôt cette année, l’entreprise et la BC AMTA ont reçu le prix inaugural de la Mining Association of British Columbia pour la diversité des ressources humaines dans l’industrie minière de Colombie-Britannique.

Une incursion en terrain moins connu

La BC AMTA se distingue également par un taux de rétention de 93 % du personnel embauché, un chiffre remarquable étant donné que deux tiers des candidats étaient auparavant sans emploi. Cependant, le maintien d’un tel taux dans des régions nordiques et isolées risque de poser certaines difficultés pour deux raisons : l’enthousiasme modéré des marchés des capitaux pour les entreprises d’exploration et de développement, et la concurrence des travailleurs qualifiés de la province voisine de l’Alberta.

« Nous avons plus de mal à trouver du personnel pour les activités d’exploration, déclare Laurie Sterritt. Mais les employés s’aperçoivent qu’il est possible de transférer leurs compétences à d’autres postes par l’intermédiaire des réseaux et des relations qu’ils ont créés. »

La BC AMTA puise maintenant dans un vivier plus important de candidats potentiels depuis l’ouverture de bureaux à Cranbrook, Merritt, New Aiyansh (une communauté Nisga’a du nord-ouest de la Colombie-Britannique) et Williams Lake. Les candidats de 150 bandes sont actuellement représentés; 122 sont originaires de Colombie-Britannique et les autres se rendront dans la province pour y être formés. Madame Sterritt note que les femmes manifestent un fort intérêt, puisque leur taux de participation de 37 % dépasse largement la norme constatée dans le secteur.

Plus tôt cette année, le bureau de Williams Lake a célébré sa première promotion de diplômés : 37 candidats de quatre communautés des Premières Nations ont reçu le certificat d’achèvement du programme de compétences requises pour les postes de premier échelon dans le secteur minier. Plus de 20 d’entre eux (dont un cinquième de femmes) se sont inscrits au programme destiné aux opérateurs d’équipement lourd de la BC AMTA. Avant même d’obtenir leur diplôme, les candidats ont reçu des offres d’emploi.

Certains ont été embauchés à divers postes de premier échelon, en tant qu’assistants d’exploration sur le terrain ou dans le domaine de la surveillance environnementale ou du carottage.

Sharon McLeod, directrice de la région du nord-est chez BC AMTA, explique que la souplesse du modèle de l’association permet de mettre en place des programmes au-delà des bureaux régionaux, comme à Anahim Lake dans la région de Carrier/Chilcotin où 105 membres des Premières Nations d’Ulkatcho se sont inscrits en tant que candidats. « Nous cherchons constamment à répondre aux besoins des communautés d’une façon qui leur convient », explique-t-elle.

La BC AMTA étend également ses activités aux mines de charbon du nord-est de la Colombie-Britannique. Douze partenaires, notamment BC Hydro et Walter Energy, se sont associés à Teck et à d’autres sociétés afin de contribuer à couvrir les coûts du programme de certification de technicien environnemental pour 20 candidats autochtones locaux à Chetwynd. « Les programmes de formation environnementale connaissent toujours un franc succès et sont toujours pleins, explique Laurie Sterritt. La connaissance traditionnelle de l’eau et du terrain associée à une formation technique approuvée par le secteur s’avère avantageuse tant pour les communautés que pour les entreprises. »

Grâce aux bureaux des conseils de bande, à l’Internet et au bouche-à-oreille, la BC AMTA commence à attirer des candidats de communautés éloignées.

« Nos conseillers éliminent les obstacles qui maintiennent ces régions dans l’isolement, explique Laurie Sterritt. Nous mettons en place des formations dans des communautés éloignées ou nous aidons les candidats à se rendre dans des zones urbaines afin d’assister aux cours. »

Passer le mot

La BC AMTA se prépare à publier un rapport présentant les résultats de ses projets jusqu’à ce jour. Selon madame Sterritt, le programme a fait preuve de son excellente rentabilité : pour un coût moyen de 15 000 $ par candidat, les salaires annuels moyens des personnes embauchées s’élèvent à 53 000 $.

Internet a aidé la BC AMTA à propager les témoignages de réussite de ses diplômés. Sur le site BCAMTA.ca, l’association fait la promotion des avantages qu’aucun indicateur financier ne peut mesurer pour la société, la communauté et les individus. La publication de témoignages de diplômés a également pour effet de multiplier les recommandations par bouche-à-oreille, souligne Laurie Sterritt. « Nous sommes très fiers de ces résultats. Ils sont la preuve que notre programme transforme la vie des gens. »

Le nombre de partenariats entre la BC AMTA et des sociétés de l’industrie minière est en constante augmentation, mais selon Laurie Sterritt, leur nombre demeure insuffisant : « Nous aimerions que davantage d’entreprises fassent affaire avec les Premières Nations en adoptant une démarche novatrice et respectueuse. »

Traduit par SDL

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF