sept/oct 2012

Transformer de la poussière en dollars

La quête de River Energy pour donner de la valeur à la fine de charbon de l’Afrique du Sud

Par Alexandra Lopez-Pacheco

Du potentiel à la tonne

River Energy a été très dynamique pour vanter les mérites de sa technologie pour la transformation de la fine de charbon des entreprises minières africaines. « Il y a beaucoup de pression pour l’industrie du charbon en raison de la grande quantité de résidus et de déchets produits », souligne Nunn. Cette pression ne concerne pas seulement la réduction des pertes, mais également des coûts pour la gestion des résidus. Ainsi, même si les usines de briquetage coûtent des millions de dollars à construire, selon Nunn, leur potentiel est tout de même très prisé en raison du retour sur l’investissement important engendré par le traitement des résidus.

« Les résidus en provenance du traitement des usines de charbon sont habituellement envoyés dans des bassins à schlamms afin de permettre au matériau de sécher », explique McLean, de River Energy. « Il s’agit non seulement d’une occasion ratée pour la récupération d’un charbon commercialisable, mais en plus, le tout engendre des coûts importants et présente des risques et des responsabilités en ce qui a trait à l’environnement et à la restauration. Il y a des exigences pour les concessions de licence et de permis à cet effet, et je crois que cela pèse dans la balance lors du calcul des coûts de construction et du traitement de la fine de charbon à long terme. »

Malgré le potentiel, River Energy doit toutefois franchir des obstacles de taille. « Il y a toujours des difficultés, mais le gros problème reste qu’il s’agit d’une application singulière de la technologie et d’un matériau aux propriétés uniques, constate Nunn, il pourrait donc y avoir une certaine inquiétude de la part du consommateur. Nous nous intéressons à la question en travaillant étroitement avec des consommateurs potentiels sur des détails techniques, y compris le traitement de la fine en provenance de leur site d’extraction dans notre usine de démonstration à Cessnock et des essais rigoureux des briquettes produites. Nous sommes aussi prêts à prendre le risque associé à une première usine de traitement de fine de charbon utilisant la technologie BCB en finançant une partie importante du projet. »

Et après l’Afrique du Sud : « Il y a potentiellement un gros marché à l’échelle internationale », souligne Nunn. « C’est l’enjeu visé. Pour le moment, il est important pour nous de mettre sur pied un premier projet d’usine commerciale en Afrique du Sud. Après cela, nous pourrons penser au Canada, aux États-Unis, à l’Australie, à la Chine, à l’Inde et à l’Indonésie. Il y a du charbon partout. Le monde nous attend. »

La technologie, affirment Nunn et McLean, peut également être appliquée aux sites d’exploitations qui ont été abandonnées afin de récupérer une partie du charbon restant. « Nous pouvons collaborer avec des clients afin d’améliorer le rendement, quand le processus minier crée de la fine additionnelle », affirme McLean, qui ajoute que son entreprise est en train de négocier avec six joueurs importants dans le domaine du charbon en Afirque du Sud. La demande pour les produits de River Energy sera également propulsée par Eskom, l’entreprise en énergie du gouvernement sud-africain et le plus gros consommateur de charbon du pays. Cette dernière est ainsi très intéressée par les briquettes et la fine de charbon en tant que source d’énergie pour ses centrales. Selon McLean, River Energy est très près d’une entente avec une importante entreprise d’extraction charbon pour la construction d’une usine qui sera en mesure de traiter au moins 500 000 tonnes par année.

En Afrique du Sud, on estime qu’environ huit pour cent de tout le charbon tiré des mines termine en fine, une forme du produit qui est très peu rentable, et ce, depuis des décennies. Dans ce pays seulement, il y a 60 millions de tonnes de fine de charbon qui sont rejetées chaque année. La fine de charbon est produite au cours des processus de concassage et de lavage de l’exploitation minière. Il y a environ deux milliards de tonnes de fine de charbon existantes. Les petites particules, typiquement d’une taille de moins de 300 microns, terminent dans des bassins à schlamms et représentent une part importante de ressources inexploitées.

« Quand le charbon est envoyé au processus de lavage, pour le séparer de la roche, une grande partie de l’équipement utilise la différence de densité existante entre le charbon et la roche », explique Dale McLean, directeur général de River Energy JV Pty Limited, une coentreprise de White Energy Company Limited et de Black River Asset Management. La fine de charbon passe essentiellement à travers « les mailles du filet ». « La fine est très difficile à traiter et à manipuler et elle est généralement rejetée par les mines. »

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