sept/oct 2012

L'express Athabasca : Les ressources humaines

Pensée créative

-Par Kim Lear

Si tous les projets de sables bitumineux prévus actuellement sont effectivement lancés, la région va avoir « besoin d’énormément de monde... vraiment beaucoup de gens », explique Dianne Clark, directrice générale de la Fort McMurray Chamber of Commerce et de la Fort McMurray Construction Association.

Mais où trouver tant de travailleurs? Et arriveront-ils suffisamment rapidement pour éviter aux entreprises de biens et services d’avoir à créer des goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement en sables bitumeux?

Le partage de ressources, la création de partenariats stratégiques et la recherche de solutions originales semblent être les thèmes communs du plan pour une croissance stable de toutes les parties concernées.

Principal employeur de la région hors du domaine des sables bitumeux, Finning compte environ un millier d’employés. L’entreprise va ouvrir un second établissement dans le parc industriel de Fort McKay cet automne. Cet investissement de 112 millions de dollars lui permettra d’étendre ses activités et de recruter 500 employés de plus d’ici 2015.

« Cette situation va apporter son lot de défis, note Larry Gouthro, directeur général des ventes de sables bitumineux chez Finning. Nous rivalisons avec nos clients et nos concurrents pour attirer du personnel. En effet, tout le monde cherche de nouveaux employés. »

Pour se constituer une main-d’œuvre loyale et locale, Finning a récemment lancé le programme d’apprentissage FinnTech, en partenariat avec le Keyano College et Caterpillar. L’objectif est de conférer chaque année des diplômes à 48 mécaniciens de machinerie lourde, formés spécifiquement pour les tâches liées aux sables bitumeux.

Finning développe en outre sa capacité avec une main-d’œuvre venue de l’extérieur. Bien que celle-ci présente un taux d’attrition relativement élevé – quasiment le double de celui de la main-d’œuvre locale – l’entreprise parvient à attirer des travailleurs qualifiés de tout le pays avec des horaires de travail continus (cycles de 7 ou de 14 jours de travail, suivis de 7 ou 14 jours de congé). En plus de salaires très concurrentiels, les travailleurs ont droit à de généreuses indemnités pour l’hébergement et à des subventions de camp, qui coûtent 150 $ par employé, par jour.

À l’heure actuelle, Finning ne prend pas en charge les déplacements en avion de ses employés, contrairement à Suncor et à plusieurs autres exploitants de sables bitumeux. Du coup, Finning et d’autres fournisseurs de biens et services sont contraints d’évaluer la rentabilité de stratégies de d’indemnités de voyage, afin d’attirer et de conserver des travailleurs spécialisés très en demande.

Clark Builders, qui a été nommé l’un des 50 meilleurs employeurs au Canada trois années de suite, peut puiser dans son vaste réservoir de stratégies de RH.

À Fort McMurray, l’entreprise fait venir des travailleurs spécialisés de l’étranger, qui viennent travailler avec les employés locaux et assurer leur formation. Plus tôt cette année, Gerald Clark, directeur général des Ressources humaines, a entrepris un voyage de recrutement au Royaume-Uni. « Nous avons ramené une douzaine de personnes, pour nous aider au niveau de nos métiers liés au métal. Comme il n’existe pas de programme de formation dans ce domaine au Canada, nous avons eu du mal jusqu’ici à développer cette branche avec des travailleurs qualifiés, et je pense que nous répéterons l’expérience. Nous recrutons en outre des travailleurs aux États-Unis et en Irlande. »

Beverly Nalder, directrice des Ressources humaines de Clark Builders, ajoute : « L’un de nos principaux objectifs est d’importer les connaissances et de former nos employés afin qu’ils atteignent le niveau de leurs collègues que nous faisons venir du Royaume-Uni. »

Cette stratégie a fait ses preuves par le passé. En effet, Clark Builders a amorcé il y a cinq ans un projet dans la région de Grande Prairie, pour lequel la main-d’œuvre locale n’était pas suffisamment nombreuse. « Au départ, raconte M. Clark, nous avons recruté des travailleurs venus d’ailleurs en Alberta et au Canada. Cinq ans plus tard, nous opérons désormais avec une équipe entièrement locale. »

En vertu de son expérience dans les domaines de la construction et du commerce à Fort McMurray, Dianne Clark offre le conseil suivant aux fournisseurs de biens et services locaux : «Pour réussir, vous devez disposer d’un bon plan d’affaires. » Si elle voit certaines entreprises faire preuve d’individualisme pour rester à hauteur de la concurrence, elle affirme néanmoins : « L’une de nos grandes qualités, dans la région, est de partager l’information, plutôt que de travailler chacun dans notre coin, et de générer ainsi la réussite. »

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