Aug '13

Sur la bonne piste

Des chercheurs suivent les indices menant aux découvertes de minerai

Par Virginia Heffernan

Appuyés par un financement de 13 millions de dollars, des géoscientifiques du projet Footprints se sont rassemblés à la mine Canadian Malartic dans le nord du Québec afin d’étudier les subtilités des gisements disséminés à faible teneur en or et de la roche environnante.

À la fin juin, les chercheurs se sont aussi rendus au camp de porphyre cuprifère de Highland Valley en Colombie-Britannique et au gisement uranifère de la rivière McArthur, dans le bassin d’Athabasca, en Saskatchewan, afin de vérifier comment les caractéristiques entourant ces gisements de minerai pourraient être interprétées comme des indices de gisements minéraux économiques.

Le Conseil canadien de l’innovation minière (CCIM), qui a dirigé le projet de recherche Footprints, a choisi les trois camps comme cibles de choix, car ils représentent les plus importants types de gisement au Canada. Le financement du projet a été assuré par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), qui a fourni 5,1 millions de dollars, la plus importante subvention jamais accordée par l’entremise de son programme de recherche et développement coopérative, ainsi que par des commanditaires de l’industrie, qui ont apporté 7,5 millions de dollars en argent comptant et en nature.

Le projet vise à améliorer les chances de trouver des gisements de minéraux enfouis par la détection d’indicateurs subtils, ou empreintes, dans la roche environnante.

« Normalement, les gisements sont enfouis à une telle profondeur qu’il est impossible de détecter la minéralisation en tant que telle. Il faut rechercher les indices périphériques qui caractérisent le système minéral dans la roche environnante », explique Alan Galley, directeur de la recherche de l’exploration.

Pour déceler ces indices, les chercheurs extrairont les indicateurs des données nouvelles et existantes à l’aide d’outils et de techniques de traitement de pointe, comme le logiciel de modélisation tridimensionnelle (3D) du sol, afin d’intégrer les données géologiques et géophysiques à différentes résolutions et d’effectuer une analyse à variables multiples des statistiques pour interroger plusieurs types de données simultanément.

Bien que les données héritées recueillies au fil des ans dans ces camps d’expérience auront un rôle important à jouer, les équipes collecteront aussi de l’information nouvelle. Combler les écarts des données pétrophysiques, comme les propriétés magnétiques et la densité, donneront une signification plus précise aux inversions géophysiques 3D, selon Michael Lesher, professeur d’économie géologique à l’Université Laurentienne. Monsieur Lesher, qui dirige le projet avec Mark Hannington, de l’Université d’Ottawa, dit : « Nous voulons donner de la valeur à ce que les entreprises ont déjà accompli. Nous caractériserons les empreintes afin que les sociétés sachent à quels éléments porter attention. »

Messieurs Lesher et Hannington collaboreront étroitement avec le chef de projet de l’industrie, François Robert, vice-président de l’exploration mondiale pour Barrick Gold. Monsieur Robert a inventé le concept initial des empreintes lorsqu’il a déterminé qu’une démarche différente était nécessaire à l’exploration en cette période où les découvertes se font plus rares.

Au moment de l’approbation officielle du projet Footprints, le nombre d’universités participantes se chiffrait à 24, et 27 commanditaires privés étaient de la partie, dont 14 fournisseurs de services qui contribueront au traitement des données. La participation de ces derniers garantira que les résultats du projet auront des retombées commerciales, a expliqué monsieur Galley.

« C’est une excellente façon pour le milieu de la recherche de travailler aux côtés de l’industrie, un geste logique pour le Canada étant donné sa position de chef de file mondial en exploration et en financement minier », a ajouté monsieur Lesher.

Afin de favoriser la communication entre les deux groupes, les chercheurs principaux travailleront dans les bureaux des trois plus importants partenaires industriels – Osisko (Canadian Malartic), Teck (Highland Valley) et Cameco (rivière McArthur) – environ la moitié du temps. Mira Geoscience, un partenaire de l’industrie qui a personnalisé le système de modélisation géologique 3D Gocad pour le secteur minier, offrira une formation logicielle au personnel du projet de recherche de ses bureaux de Montréal.

Le projet sera différent de la plupart des collaborations université-industrie dans le sens où tous les partenaires travailleront ensemble, en échangeant constamment des données et des idées. Les connaissances extraites de la région de Highland Valley, par exemple, pourraient bien s’appliquer aux gisements disséminés à faible teneur en or comme ceux de Canadian Malartic qui, selon certains, seraient liés au porphyre.

En ce qui a trait à l’accessibilité, les partenaires de l’industrie auront la possibilité d’utiliser les résultats en exclusivité pendant un an avant leur publication. Les étudiants pourront publier leur thèse dès qu’elle sera terminée. Michael Lesher dit que les premiers résultats devraient être disponibles d’ici quelques mois, et qu’un rapport d’avancement complet sera remis aux partenaires lors d’une assemblée générale annuelle dans le cadre de la conférence de l’ACPE en mars 2014.

Traduit par SDL

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