novembre 2012

Le Plan Nord chinois

Le Québec a besoin d’ajouter de la valeur avec sa stratégie de développement du Nord

Par René Dufour

L’intérêt pour le Nord québécois a débuté il y a plusieurs années. M. Charest aurait dû mentionner que l’Université du Québec à Chicoutimi était le précurseur du Plan Nord alors qu’elle tenait en 1970 un colloque sur le thème « Le Nord québécois – Un potentiel générateur d’emplois ».

Le Plan Nord est-il plus qu’un « slogan » de marketing ?

Les sociétés y étaient déjà actives avant l’apparition dudit Plan Nord et y sont en raison du potentiel financier de l’exploitation des ressources minières et du climat clément du Québec. Par contre, les sociétés sont heureuses de mentionner leur association au Plan Nord Charest, qui leur offre certaines infrastructures qu’elles devraient normalement défrayer. Un exemple, parmi d’autres, est l’annonce d’une contribution de 200M$ provenant des impôts des contribuables du Québec aux villes nordiques, telles que Fermont, Chibougamau, Sept-Îles, Port Cartier et d’autres, à qui les sociétés minières demandent divers services souvent coûteux.

Au Québec, ce sont le minerai de fer et le minerai de nickel qui intéressent les sociétés chinoises. Bientôt, il n’y aura plus une tonne de minerais de ces deux métaux stratégiques détenue par une société québécoise. Les Québécois ont raison d’être réticents à voir leurs ressources de minerais en Chine sans véritable « transformation ». On ne peut appeler « transformation » la production de concentrés et de boulettes de fer expédiés aux aciéries qui les utilisent pour produire de l’acier.

Il existe différentes opinions sur les prix futurs des métaux. Si le prix des concentrés de fer baissait à 80$/t, certains des projets en cours au Québec seraient au mieux retardés – en septembre, les prix ont déjà baissé à 90$/t. La prudence est donc de mise. C’est l’appétit insatiable de la Chine qui maintient les prix des métaux au niveau élevé que l’on connaît présentement.

Les grands pourvoyeurs de minerais de fer à la Chine sont présentement le Brésil et l’Australie, deux pays producteurs de minerais tout-venant dont la teneur est de 65 à 68 pour cent de fer. Ils ne requièrent pas de concentration, alors que les gisements de la Fosse du Labrador titrent de 28 à 32 pour cent, et nécessitent donc la concentration. L’intérêt des sociétés chinoises au Québec semble être un désir de diversification, alors que le Brésil et l’Australie augmentent leur production.

Emplois au Québec

Les emplois hautement rémunérés se trouvent principalement dans la transformation des métaux avant leur expédition hors du pays.

Bien que toutes les étapes (à savoir la délimitation des réserves, les analyses et essais métallurgiques, les études environnementales, les études de faisabilité d’un gisement) soient positives, il n’y a pas de projet de mise en exploitation tant qu’une entente n’est pas conclue avec une aciérie qui s’engage à utiliser lesdits concentrés de fer. Le projet est donc limité à cet acheteur.

Je propose la création d’un Fonds de 25M$ pour le développement de la technologie de production de lingots de fer (Pig Iron), comme on le fait avec l’aluminium. Une société d’ingénierie québécoise, Met-Chem, a préparé un projet d’étude conceptuelle pour ce faire. La société Vale du Brésil, le plus grand producteur de fer au monde, se trouve déjà à un stade avancé et prévoit de réduire de 30 pour cent le coût de fabrication de l’acier. Un centre de recherche métallurgique d’ArcelorMittal situé en France travaillerait aussi au développement de cette technologie.

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